Une Top cinéma rédacteurs 2015

Top cinéma 2015 des rédacteurs

L’année cinoche aura finalement été assez faste. Encore une fois pas de top de la rédac mais un top cinéma par rédacteur qui se réduit finalement à trois personnes car on a voulu mettre la barre à minimum 100 films. C’est-à-dire 100 films vus en salles histoire que la sélection mise en avant soit un tantinet représentative de la production 2015. Et à ce petit jeu là Stéphane, Nicolas et votre serviteur furent les seuls à satisfaire à cette condition. Bon après pour être juste, les autres tops que l’on nous a soumis ne nous plaisaient pas alors au dernier moment on a institué cette condition. Et cela donne donc trois tops à la fois si différents et si proches. Vous avez là les trois pierres angulaires formant l’âme du site (c’est bô).

Belle et heureuse année au passage. En espérant plus que jamais que Digital Ciné en fasse partie.

Stéphane Argentin

1 – Mad Max : Fury Road

À soixante-dix piges, « Papy » Miller en remontre à tous les jeunes freluquets qui entendent faire du cinoche d’action burné et livre l’un des joyaux du Septième Art en matière de long-métrage post-apocalyptique. Pour autant, ce quatrième Mad Max ne saurait être réduit à ses seules séquences d’action pour lesquelles les superlatifs viennent à manquer tant il comporte en son sein une foultitude de métaphores sociales qui ne prendront que davantage d’ampleur au fil des visionnages.

2 – Le Fils de Saul

Le double parti-pris était, de prime abord, pour le moins casse-gueule. D’une part, raconter une fiction au cœur même du symbole de l’horreur nazi : les camps de la mort. D’autre part, représenter cette même histoire en de longs plans séquences en vue quasi-subjective. À l’arrivée, le fond et la forme se complètent à la perfection tout autant qu’ils s’éclipsent pour happer le spectateur dès la première scène et ne plus le lâcher jusqu’à la toute dernière. On en ressort sonné, abasourdi, au bord de l’asphyxie en se disant que, oui, il est encore possible de créer des (chefs d’)œuvres pour évoquer l’Holocauste. Quant à savoir pourquoi, au regard des autres films en compétition à Cannes en 2015, Le Fils de Saul n’a pas remporté la Palme d’Or, ceci est une autre histoire…

3 – Le Voyage d’Arlo

Après une petite baisse de régime ces dernières années (Monstres Academy, Cars 2, Rebelle), Pixar revient au summum. Sorti avant l’été, Vice Versa était déjà une brillante réussite que ce Voyage d’Arlo parvient néanmoins à surpasser. Alors certes les thématiques sont archi-connues : apprentissage de la vie au cours d’un parcours initiatique dans le sillage paternel mais l’ensemble est concocté avec une telle maestria, tant sur le fond que sur la forme, que ce voyage préhistorique charrie sans coup férir une foultitude d’émotions allant du rire aux (petites) larmichettes. C’est bô du Pixar comme ça !

4 – It Follows

En digne héritier de Carpenter, It Follows assure un spectacle SF aussi flippant (mise en scène et bande son électro magistrales) que socialement marquant (sexualité, crise). Après l’excellent The Myth of the American Sleepover, David Robert Mitchell s’impose d’ores et déjà et en seulement deux longs-métrages, comme l’un des cinéastes contemporains à suivre de très très près.

5 – American Sniper

Trente ans après l’excellent Maître de guerre, Clint Eastwood poursuit encore et toujours son introspection des valeurs américaines, en premier lieu les notions de patriotisme et d’interventionnisme militaire. Dans un registre nettement moins comique cette fois, ce sniper américain n’en atteint pas moins sa cible, aussi bien en plein cœur qu’en pleine tête avec une œuvre qui vise juste, tant sur le plan dramatique (le couple du soldat soumis à rude épreuve) que le plan socio-politico-militaire.

6 – Une merveilleuse histoire du temps

L’histoire d’une vie (de couple / famille), d’une passion (l’astrophysique) et d’un combat (contre la maladie), cela n’a, de prime abord, rien de bien nouveau, à fortiori au cinéma dès lors qu’il s’agit d’une œuvre biographique et peut même sombrer rapidement dans le mièvre, le sirupeux et l’indigent. Mais avec cette évocation de la vie du célèbre Stephen Hawking, c’est tout le contraire qui se produit à l’écran : depuis la narration jusqu’à l’interprétation du couple Eddie Redmayne / Felicity Jones en passant par la mise en scène de James Marsh, tout concoure à donner naissance à une merveilleuse histoire (du temps).

7 – Les Nouveaux sauvages

Un dénonciateur doublé d’un redresseur de tort hautement jubilatoire que ce portrait au vitriol bourré de cynisme et d’humour noir (mais non dénué de sentiments pour autant) de tous les petits travers au quotidien de l’homme et de la société gangrenée au sein de laquelle il évolue.

8 – Chronic

En usant de la même mise en scène (de longs plans séquences, le plus souvent immobiles mais à chaque fois cadrés au plus juste) et du même fil narratif qu’est la relation père-fille, Michel Franco apporte sa pierre à l’édifice d’un débat social qui n’a pas fini de faire parler de lui : l’euthanasie. Au travers de son personnage d’infirmier tour à tour attentionné et déprimé, le cinéaste appelle ainsi à s’interroger sur la légitimité d’un tel acte et de ses conséquences, aussi bien pour les proches que pour l’exécutant : bourreau ou libérateur ? Et comme pour le remarquable Después de Lucía, l’exposé se révèle aussi brillant que déprimant.

9 – Le Goût des merveilles

D’aucuns argueront que Le Goût des merveilles dégouline de simplisme et de bons sentiments mièvres à souhait mais force est de constater qu’après les très dispensables Ca$h et 600 kilos d’or pur et le déjà plus acceptable Mes héros, Éric Besnard nous livre un véritable petit bijou de sensibilité et d’émotions derrière ce qui s’apparente à un Rain Man version rurale dans le Rhône-Alpes. Ou la rencontre aussi impromptue qu’improbable entre deux individus qui, de prime abord, n’ont rien en commun. Pour autant, grâce à une véritable finesse d’écriture, de mise en scène et d’interprétation où le duo Virginie Efira / Benjamin Lavernhe fait, sans jeu de mots, merveille, le film se joue de toutes les chausse-trappes inhérentes au feel good movie et autre comédie romantique pour aboutir in fine à une tranche de vie bigger than life, tour à tour drôle et bouleversante, qui ne pourra laisser totalement insensible. Cerise sur le gâteau, Le Goût des merveilles dont la tagline pourrait tout aussi bien être « le goût des choses simples » nous gratifie de l’une des plus bouleversantes vraies / fausses déclarations d’amour qu’il ait été donné de voir sur grand écran.

10 – Star Wars – Le Réveil de la Force

N’en déplaise à tous les détracteurs qui conspuent avec plus ou moins de véhémence et à grand coup de trollage le résultat final, criant au produit marketé, calibré, sans la moindre prise de risque, simple compil best of / clins d’œil aux épisodes 4, 5 et 6 aussi bien sur le fond (les mêmes histoires, les mêmes twists, etc.), que sur la forme (les mêmes lieux, vaisseaux, musiques, etc.), perso, j’étais au taquet du début à la fin.

Aux portes du classement :

L’Affaire SK1, Hard Day, Les Nouveaux Héros, Birdman, Red Army, Hacker, Shaun le mouton, Jamais de la vie, En équilibre, La Loi du marché, Ex Machina, Vice Versa, Victoria, La Isla mínima, Nos futurs, Mission : Impossible – Rogue Nation, Youth, Sicario, Seul sur Mars, L’Hermine, Les Cowboys, Mia Madre

Sandy Gillet

1 – Le Fils de Saul : La Palme d’or oubliée

2 – Trois souvenirs de ma jeunesse : La deuxième Palme d’or oubliée doublée d’une non sélection en compétition officielle. Incompréhensible.

3 – It Follows : Le meilleur du cinéma américain indépendant actuel

4 – Un français : L’exception culturelle du cinéma français en 2015, c’est lui.

5 – American sniper : Le Maître de guerre Eastwood

6 – Mia Madre : Le cinéma de Moretti reste indispensable et incontournable

7 – Le Voyage d’Arlo : Pixar revient aux affaires et cela fait du bien

8 – Youth : La cure de jouvence signée Paolo Sorrentino

9 – Marguerite & Julien : Donzelli mûrit et son cinéma aussi. Une excellente nouvelle en soi.

10 – Valley of love : La surprise du chef de l’année et encore un oublié au palmarès cannois.

Aux portes du classement (par ordre alphabétique) :

Captives : Le cinéma d’Atom Egoyan est toujours aussi insaisissable et cruel

Les Cowboys : Loin des clichés et la meilleure réponse à date du cinéma français vis-à-vis de l’actualité tragique de ces derniers mois.

L’Ennemi de la classe : Un film slovène OVNI aux propos aussi universels que sans concessions.

Kingsman : En 2015, pour voir un bon 007, c’était ici que cela se passait.

Les Nouveaux Sauvages : Un film à sketches à l’humour jouissivement noir

Mad Max Fury Road : Le meilleur blockbuster de l’année. Et de loin.

Notre Petite sœur : Ozu n’est pas mort. La preuve avec le nouveau Kore-Eda

Sicario : Villeneuve continue d’épater et de proposer un cinéma virtuose

Le Tout Nouveau Testament : Le meilleur représentant de la Belgique en 2015

Vice Versa : Pixar revient aux affaires et cela fait du bien – bis repetita

Nicolas Thys

0 – World of tomorrow de Don Hertzfeldt

Cette position exceptionnelle car il s’agit d’un court-métrage – qui ne sortira donc jamais dans le circuit habituel – et il mériterait amplement le haut du classement de l’année : Bande annonce

1 – L’Étreinte du serpent de Ciro Guerra

2 – Cosmos d’Andrzej Zulawski

3 – La Chambre interdite de Guy Maddin & Evan Johnson

4 – Un pigeon perché sur une branche philosophait sur l’existence de Roy Andersson

5 – Knight of cups de Terence Malick

6 – Asphalte de Samuel Benchetrit

7 – La Montagne magique d’Anca Damian

8 – Réalité de Quentin Dupieux

9 – Microbe et Gasoil de Michel Gondry

10 – Il est difficile d’être un Dieu d’Alexeï Guerman

Mais un top 10 c’est surtout un grand nombre de films qui se bousculent aux portes du classement et qui auraient pu y figurer s’il avait été fait un autre jour. Il est nécessaire d’en citer quelques-uns. Parmi eux, sans aucun ordre : Lost river, MacBeth, La Isla minima, Ex Machina, Birdman, A girl walks home alone at night, It Follows, Snow in paradise, Shawn le mouton, Taxi Téhéran, Une belle fin, Jauja, Le Fils de Saul, Trois souvenirs de ma jeunesse, Duke of burgundy, Fatima, Sicario, Aferim, El Club, Le Secret des autres, La Vanité, La Peau de Bax, Ces chansons que mes frères m’ont apprises, Much Loved, Vers l’autre rive, Ni le ciel ni la terre, Phantom boy, Adama, Notre petite sœur, Chant d’hiver, Béliers

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