120 ans Gaumont

Gaumont fête ses 120 ans au Centquatre

Après les Lumière fêtés en grande pompe au Grand Palais et à Lyon, c’est au tour de Gaumont de célébrer ses 120 ans autour d’une exposition entièrement gratuite. Du 15 avril au 5 août, le Centquatre, lieu de production et de diffusion d’art et de spectacles contemporains, accueille en son sein la plus ancienne société française de production, distribution et exploitation cinématographique encore en activité. Ceux qui connaissent l’endroit pourront s’étonner tant la distance qui sépare cet enclos culturel propice aux expérimentations plastiques et scéniques d’avec la maison Gaumont, producteur des premiers Besson ou d’Intouchables, semble si grande. Mais Dominique Païni, commissaire de l’exposition, ancien directeur de la cinémathèque française puis du centre Pompidou, a parfaitement su s’adapter à ce paradoxe et proposer quelque chose de différent.

120-ans-GaumontD’une part, en investissant des locaux dont l’architecture vient tout droit de la deuxième moitié du 19ème siècle et qui ressemble à une manufacture. Il a retrouvé quelque chose de la naissance de la Gaumont, de ses débuts et de ceux d’Alice Guy, Emile Cohl ou Louis Feuillade. Sous l’immense toiture, trois bâtiments et une tente montée pour l’occasion, entourée d’une frise chronologique, servent de lieu d’exposition. Cette dernière propose deux programmes de courts métrages muets du catalogue Gaumont et un piano mis à disposition du public qui peut s’amuser à son gré à accompagner les films comme à l’époque. Idée intéressante car en faisant intervenir les visiteurs, ceux-ci refabriquent les films et peuvent découvrir, tout autant, un métier (presque) disparu que ces œuvres qui rebutent souvent car «  trop anciennes  » mais qui n’en sont pas moins incroyables.
Fantomas
D’autre part, parce qu’il a réussi à associer le ludique à l’expérimentation plastique. Deux des trois salles portent en elles des installations commandées spécialement pour ces 120 ans et qui tournent autour du catalogue de la société. La première, intitulée La Cueillette des marguerites, est signée Alain Fleisher, fondateur du Fresnoy et réalisateur plasticien, qui s’amuse dans un jeu de lumières et de reflets à briser des visages d’acteurs et d’actrices célèbres qu’on peut essayer de reconstituer à l’aide de miroirs prêtés pour l’occasion. La seconde renferme un habile exercice de montage tant sonore que visuel mis en scène par Païni lui-même. Il cherche à mettre en évidence des liens imaginaires entre les films en les posant côte à côte, les anciens côtoient les plus récents, les plus méconnus sont à la même enseigne que les plus populaires. Le tout est surmonté de costumes et de décors de ces films qui rejouent en quelques minutes 120 ans de cinéma. Et, au fond de ce « Gaumontrama », Annette Messager, artiste qui place l’intime et l’affect au cœur de son travail, réalise une petite installation autour de son rapport au cinéma et sur la nostalgie de stars dont il ne reste guère plus que quelques bouts de tissu qui ont contribué à modeler leur image.
Exposition Gaumont au 104
Enfin, le troisième bâtiment offre un parcours assez rapide et chronologique dans la vie de  la Gaumont. C’est là la partie la plus historique, celle qui nous rappelle que la firme à la marguerite est une histoire de technique et d’artisan, d’expérimentation et d’art. On pourra y découvrir un diorama venu du musée des arts forains. L’appareil a été conçu bien avant le cinématographe, dans les années 1840, mais il porte déjà en lui la trace de mouvement que le cinéma parachèvera d’écrire en jeu d’ombres et de lumières. Puis on pourra découvrir des appareils d’époque, souvent étonnants comme ceux montrant les premiers films enregistrés en couleur ou les premières expérimentations autour du son. Car bien plus que les films, les premiers pas de la Gaumont, c’est la conception d’appareils photographiques et cinématographiques. Et c’est ainsi qu’on perçoit de ce qui est autour et au-delà du film lui-même  : l’art graphique et les affiches, la mode et les costumes, l’architecture et les décors ou encore les effets spéciaux.
 Gaumont ChronochromeChronochrome Gaumont
Et voilà qu’en quelques couloirs, comme en un rêve rapide, se rejoue tout un pan de l’histoire du cinéma français en quelques films marquants. Car Gaumont c’est Fantasmagorie et Fantômas, L’Atlantide et L’Atalante, Loulou et Lancelot du lac, Les Tontons flingueurs et Le Grand blond avec une chaussure noire, Don Giovanni et Carmen, OSS 117 et TS Spivet
En parallèle, Gaumont fait éditer chez La Martinière un catalogue de son exposition signé Jean-Luc Douin et une série de 9 coffrets DVD avec près de 300 de leurs films les plus marquants. De nombreux ateliers et projections sont également prévus, pour les adultes ou les plus petits. Pour plus de renseignements, cliquez ici.
120 ans de cinéma Gaumont

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