Sicario - Une - Sorties Ciné

Sorties Ciné du 30 septembre et du 7 octobre 2015 : Enemy Mine

La rubrique Sorties Cinés a piqué du nez la semaine dernière puisque notre dossier sur les Blu-ray attendus de cette fin d’année a été plus chronophage que voulu. Du coup, on va faire d’une pierre deux coups en rattrapant la semaine passée et en traitant celle en cours  histoire de ne pas vous priver de nos ressentis  en quelques lignes souvent de mauvaise foi et peu argumentées sur les films qui font l’actu (ou pas d’ailleurs). Certains auront eu les honneurs d’une critique circonstanciée, d’autres (et c’est la majorité) non. Parce que on a eu la flemme, parce que le film est mauvais, parce que on n’a rien à dire d’intéressant (certaines mauvaises langues diront que c’est bien souvent le cas), parce qu’on ne l’a pas vu… mais on va quand même écrire ce que l’on en pense en quelques lignes de pute. Bref, l’idée est de d’abord se défouler et accessoirement d’informer. Pas le contraire. Ce serait trop simple et trop vertueux. Ce que, comme chacun le sait, nous ne sommes pas à DC.

Les sorties ciné du 30 septembre 2015

L’Odeur de la mandarine
Un début prometteur
Je suis à vous tout de suite
Enragés
Maryland
Ni le ciel ni la terre
Major Dundee

Les sorties ciné du 7 octobre 2015

Sicario
Le Labyrinthe : La Terre brûlée
Hôtel Transylvanie 2
Le Nouveau stagiaire
The Visit
L’Étudiante et Monsieur Henri
Fatima
Orage
Asphalte

L'Odeur de la mandarine - AfficheL’Odeur de la mandarine de Gilles Legrand – 1h50 (Metropolitan Filmexport)

Été 1918. La guerre fait rage pour quelques mois encore, mais pour Charles et Angèle, elle est déjà finie. Lui, officier de cavalerie y a laissé une jambe. Elle, son infirmière à domicile, vient de perdre au front son grand amour, le père de sa petite fille.

La première heure fait montre d’une grande sensibilité dans la rencontre de ces deux êtres meurtris, l’un dans sa chair l’autre dans son cœur. La deuxième heure, après l’arrivée du déserteur, se perd un peu entre évocation de la Grande Guerre et métaphores animales / équidés. 3/5SA

Un début prometteur - AfficheUn début prometteur de Emma Luchini – 1h30 (Gaumont)

Martin, désabusé pour avoir trop aimé et trop vécu, retourne chez son père, un horticulteur romantique en fin de course. Il y retrouve Gabriel, son jeune frère de 16 ans, exalté et idéaliste, qu’il va tenter de dégoûter de l’amour, sans relâche.

Un film qui tente d’évoquer tour à tour les joies et les désillusions de l’Amour avec un grand A depuis le coup de foudre jusqu’au mariage. Mais ce ménage à trois tourne très rapidement à vide et ne procure in fine qu’un seul sentiment : un ennui profond. 1,5/5SA

Je suis à vous tout de suite - AfficheJe suis à vous tout de suite de Baya Kasmi – 1h40 (Le Pacte)

Hanna a 30 ans, beaucoup de charme et ne sait pas dire non : elle est atteinte de la névrose de la gentillesse. Ce drôle de syndrome familial touche aussi son père, Omar, « épicier social » et sa mère, Simone, « psy à domicile ». 

C’est là que Stef a jeté l’éponge. N’en pouvant plus après L’Odeur de la mandarine et le coup de grâce que fut Un début prometteur, il est rentré dans ses pénates et a préféré sauver le reste de son week-end en jouant/décortiquant à Uncharted : The Nathan Drake Collection. Comme on le comprend. SG

Enragés - AfficheEnragés de Éric Hannezoi – 1h33 (Wild Bunch)

Un braquage tourne mal. Les 4 criminels trouvent refuge dans un centre commercial où éclatent coups de feu et mouvements de panique. Cernés, ils abattent un homme et prennent en otage une femme. Acculés, ils arrêtent une voiture et prennent la fuite.

Remake attendu de Cani arrabbiati (1974) signé Mario Bava mais qui fut longtemps invisible (devenant même une sorte de légende urbaine) du fait d’un producteur qui fit faillite à l’époque, ces Enragés déçoivent au-delà de toutes proportions et confirment malheureusement un cinéma de genre français totalement dans l’impasse. La critique un peu deg. 1/5SG

Affiche - MarylandMaryland de Alice Winocour – 1h38 (Mars Distribution)

De retour du combat, Vincent, victime de troubles de stress post-traumatique, est chargé d’assurer la sécurité de Jessie, la femme d’un riche homme d’affaires libanais, dans sa propriété « Maryland ».

Point de déception ici mais un vrai constat d’échec tout de même pour un film qui se frotte courageusement au cinéma de genre mais sans vraiment en saisir les tenants et les aboutissements. On vous en dit plus ici (admirez le travail façon vendeur à la criée sur les marchés…). 2/5SG

Ni le ciel ni la terre - AfficheNi le ciel ni la terre de Clément Cogitore – 1h38 (Diaphana Distribution)

Afghanistan 2014. A l’approche du retrait des troupes, le capitaine Antarès Bonassieu et sa section sont affectés à une mission de contrôle et de surveillance dans une vallée reculée du Wakhan, frontalière du Pakistan.

On était curieux de découvrir ce premier film qui fut présenté à la Semaine de la Critique du dernier Festival de Cannes. La bande annonce intriguait et donnait à voir quelque chose qui oscillait entre le film de guerre à la limite du documentaire et un cinéma lorgnant du côté du fantastique. Las, on a droit en fait à une histoire qui ne tient absolument pas la route portée par une mise en scène paresseuse qui se cache de surcroît derrière des artifices visuelles inutiles pour ne pas dire ridicules. 1,5/5SG

Major Dundee - AfficheMajor Dundee de Sam Peckinpah – 2h04 (Park Circus)

Durant les derniers mois de la guerre de Sécession, le Major Dundee, commandant nordiste, poursuit des Indiens Apaches qui ont attaqué un poste de cavalerie, massacré ses occupants, et enlevé des enfants. Manquant d’hommes, il prend la tête d’une troupe hétéroclite composée de volontaires et de prisonniers sudistes, dont le chef est son ennemi intime. 

Major Dundee fait partie de ces films à la production houleuse due en principalement à la personnalité hiératique de son mythique réalisateur accentuée par une consommation journalière d’alcool à faire pâlir un irlandais surentraîné. Peckinpah fut d’ailleurs débarqué au montage d’un film qui n’avait pas de fin au début du tournage. En résulta une version d’origine tronquée et en tout cas considérée comme tel par son réalisateur. Il aura fallu attendre 2005 pour que sorte un nouveau montage considéré comme plus proche des intentions du cinéaste. C’est celui-ci qui est proposé en salles depuis mercredi dernier sur une seule copie. Mais on peut le retrouver en DVD via une très belle édition parue chez Sony Pictures en 2005 justement. Niveau Blu-ray, il va falloir se tourner vers l’Italie où Sony Pictures propose depuis septembre 2014 un uppgrade du DVD de 2005 (VF sauf pour les 12min supplémentaires qui n’ont jamais été doublés et VOST). Le film n’a pas l’aura de La Horde sauvage mais mérite amplement son statut de western culte et indispensable. 4/5SG

Les sorties ciné du 7 octobre 2015

 

Sicario - AfficheSicario de Denis Villeneuve – 2h01 (Metropolitan)

La zone frontalière entre les États-Unis et le Mexique est devenue un territoire de non-droit. Kate, une jeune recrue idéaliste du FBI, y est enrôlée pour aider un groupe d’intervention d’élite dirigé par un agent du gouvernement dans la lutte contre le trafic de drogues.

Sec, nerveux, impitoyable mais aussi écrasante, la mise en scène de Villeneuve s’affine de film en film et est toujours autant au service de son sujet. Mais plus que jamais elle n’offre aucune échappatoire et trimballe son spectateur comme un fétu de paille à l’instar ici de son personnage principal (Emily Blunt à la pureté de jeu improbable) qui navigue constamment à vue. On en ressort un tantinet frustré. Un sentiment provoqué et assumé par un Villeneuve qui s’affirme quoi qu’on en dise comme l’un des cinéastes les plus importants de son siècle. 3,5/5 –   SG

Denis Villeneuve poursuit dans ce qu’il sait faire de mieux : suivre la trajectoire de personnages plongés au milieu de situations qui les dépassent. À ce petit jeu, le face-à-face Emily Blunt – Benicio Del Toro fait des merveilles dans cette évocation sur quelques jours seulement de la lutte contre les cartels de la drogue. Outre des personnages magnifiquement brossés, c’est avant tout la mise en scène, sublimée par la photographie signée Roger Deakins et secondée par les compositions de Jóhann Jóhannsson qui concourent à nous immerger au cœur de cette guerre sans fin et de ses crescendos à vous scotcher à votre fauteuil lors des rares mais ô combien fulgurantes scènes d’action. Michael Mann n’a qu’à bien se tenir… 4/5SA

Le Labyrinthe La terre brûlée - AfficheLe Labyrinthe : La Terre brûlée de Wes Ball – 2h13 (Twentieth Century Fox)

Thomas et les autres Blocards vont devoir faire face à leur plus grand défi, rechercher des indices à propos de la mystérieuse et puissante organisation connue sous le nom de WICKED. Leur périple les amène à la Terre Brûlée, un paysage de désolation rempli d’obstacles inimaginables.

Le premier opus évitait certains écueils. On en conviendra. Mais que tout cela restait assez puéril et d’une rare prévisibilité. Et bien on ne change pas une équipe qui gagne puisqu’à part une aire de jeu plus vaste et des courses-poursuites toutes les 10 minutes histoire qu’entre les deux on puisse aller se faire un « refill » de coke et de pop-corn, rien de nouveau sous le soleil brûlant de ce monde post-apocalyptique pour ados traités à la Roaccutane. 2/5SG

Hôtel Transylvanie 2 AfficheHôtel Transylvanie 2 de Genndy Tartakovsky – 1h29 (Sony Pictures)

Dracula est dorénavant grand-père et est bien décidé à initier son petit garçon à la crinière rousse aux rudiments du monde de l’épouvante. Bien sûr, rien ne va se passer comme prévu pour notre drôlissime vampire et sa bande de monstres – Frankenstein, la Momie, l’Homme invisible, le Loup-garou et le Blob…

Le premier ne nous a pas laissé un souvenir impérissable. Quant au deuxième, et bien il va se rattraper au cinoche avec son mini moi. Il sera bien temps ensuite de le faire cravacher un peu pour recracher ici ses pensées profondes sur la chose. Cela lui fera (outre les pieds) son devoir de vacances. SG

Le Nouveau stagiaire - AfficheLe Nouveau stagiaire de Nancy Meyers – 2h01 (Warner Bros.)

Ben Whittaker, un veuf de 70 ans s’aperçoit que la retraite ne correspond pas vraiment à l’idée qu’il s’en faisait. Dès que l’occasion se présente de reprendre du service, il accepte un poste de stagiaire sur un site Internet de mode, créé et dirigé par Jules Ostin.

Sans moi / Sans façon / Non merci… Rayez la mention inutile. SG

Nancy Meyers poursuit tranquillou son exploration des sentiments entre individus que tout semble opposer de prime abord. En grand-père la sagesse, Robert De Niro s’amuse visiblement autant que Anne Hathaway dans ce récit que d’aucuns qualifieront de pro-féministe là où d’autres y verront avant tout un discours plus progressiste qui tend uniquement à questionner quant aux bonnes décisions à prendre, tant dans sa vie personnelle que professionnelle. Soit in fine un agréable « feel good movie ». 3/5SA

The Visit - AfficheThe Visit de M. Night Shyamalan – 1h34 (Universal)

Deux enfants sont envoyés passer une semaine en Pennsylvanie, dans la ferme de leurs grands-parents. Mais lorsque l’un d’eux découvre qu’ils sont impliqués dans quelque chose de profondément dérangeant, leurs chances de retour s’amenuisent de jour en jour.

Le retour de Shyamalan aux affaires passe par ce found footage bien branlé mais sans plus avec toutefois, et comme il se doit chez le cinéaste du Sixième Sens, un twist de fin assez retors. Pour lire notre critique c’est ici. 3/5SG

Même entre les mains de M. Night Shyamalan, on s’ennuie toujours autant au pays du found footage entre deux tentatives pour faire « sursauter » le spectateur qui pionce profondément depuis bien longtemps. 1,5/5SG

L'Etudiante et Monsieur Henri - AfficheL’Étudiante et Monsieur Henri de Ivan Calbérac – 1h38 (StudioCanal)

À cause de sa santé vacillante, Monsieur Henri ne peut plus vivre seul dans son appartement parisien. Particulièrement bougon, il finit néanmoins par accepter la proposition de son fils Paul de louer une chambre à une jeune étudiante.

Précédé d’un bon buzz généré lors de son passage au Festival d’Angoulême à la fin de l’été où il a reçu un accueil enthousiaste, le nouveau film de Ivan Calbérac semble parti pour remplacer dans le cœur du public La Famille Bélier sorti le 17 décembre 2014. Bref, on est clairement dans le feel good movie à la française qui peut laisser un sourire en sortant de la salle. Ce qui dans l’absolu serait déjà pas mal. Edit 9/02/2016 : Rattrapage depuis son canapé. Prévisible, dialogues aux forceps et interprétations en roue libre (Brasseur en fait des caisses). Seuls les bonnets 95B de la miss Noémie Schmidt valent le coup d’œil. De là à se déplacer au cinéma, il y a plusieurs pas à ne pas franchir tout de même. 2/5SG

Avec Le Nouveau stagiaire, voici l’autre très sympathique « feel good movie » du moment qui, tout comme le long-métrage de Nancy Meyers, amène à s’interroger sur les choix à faire pour mener à bien ses véritables désidératas professionnels. Et si la ravissante et touchante Noémie Schmidt parvient incontestablement à tirer son épingle du jeu, c’est sans conteste la performance de Claude Brasseur, aussi bouleversante qu’hilarante, qui emporte tout sur son passage en vieillard aigri et odieux n’espérant plus rien d’une vie qui ne l’aura pas, lui non plus, épargné. 3,5/5SA

Fatima - AfficheFatima de Philippe Faucon – 1h19 (Pyramide)

Fatima vit seule avec ses deux filles : Souad, 15 ans, adolescente en révolte, et Nesrine, 18 ans, qui commence des études de médecine. Fatima maîtrise mal le français et le vit comme une frustration dans ses rapports quotidiens avec ses filles. Toutes deux sont sa fierté, son moteur, son inquiétude aussi.

Voici ce que nous en disait Nicolas à l’issu de la projection du film lors de la dernière Quinzaine des réalisateurs à Cannes : Dans la catégorie des très bons, on a également pu voir Fatima, le nouveau film de Philippe Faucon, aux problématiques très françaises, présenté à la Quinzaine des réalisateurs. Faucon était l’auteur d’excellents films comme La Désintégration sur le parcours de deux jeunes français d’origine maghrébine qui finissent par passer à un islam radical, ou Samia, sur une adolescente dont les parents sont issus de l’immigration et qui réclame une liberté qu’on lui refuse sous le coup de traditions qu’elle ne connaît pas. Fatima lorgne plutôt vers le second même si 15 ans ont passé entre les deux et que les choses évoluent lentement. C’est l’histoire d’une femme divorcée d’origine algérienne qui élève ses deux filles et fait des ménages. On voit et vit leur monde de l’intérieur, toutes les tensions, tous les problèmes et les joies. D’un point de vue social, la manière dont le cinéaste amène son sujet est particulièrement intelligente. Contrairement à la plupart des œuvres du même genre nous n’avons pas à subir de drame poussif ou de sentimentalisme exacerbé. Fatima n’est pas une œuvre emphatiquement militante et c’est bien sa force car elle évite tous les clichés. 4/5NT

Ah ! sinon va falloir penser à virer l’affichiste parce que là c’est pas possible ce jaune… Edit 06/03/2016 : Rattrapage tardif et il va sans dire opportuniste puisque depuis la mise en ligne de ce papier le film de Philippe Faucon a remporté le Prix Louis-Delluc en décembre 2015 et le César du meilleur film 2016. Il a aussi attiré 311 025 entrées dans les salles. À date car ce n’est pas fini puisque le film est « ressorti » le 2 mars 2016 sur 103 copies. Bref, voici un succès tant critique que publique on ne peut plus mérité venant de la part d’un homme dont la filmographie n’a jamais cessé de creuser le même sillon et dont toute la force naturaliste et sociale saute pleinement aux yeux dans la France de l’après 13 novembre. On ne parle pas ici de chef-d’œuvre instantané mais bien de la reconnaissance d’un travail en profondeur qui se devait enfin d’être mis en lumière et adoubé. 3,5/5 –  SG

Orage - AfficheOrage de Fabrice Camoin – 1h23 (Rezo Films)

Un violent orage bloque Maria et sa famille sur la route des vacances. Ils se réfugient dans une petite ville, près de la frontière espagnole, où la police recherche un homme qui vient de tuer sa femme et son amant. En pleine nuit, Maria se retrouve par hasard face au meurtrier. 

À un moment on a voulu aller voir sur pièce. Mais ça c’était avant d’avoir découvert la bande-annonce. SG

Asphalte - AfficheAsphalte de Samuel Benchetrit – 1h40 (Paradis Films)

Un immeuble dans une cité. Un ascenseur en panne. Trois rencontres. Six personnages. Sternkowtiz quittera-t-il son fauteuil pour trouver l’amour d’une infirmière de nuit ? Charly, l’ado délaissé, réussira-t-il à faire décrocher un rôle à Jeanne Meyer, actrice des années 80 ?

Là, on a pas eu besoin de la BA (encore que celle-ci est gratinée), pour décider de ne pas aller le voir. Le soldat Benchetrit semble en effet poursuivre ici sa pause créative. SG

Ce film est un miracle. Le réalisateur avait jusque là prouvé qu’il savait faire des choses moyennes. Son casting est hautement improbable (Gustave Kervern, Isabelle Huppert, Michael Pitt…). Ses décors tombent en ruine. Le compositeur n’a rien d’exceptionnel. Et pourtant tout fonctionne. On a de vraies idées de cinéma, que ce soit d’un point de vue visuel ou sonore, avec des références subtiles et la construction, pierre par pierre, d’un véritable univers onirico-absurde à la manière d’un Roy Anderson à la française. Certes moins structuré et radical, mais tout aussi surréaliste et beau. 4/5NT

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