Chronic - Image de une - Sorties Ciné

Sorties Ciné du 21 octobre 2015 : Chronic d’une semaine royale

Dans les sorties ciné de la semaine, on retrouve Matt Damon perdu à nouveau dans l’espace et plus précisément sur Mars après son intermède crapuleux sur Interstellar. À l’opposé il y a Maïwenn et Mon Roi que l’on ne saurait conseiller aux réfractaires de la miss tant son dernier film revient à ses « premiers amours » autobiographiques et ethnocentrés. On aura aussi droit à une nouvelle version de Peter Pan initiée et distribuée par la Warner et non Disney comme aurait voulu nous le faire croire ce « critique » des Inrocks à l’évidence mal renseigné. Bref du bon, moins bon, pas terrible, nul (rayez les mentions inutiles) que pour la plupart nous n’avons pas vu mais dont on va quand même en dire du mal. On vous aura prévenu.

Seul sur Mars - Affiche françaiseSeul sur Mars – de Ridley Scott – 2h21 (Twentieth Century Fox)

Lors d’une expédition sur Mars, l’astronaute Mark Watney est laissé pour mort par ses coéquipiers, une tempête les ayant obligés à décoller en urgence. Mais Mark a survécu et il est désormais seul, sans moyen de repartir, sur une planète hostile.

On vous en parle ici d’une manière circonstanciée, mesurée et avec intégrité. Et des fois que l’on viendrait nous chercher des poux y a Stef qui aime et qui le martèle ci-dessous. 2,5/5SG

Ridley Scott excelle indubitablement dans la SF (Alien, Blade runner, Prometheus) et le démontre à nouveau avec ce croisement très réussi entre Robinson Crusoé et Apollo 13 à des millions de kilomètres de la Terre mais où, une fois encore, les pendants science-fictionnels ne sont là que pour mieux mettre en exergue l’Homme face à ses propres peurs et ses aspirations pionnières. En découle un périple martien à grand spectacle et à l’intensité jamais démentie mais non dénué d’humour auquel s’ajoute une BO excellente, quoiqu’en dise le personnage interprété par Matt Damon. 4/5SA

Matt Damon se fait agriculteur, se prend du sable rouge sur la tête, survit dans un aquarium et repart dans l’espace. Ça dure 8h30… ah non 2h20… 1/5NT

À mi-chemin entre le nanar Planète rouge et le monumental Gravity, Seul sur Mars fait le job, sans plus. Matt Damon est comme d’habitude excellent, les images sont chouettes mais le faux-suspense et une durée excessive plombent un peu une ambiance pas aussi tendue du slip qu’on l’aurait espérée. À 78 ans, Ridley Scott est-il toujours l’homme de la situation ? À côté d’un Cuarón ou même d’un Nolan dans les étoiles, on peut en douter. Alien, c’était en 1979 ! 3/5Julio Lopez

Pan - AffichePan – de  Joe Wright – 1h51 (Warner Bros. France)

Proposant un nouveau regard sur l’origine des personnages légendaires créés par J.M. Barrie, le film s’attache à l’histoire d’un orphelin enlevé au Pays Imaginaire. Là-bas, il vivra une aventure palpitante et bravera maints dangers, tout en découvrant son destin : devenir le héros connu dans le monde entier sous le nom de Peter Pan.

Pour ceux qui n’en avaient rien à cirer, il faut savoir que Pan a fait pas mal parler de lui durant sa production. Casting problématique avec pour exemple emblématique le choix de Rooney Mara dans le rôle de l’indienne Tiger Lily, accusation de continuer à colporter des stéréotypes notamment au niveau de la fameuse tribu des Piccaninny, pétitions à la clé… Bref, pour Joe Wright les choses n’ont jamais été simples avec à l’arrivée un flop au box office US pour un film au budget annoncé de 150M de dollars sans les frais de marketing. Niveau critique, Pan s’en est pris plein la gueule à quelques exceptions près. Jusqu’aux Inrocks qui confondent une prod Warner d’une prod Disney. Même à DC, on ne l’aurait pas osé celle-là. Tout ça pour dire qu’il en deviendrait presque sympathique et que cela donnerait presque envie de juger sur pièce. SG

Mon Roi - AfficheMon Roi – de Maïwenn Le Besco – 2h04 (StudioCanal)

Tony est admise dans un centre de rééducation après une grave chute de ski. Dépendante du personnel médical et des antidouleurs, elle prend le temps de se remémorer l’histoire tumultueuse qu’elle a vécue avec Georgio.

Désolé, mais va falloir lire plus qu’une ligne ici vu que l’on s’est fendu d’une critique en bonne et due forme. 3/5 SG

Bien qu’il cherche à démontrer toutes les nuances et l’évolution d’une relation de couple au fil du temps, Mon Roi n’en expose pas moins deux personnages un peu trop clichés : Vincent Cassel qui joue tantôt les bouffons de ses dames tantôt le « Roi des connards » comme il le dit lui-même au tout début et Emmanuelle Bercot toujours en pleur ou hystérique. Sitôt franchie la première heure, une certaine morosité répétitive s’installe et finit par desservir le propos initial. 3/5 SA

Paranormal Activity 5 - AfficheParanormal Activity 5 Ghost Dimension – de Arthur Benzaquen – 1h28 (Paramount Pictures France)

La famille Fleeges emménage dans une nouvelle maison et découvre dans le garage des cassettes vidéos de l’enfance de Katie et Kristi et une caméra leur permettant de voir ce qui se déroule véritablement autour d’eux…

Le seul intérêt de ce nouvel opus réside dans le nombre d’exploitants de cinéma qui vont se plaindre de troubles dans leurs salles. On a déjà eu l’épisode de Perpignan. À qui le tour en quelque sorte ? L’exemple parfait d’un public qui se met à niveau d’un film. C’est bô ! SG

Adama - AfficheAdama – de Simon Rouby – 1h21 (Océan Films)

Adama, 12 ans, vit dans un village isolé d’Afrique de l’Ouest. Au-delà des falaises, s’étend le Monde des Souffles. Là où règnent les Nassaras. Une nuit, Samba, son frère aîné, disparaît. Adama, bravant l’interdit des anciens, décide de partir à sa recherche.

Il paraît que c’est très bien, très didactique, pédagogique, tout ça tout ça. C’est l’attaché de presse qui nous l’a dit. Forcément, c’est que cela doit être vrai… SG

Après la bande-annonce on était perplexe sur les techniques utilisées. Au final, on en ressort étonné et seulement en positif. On retrouve dans l’histoire de cet enfant africain, jamais sorti de son village, qui part à la recherche de son frère et se retrouve en pleine première guerre mondiale en France, toute la force du réalisme magique. Le surnaturel n’est jamais loin du réel, les deux s’enchevêtrent aisément et nous font entrer dans un univers paradoxal et envoûtant. De la même manière, le mariage opère entre l’idée de faire un film animé, et donc rendu vivant, et le réalisme très poussé du graphisme. 4/5NT

On aurait aimé vous proposer la bande-annonce mais un copyright claim en provenance de Canal Plus sur notre chaîne YT nous en empêche. D’autant plus surprenant qu’elle est présente ailleurs sur la toile. on vous laisse chercher. Faut pas déconner non plus…

La Glace et le ciel - AfficheLa Glace et le Ciel – de Luc Jacquet – 1h29 (Pathé Distribution)

Luc Jacquet met en scène l’aventure de Claude Lorius, parti en 1957 étudier les glaces de l’Antarctique. L’explorateur a consacré sa vie à percer au plus profond des glaces de l’Antarctique les secrets bien gardés du climat.

On ne va pas rallumer ici la polémique dite Kering (une des sociétés qui a participé au financement du film mais aussi un des nouveaux sponsors du Festival de Cannes dont il fut le film de clôture en mai dernier). On va juste espérer pour Jacquet que La Glace et le Ciel fera aussi bien au box office que les presque 2M d’entrée de La Marche de l’empereur. Oui, des fois, on peut-être bienveillant à DC. SG

Un demi-siècle d’explorations arctiques présenté comme autant de périples de l’extrême pour mieux connaître les centaines de milliers d’années passées de notre précieuse Planète Bleue et ainsi dresser un bilan oh combien alarmant quant à son avenir. Alarmant mais point alarmiste tant l’exposé de Jacquet met bien en avant les qualités fraternelles, y compris en pleine Guerre Froide, du genre humain et une foi (indéfectible ?) dans sa capacité à surmonter toutes les épreuves, fussent-elles les plus glaçantes. 3,5/5 SA

Elser, un héros ordinaire - AfficheElser, Un Héros ordinaire – de Oliver Hirschbiegel – 1h54 (Sophie Dulac Distribution)

Allemagne, 8 novembre 1939. Adolf Hitler prononce une allocution devant les dirigeants du parti nazi dans la brasserie Bürgerbräu à Munich. Une bombe explose, mais Hitler ainsi que Joseph Goebbels, Heinrich Himmler, Martin Bormann et d’autres ont quitté les lieux quelques minutes plus tôt.

Après La Chute qui reste encore dans toutes les mémoires, Oliver Hirschbiegel poursuit son exploration du nazisme en mettant en lumière un fait historique longtemps oublié ou occulté. La tentative d’assassinat d’Hitler par un simple citoyen allemand lambda suffisamment clairvoyant pour comprendre que ce régime vouait son pays et son peuple à sa perte. La démonstration est comme souvent avec ce réalisateur implacable et très documentée. On regrettera peut-être l’académisme de sa mise en scène mais le sujet est tellement fort qu’il emporte beaucoup de choses sur son passage. 3,5/5SG

Chronic - AfficheChronic – de Michel Franco – 1h33 (Wild Bunch)

Aide-soignant, David travaille auprès de personnes en phase terminale. Méticuleux, efficace et passionné par son métier, il noue des relations qui vont bien au-delà du cadre médical. Mais dans sa vie privée, David est inefficace, maladroit et réservé. Il a besoin de ses patients tout autant qu’ils ont besoin de lui.

Prix du scénario Cannes 2015

En usant de la même mise en scène (de longs plans séquences, le plus souvent immobiles mais à chaque fois cadrés au plus juste) et du même fil narratif qu’est la relation père-fille, Michel Franco apporte sa pierre à l’édifice d’un débat social qui n’a pas fini de faire parler de lui : l’euthanasie. Au travers de son personnage d’infirmier tour à tour attentionné et déprimé, le cinéaste appelle ainsi à s’interroger sur la légitimité d’un tel acte et de ses conséquences, aussi bien pour les proches que pour l’exécutant : bourreau ou libérateur ? Et comme pour le remarquable Después de Lucía, l’exposé se révèle aussi brillant que déprimant. 4/5SA

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