Béliers

Sorties Ciné des 02 et 09 décembre 2015 : En attendant Star Wars

Sans conteste, les sorties ciné du mercredi 2 décembre recensaient en leur sein une densité de films remarquables. Entre Mia Madre, le dernier Spielberg ou encore Marguerite & Julien, le choix était cornélien pour celui qui ne va au cinéma qu’en resquillant par la porte de derrière (la technique bien connue de l’attente des sorties de séance) augmentant ainsi incidemment la stat de se faire gauler. D’ailleurs, on conseillera aux délinquants de tous poils de choisir les cinémas MK2 pour se faire et quand cela est bien entendu possible (en gros, inutile de faire 200 bornes quand même). L’optimisation du personnel y est tel depuis le passage au numérique que certains cinémas comme le complexe situé à Bibliothèque dans le 13ème à Paris semblent naviguer sans matelots et sans capitaine : un ou deux projectionnistes pour 20 salles qui sont au demeurant devenus des agents polyvalents pouvant être amenés à gérer la vente des bombecs, l’entrée dans les salles (le déchirage du billet quoi), leur propreté ainsi que leur sécurité. On exagère à peine mais il y est quand même possible d’attraper une bonne bronchite tant le vaisseau semble être livré aux quatre vents. Bref de quoi y passer une après-midi peinardos sans trop mettre la main au portefeuille mais avec tout de même le risque d’aller devoir gueuler de temps à autre parce que le DCP d’une séance s’est lancé sans le son ou l’image. Au pire vous pourrez vous faire rembourser. Faut pas déconner non plus.

Les sorties ciné du 2 décembre 2015

Babysitting 2
Le Pont des Espions
Mia Madre
Demain
Marguerite & Julien
Kill your friends
Taj Mahal

Les sorties ciné du 9 décembre 2015

Belle et Sébastien, L’aventure continue…
Un + Une
Au Cœur de l’océan
Comment c’est loin
Back Home (Plus fort que les bombes)
Vue sur mer
Béliers
Cafard

Babysitting 2 - AfficheBabysitting 2 de Nicolas Benamou et Philippe Lacheau – 1h32 (Universal Pictures France)

Sonia souhaite présenter Franck à son père, Jean-Pierre directeur d’un hôtel écologique au Brésil. Toute la bande s’y retrouve ainsi pour y passer des vacances de rêve. Un matin, les garçons partent en excursion dans la forêt amazonienne. Le lendemain, ils ont tous disparu.

On avoue bien volontiers être aller voir Babysitting qui mélangeait parfois maladroitement mais avec une belle sincérité les codes de la comédie d’antan façon Le Jouet de Veber avec ceux plus dans l’air du temps façon Projet X histoire d’attirer la génération Y. La bande annonce laisse craindre ici le pire. Soit un opus pondu à vitesse grand V pour surfer comme il se doit sur les plus de 2M d’entrées surprises générées par le premier volet. Pas de quoi motiver plus que cela sinon un éventuel rattrapage peinard dans son canapé.

Edit 27/05/2016 :  On craignait le pire, on est servi. Rayon pour, l’abattage est encore un peu là et quelques vannes font mouches. Rayon contre. Tout le reste. De la redite pas drôle à grand renfort de paysages exotiques histoire de montrer la thune. Résultat, plus de 3M d’entrées au compteur ce qui implique que quoi que l’on en pense ici, la production avait raison de vouloir capitaliser aussi vite sur le succès du premier. 1,5/5 SG

Le Pont des Espions - AfficheLe Pont des Espions de Steven Spielberg – 2h12 (Twentieth Century Fox France)

James Donovan, un avocat de Brooklyn se retrouve plongé au cœur de la guerre froide lorsque la CIA l’envoie accomplir une mission presque impossible : négocier la libération du pilote d’un avion espion américain U-2 qui a été capturé.

Classique et racé. Du Spielberg dans le texte quoi. 3,5/5SG

Le tandem Spielberg / Hanks fait des merveilles pour nous happer au cœur de cette histoire vraie où l’humain et la géo-politique se combinent en un tout suffisamment haletant et drôle pour ne pas (trop) voir le temps passer, sinon peut-être au cours de la seconde partie berlinoise qui tire quelque peu en longueur. 3,5/5Stéphane Argentin

Mia Madre - AfficheMia Madre de Nani Moretti – 1h47 (Le Pacte)

Margherita est une réalisatrice en plein tournage d’un film dont le rôle principal est tenu par un célèbre acteur américain. Sa mère est à l’hôpital, sa fille en pleine crise d’adolescence. Margherita parviendra-t-elle à se sentir à la hauteur, dans son travail comme dans sa famille ?

Grand film sur le deuil et les illusions perdues… 4/5SG

Sur la thématique mainte fois rabâchée des conciliations et accointances entre vie privée et vie professionnelle, Nani Moretti nous offre une auto-psychanalyse remarquable de drôlerie, d’émotions et de justesse sur le métier de cinéaste et les relations parents-enfants. 4/5SA

Demain - Affiche Demain de     Cyril Dion et Mélanie Laurent – 1h58 (Mars Distribution)

Et si montrer des solutions, raconter une histoire qui fait du bien, était la meilleure façon de résoudre les crises écologiques, économiques et sociales, que traversent nos pays ?

C’est quand Mélanie Laurent tombe enceinte qu’elle réalise la gravité de la situation écologique de la planète que l’on va léguer à nos enfants. On serait un brin faux-cul de lui faire remarquer que voilà une prise de conscience peu altruiste et quelque peu tardive, nous qui à part le tri sélectif au quotidien (et encore c’est parce que l’on est surveillé par nos voisins) n’avons pas changé grands choses à nos habitudes (vaisselle et brossage de dents en laissant couler l’eau, utilisation intempestive de l’électricité, usage d’ampoules autre que basse consommation, utilisation du chauffage au gaz fenêtres grandes ouvertes…). Bref, voilà certainement un documentaire qui procède du meilleur des sentiments que Mars Films distribue pile-poil et comme il se doit au moment où la Cop21 bat son plein à Paris. Il n’empêche que tout cela donne quand même l’impression d’une forme de croisade quelque peu expiatoire pour parigots du Vème (pour info je suis dans le XIV donc je ne me sens pas concerné).  SG

En s’appuyant sur des exemples bien concrets aux quatre coins du globe, Demain entend démontrer qu’il existe bel et bien une autre façon de produire, de consommer et in fine de vivre sur cette belle Planète Bleue dont nous dépendons tous pour notre survie afin d’éviter le plus tôt possible de courir à notre propre perte. La démonstration, très pédagogique et non dénuée d’humour, est remarquable mais si les deux premiers chapitres consacrés à l’alimentation et aux énergies paraissent bien réels et « accessibles », les trois suivants (pourtant les plus importants) consacrés à l’économie, la politique et le système éducatif, semblent déjà bien davantage relever de l’utopie pure et simple dans une société totalement gouvernée par les seuls objectifs de productivité et de rentabilité et où les mots solidarité et équité ne semblent plus qu’un rêve lointain. 4/5SA

Marguerite & Julien - AfficheMarguerite & Julien de Valérie Donzelli – 1h43 (WildBunch)

Julien et Marguerite de Ravalet, fils et fille du seigneur de Tourlaville, s’aiment d’un amour tendre depuis leur enfance. Mais en grandissant, leur tendresse se mue en passion dévorante. Leur aventure scandalise la société qui les pourchasse. Incapables de résister à leurs sentiments, ils doivent fuir…

L’accueil glacial que lui a réservé le dernier festival de Cannes nous avait mis la puce à l’oreille. Ça n’a pas loupé. On adore. 4/5SG

Pour aussi déstabilisant et « nunuche » diront certains qu’apparaisse de prime abord cette nouvelle histoire d’amour signée Valérie Donzelli, elle n’en traite pas moins avec force émotions et sensibilité les sentiments indéfectibles, voire même tabous aux yeux de la société, qui peuvent unir un homme et une femme. 3,5/5SA

Kill Your Friends - AfficheKill Your Friends de Owen Harris – 1h43 (Chrysalis Films)

Londres, 1997. Les groupes pop comme Blur, Oasis et Radiohead règnent en maîtres sur les ondes. Steven Stelfox, 27 ans, producteur de musique et chasseur de talents, écrase tout sur son chemin. Poussé par sa cupidité, son ambition et une quantité inhumaine de drogues, il recherche le prochain tube.

Étonnamment, on n’a pas grand chose à dire d’intelligent sur ce film en provenance de la perfide Albion que l’on n’a bien entendu pas vu. L’affiche très travaillée et sombre semble vouloir ostensiblement annoncer la couleur et le trailer fait penser à une sorte de mashup entre un remake de 99F et une version altérée d’American Psycho. Trop vieux pour ces conneries en fait. SG

Taj Mahal - AfficheTaj Mahal de Nicolas Saada – 1h32 (Bac Films)

À 18 ans, Louise loge avec sa famille dans une suite du Taj Mahal Palace. Un soir, restée seule dans sa chambre, elle entend des bruits étranges dans les couloirs de l’hôtel. Elle comprend au bout de quelques minutes qu’il s’agit d’une attaque terroriste.

Inspirés de faits réels ayant eu lieu en 2008 à Bombay, Taj Mahal raconte la nuit d’horreur subie par Louise enfermée dans sa chambre d’hôtel alors que des terroristes l’ont investi pour en tuer tous les occupants. Derrière la caméra on retrouve Nicolas Saada pour son deuxième long. Ce grand cinéphile et accessoirement critique devant l’éternel qui reste l’un des dépositaires au sein des Cahiers du Cinéma de l’héritage de la Nouvelle vague au même titre, au hasard, qu’un Desplechin, ne déroge pas de son cinéma fait d’un mélange pour le moins bancal ici (et plus pertinent sur Espion(s), son premier long) entre film de genre et point de vue auteurisant. On est en effet assez dubitatif quant au procédé dominant de mise en scène qui veut traiter en douceur un sujet d’actualité aussi violent que tragique. Sa caméra adopte en effet le point de vue de cette jeune adulte jouée par une diaphane Stacy Martin (découverte dans Nymphomaniac de Lars Von Trier) dont le minaudage agace très rapidement. Cela aurait pu toutefois marcher si le montage ne s’obstinait pas à vouloir toujours chercher le point de vue extérieur et un peu vain des parents. Comme si Saada avait finalement peur de ce huit-clos qui était pourtant le véritable enjeu oppressant et anxiogène de son film. Celui qui aurait pu permettre au spectateur de toucher du doigt ses intentions qui pour le coup restent dans le flou. On jettera aussi un voile pudique sur la fin parisienne de 15 minutes qui renvoie aux aspects les plus sombres du cinéma de la Nouvelle Vague quand celui-ci a tant de mal à régurgiter son époque. 2/5SG

Les sorties ciné du 9 décembre 2015

 

Au Coeur de l'océan - AfficheAu Cœur de l’océan  de Ron Howard – 2h02 (Warner Bros. France)

Hiver 1820. Le baleinier Essex quitte la Nouvelle-Angleterre et met le cap sur le Pacifique. Il est alors attaqué par une baleine gigantesque qui provoque le naufrage de l’embarcation. À bord, le capitaine George Pollard, inexpérimenté, et son second plus aguerri, Owen Chase, tentent de maîtriser la situation.

On en parle abondamment ici. Sinon, pour la faire courte, Ron Howard s’en sort avec les honneurs même si pour cela il faut encore se taper bien trop souvent sa mise en scène aussi lourde que ce cachalot blanc découvert aux confins des océans qui aura inspiré le Moby Dick de Melville. 3/5SG

Après l’excellent Rush, Ron Howard redescend de plusieurs niveaux pour cette nouvelle histoire vraie où perle hélas trop rarement le potentiel humain sous des hectolitres d’effets numériques par trop visibles. En résulte une épopée maritime bancale, sorte de croisement improbable entre Les Dents de la mer et L’Odyssée de Pi rallongé d’une pointe de survival. 3/5SA

Un + Une - AfficheUn + Une  de Claude Lelouch – 1h53 (Metropolitan)

Antoine ressemble aux héros des films dont il compose la musique. Il a du charme, du succès, et traverse la vie avec autant d’humour que de légèreté. Lorsqu’il part en Inde travailler sur une version très originale de Roméo et Juliette, il rencontre Anna, une femme qui ne lui ressemble en rien, mais qui l’attire plus que tout. Ensemble, ils vont vivre une incroyable aventure…

Lelouch semble nous refaire (une nouvelle fois) Un homme et une femme. On s’en voudrait de le déranger dans sa demeure située sur Sunset Boulevard. SG

Edit 12/04:2016 : On était un peu mauvaise langue lors de la sortie du film en salles puisque si Lelouch fait en effet dans la redite, c’est quand même avec une certaine classe qui tient à sa formidable direction d’acteurs. Dujardin et Zylberstein sont vraiment formidables à la fois en totale roue libre mais aussi cadrés au timing près par un cinéaste qui n’a décidément pas son pareil pour mettre en valeur les hommes et les femmes qui passent devant sa caméra. En plus ici sa réalisation est étrangement sobre laissant augurer que l’homme a remisé peut-être définitivement les effets de manche qui généralement abrutissaient ses films. Pas de musique tonitruante non plus si ce n’est celle signée Francis Lai qui sert totalement le propos certes peu crédible du film mais qui via sa signature sonore insistante mais non envahissante lui assigne une certaine émotion non feinte. 3/5

Vue sur mer - AfficheVue sur mer  de Angelina Jolie Pitt – 2h (Universal Pictures France)

L’arrivée de Roland et Vanessa, un couple américain dont le mariage traverse une crise, dans une station balnéaire tranquille et pittoresque dans la France des années 70.

La belle Angelina semble se piquer au jeu de la réalisation puisque cette Vue sur mer est déjà son deuxième long derrière la caméra en 2015 (et son troisième en trois ans avec Au Pays du sang et du miel sorti en février 2012). Bon sinon on ne va pas épiloguer des plombes vu que le résumé et la bande annonce sont là pour vous dire que le couple Jolie / Pitt c’est du solide. La preuve avec ce film qui fait office de thérapie de couples. Pour les lecteurs de Closer donc. SG

Comment c'est loin - AfficheComment c’est loin  de Orelsan et Christophe Offenstein – 1h30 (La Belle Company)

Après une dizaine d’années de non-productivité, Orel et Gringe, la trentaine, galèrent à écrire leur premier album de rap. A l’issue d’une séance houleuse avec leurs producteurs, ils sont au pied du mur : ils ont 24h pour sortir une chanson digne de ce nom.

La comédie (musicale) de la semaine. L’affiche est immonde et la bande annonce ne fait absolument pas rire. Débrouillez-vous avec ça. SG

Belle et Sébastien 2 - AfficheBelle et Sébastien : l’aventure continue de Christian Duguay – 1h37 (Gaumont)

D’après l’oeuvre de Cécile Aubry : Septembre 1945. Au village, on a fêté la fin de la guerre. Sébastien a grandi, il a maintenant 10 ans. Belle et lui attendent impatiemment le retour d’Angelina… Mais Angelina ne revient pas. Elle a disparu  dans un accident d’avion au cœur des forêts transalpines.

Avec plus de 3M d’entrées au compteur pour le premier volet, il était évident qu’une suite verrait le jour. Mais il n’y a pas de quoi crier au loup ici car si l’aventure reste aussi sincère et enfantine, petits et un peu plus grands s’y retrouveront à coup sûr une nouvelle fois. SG

Ni mieux ni moins bien que le premier sinon une nouvelle virée montagnarde bon enfant du mythique duo où tout le monde semble être, au mieux en pilotage automatique, au pire en roue libre : scénario (les retrouvailles forcément conflictuelles entre Sébastien et son père), la mise en scène (sans éclat), les comédiens (qui lisent leur texte). 2,5/5SA

Back Home - AfficheBack Home de Joachim Trier – 1h49 (Memento Films)

Alors que se prépare une exposition consacrée à la célèbre photographe Isabelle Reed trois ans après sa mort accidentelle, son mari et ses deux fils sont amenés à se réunir dans la maison familiale et évoquer ensemble les fantômes du passé…

Avant les attentats parisiens de novembre, le deuxième film de Joachim Trier a vu son titre se muer de Plus fort que les bombes en Back Home. On vit vraiment une époque formidable… Sinon, on n’a pas (encore) pu voir ce deuxième long signé par ce cinéaste norvégien découvert en France avec le déprimant Oslo, 31 août. Présenté en Compétition officielle lors du dernier festival de Cannes, il semblerait, si l’on se fie à la bande annonce, qu’il faille encore éviter de prendre un bain chaud avec un rasoir à portée de mains à l’issue de la projection. SG

Sinon y a aussi l’avis cannois de notre ami Nicolas Thys consultable en cliquant sur cette phrase.

Béliers - AfficheBéliers de Grímur Hákonarson – 1h33 (ARP)

Dans une vallée isolée d’Islande, deux frères qui ne se parlent plus depuis quarante ans vont devoir s’unir pour sauver ce qu’ils ont de plus précieux : leurs béliers.

Là aussi, on vous renvoie vers la très belle bafouille signée Nicolas Thys qu’il partagea avec nous lors de la découverte du film à Cannes.

Cafard - AfficheCafard de Jan Bultheel – 1h26 (Eurozoom)

1914. Jean Mordant, lutteur belge, triomphe à Buenos Aires au championnat du Monde. Au même moment, de l’autre côté de l’Atlantique, dans une rue sombre d’Ostende en proie à l’occupation, sa fille, Mimi, se fait abuser par une patrouille de soldats allemands. De retour chez lui, Jean fait le serment de la venger…

Allez, on va faire bosser le Film Français pour une fois :

Cafard - Article du Film FrançaisPour info, ce film d’animation atypique pas trop aimé par notre Nicolas Thys national, dispose de 4 copies dans la capitale sur un total de 20. Le cri d’alarme d’Eurozoom semble avoir donc été entendu. SG

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