Tangerine - Sorties Ciné

Sorties Ciné du 30 décembre 2015 : Tangerine Dream

Pas follement folichonne cette dernière semaine de l’année. Entre l’énième comédie française, le film auteurisant US (pléonasme pour biopic) avec plein de stars dedans, le vrai-faux film d’entre soit français avec la tête de gondole qui va bien (s’inspirant une nouvelle fois d’une histoire vraie) et les films indés du monde entier à moins de 50 copies que personne n’ira voir sinon les stagiaires des rédactions respectives, il y avait en effet de quoi digérer tranquilou sur son canapé une année 2015 qui n’a heureusement pas toujours montré cette face un peu délétère du cinéma. On y reviendra d’ailleurs très vite via notre top par rédacteurs. Mais d’ici là, « fiellons » (© Canteloup) ensemble si vous le voulez bien.

Pension Complète
Joy
Je Compte sur vous
Tangerine

Pension complète - AffichePension Complète de Florent Emilio Siri – 1h25 (StudioCanal)

François et Charlotte dirigent ensemble un hôtel-restaurant gastronomique au bord de la mer mais leur relation conjugale n’est pas au beau fixe : obsessionnel acharné, François veut sa première Étoile au Guide Michelin tandis que Charlotte, à l’aube de la quarantaine, ne rêve que d’un premier enfant. Cette situation, déjà compliquée, va littéralement exploser le jour où le premier mari de Charlotte, Alex, débarque dans leur vie alors que tout le monde le croyait mort dans le terrible tsunami de 2004…

« Si tu touches encore à ma femme je te mets au menu. Couille de connard en aïoli. T’as compris Gipsy King ? » Voici un monologue asséné par Franck Dubosc à l’attention d’un Gérard Lanvin qui tant bien que mal fait celui qui se réveille en sursaut en pleine nuit avec sous la gorge un couteau de cuisine. Vous pouvez vérifier c’est sur la BA ci-dessous. Du coup, la seule question qui vaille la peine de se poser est qu’est-ce que le réalisateur de Nid de guêpes est venu faire dans cette galère. SG

Avec son scénario écrit (à trois tout de même !) sur un coin de table, ses situations taillées à la serpe rarement drôles et souvent consternantes, et un face-à-face Lanvin – Dubosc qui n’arrive pas à la cheville du tandem Fernandel – Bourvil, ce remake sans saveur de La Cuisine au beurre sent complètement le cramoisi. On espère simplement qu’avec ce film de commande, Florent Siri, dont les talents de metteur en scène n’apparaissent que bien trop subrepticement au détour de quelques plans, aura pu, comme on dit dans le milieu, régler ses factures en souffrance afin de revenir prochainement aux commandes d’un film, d’un vrai ! 1,5/5SA

Joy - AfficheJoy de David O. Russell – 2h04 (Twentieth Century Fox)

Inspiré d’une histoire vraie, Joy décrit le fascinant et émouvant parcours, sur 40 ans, d’une femme farouchement déterminée à réussir, en dépit de son excentrique et dysfonctionnelle famille, et à fonder un empire d’un milliard de dollars. 

Un peu moins clinquant que American Bluff, un peu moins guimauve que Happiness Therapy mais tout aussi prévisible que Fighter, David O. Russell a décidément du mal à retrouver ce qui fut sa marque de fabrique avec Les Rois du désert entre humour noir, second degré et mise en scène jamais démonstrative. De plus, Joy est un sujet dont on se fout royalement même si l’on a bien compris les intentions. Redessiner le mythe de l’American Way of Life par le prisme d’une réalité que l’on pourrait qualifier d’augmentée. Nous, on préfère la vision scorsesienne. Question de talent sans doute. 2,5/5SG

Troisième film d’affilé pour le tandem David O’ Russell (derrière la caméra) – Jennifer Lawrence (devant) qui occupe cette fois toute seule comme une grande le haut de l’affiche pour les besoins de cette success story à l’américaine sur fond de serpillère révolutionnaire. Le résultat n’est ni meilleur ni moins bon que leurs précédentes collaborations, l’ensemble étant plutôt bien torché, tant dans la mise en scène que dans l’interprétation. Ce qui n’empêche pas une nouvelle fois de trouver l’ensemble un poil long et d’un intérêt modéré. 3/5SA

Je Compte sur vous - AficheJe Compte sur vous de Pascal Elbé – 1h38 (Rezo Films)

Un homme, un téléphone portable, plusieurs millions d’euros dérobés, une quarantaine d’établissements bernés. Drogué à l’adrénaline que ses arnaques lui procurent, Gilbert Perez manipule et trompe ses victimes avec brio en se faisant passer tour à tour pour leur président puis un agent de la DGSE.

On se souvient du premier long en tant que réal signé Pascal Elbé. Tête de Turc que cela s’appelait et franchement le regard porté sur la banlieue et l’histoire que cela racontait étaient loin d’être inintéressant. Avec Je Compte sur vous, on dégringole clairement de deux crans pour donner lieu à un film sans âme, sans tessiture et sans véritable point de vue. Un film un peu mort-né qui s’appuie un peu trop sur sa tête d’affiche qu’est Vincent Elbaz qui en fait des tonnes pour nous convaincre qu’il est bien cet escroc à la langue bien pendue. Tout ça est un peu vain avec comme seule perspective de se retrouver bien vite enterré dans le gigantesque et anonyme cimetière de la production cinématographique française. 1,5/5SG

Tangerine - AfficheTangerine de Sean Baker – 1h26 (ARP)

24 heures dans la vie d’une drôle de Cendrillon qui traverse la cité des anges à la recherche de sa rivale.

Saluons, dans un premier temps, ARP d’avoir eu envie de soutenir ce film qui fit le buzz, début 2015, au festival de Sundance. Malheureusement, les exploitants n’ont semble-t-il pas eu le même enthousiasme puisque seulement deux copies, de surcroît parisiennes, sont en circulation. Tourné avec des iPhone 5s optimisés avec des optiques anamorphiques, Tangerine n’a pas grand chose à raconter mais s’autorise une réalisation extrêmement habile, efficace et alerte lui donnant un sentiment d’âpre immédiateté loin d’être désagréable. Cela, ajouté à une photo extrêmement travaillée à la température de couleur exagérément chaude et des dialogues pour le moins « fleuries »,  finit par ancrer le film dans une sorte de conte formel dont on peut comprendre qu’il ait pu avoir sa place dans un festival comme Sundance. C’est à la fois sa force et ses limites. 3/5 SG

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