Carol

Sorties Ciné du 13 janvier 2016 : Proche du Paradis

Les sorties ciné de la semaine n’ont que peu de points communs entre elles sinon qu’il y a là de quoi passer quelques heures de haute volée bien calé dans des fauteuils rouges qui vont bien. C’est en effet assez rare pour le souligner mais il y a pléthore de choix de qualité. Entre une comédie française haut de gamme (non pas Tout Schuss), un retour réussi de la franchise Rocky, une nouvelle belle découverte en provenance du dernier festival de Cannes, un peu de cinéma de genre français ou encore une anime par le papa des Enfants loups… Bref, le spectre est large et il n’y a qu’à se baisser pour se faire plaisir. Petit tour du proprio sourire aux lèvres.

Creed – L’Héritage de Rocky Balboa
Tout schuss
Arrête ton cinéma !
Et ta sœur
Le Garçon et la Bête
Carol
Randonneurs Amateurs
– Night Fare

Creed - AfficheCreed – L’Héritage de Rocky Balboa de Ryan Coogler – 2h44 (Warner Bros. France)

Adonis Johnson n’a jamais connu son père, le célèbre champion du monde poids lourd Apollo Creed, décédé avant sa naissance. Malgré tout, il a de toute évidence la boxe dans le sang et il se rend donc à Philadelphie, là même où Apollo Creed a affronté un adversaire ambitieux, Rocky Balboa…

Un petit tour vers notre critique en cliquant ici. Ce serait bien urbain merci et surtout vous ne le regretterez pas (oui j’ai fait commercial dans une précédente vie). 3,5/5SG

Quarante ans après l’original, Balboa passe le flambeau. Et si tout ceci fleure un peu trop le « Rocky version black » avec un décalque certes habille mais néanmoins évident de l’intrigue et des enjeux dramatiques du film de 1976, le tout n’en demeure pas moins très intéressant à suivre (bien qu’un chouia longuet, 15/20min en moins n’aurait pas été de refus). En attendant la suite, déjà prévue pour l’an prochain… 3,5/5SA

Tout Schuss - AfficheTout schuss de François Prévôt-Leygonie et Stephan Archinard – 1h36 (SND)

Max Salinger, écrivain divorcé, flamboyant et égocentrique, refuse d’accueillir sa fille de 15 ans sous son toit. Pour se venger, elle lui vole son dernier manuscrit et file en classe de neige. Pour récupérer son bien, Max n’a alors pas d’autre choix que de débarquer dans la station de ski en s’improvisant « parent accompagnateur ».

Les deux réals nous avaient proposé Amitiés sincères, un premier film plutôt sympathique qui pour un budget très raisonnable (un peu plus de 5M d’euros) engrangeait 863 871 entrées. Pas gagné qu’avec ce deuxième long, ils réitèrent « l’exploit » (les premiers chiffres 24h l’attestent avec 56 530 entrées contre 20 679 ici pour un nombre de copies multiplié par trois). À leur crédit, le budget de leur deuxième long ne s’envole pas malgré la tête de gondole Garcia qui de toute façon aligne les déconvenues ces derniers temps. Entre le Fonzy, remake foireux de l’excellent Starbuck réalisé par sa femme, le pénible Vive la France qui avait atteint avec peine 1 107 835 entrées alors que Michael Youn trônait à ses côtés pour un budget à plus de 15M d’euros, ou encore Chez Gino, le film signé Samuel Benchetrit budgetisé à plus de 7M d’euros et ses seulement 104 007 entrées, on est loin de l’âge d’or de l’acteur. On mettra de côté Les Seigneurs et autre Vérité si je mens 3 qui sont des films chorales. Il faut dire enfin que la bande annonce ne donne absolument pas envie ce qui pour une comédie est plus que problématique.

Edit 03/08 : 532 989 entrées au final. Pas bézef donc surtout au regard des 378 copies mises en circulation dès la première semaine d’exploitation. Et de toute façon le film ne mérite pas plus (c’est même trop) tant on est face à quelque chose d’ultra balisé avec un Garcia qui en fait des tonnes sans jamais mais alors jamais convaincre. Un sous produit comme seul le cinéma français a le talent de produire en ce moment. Misère intellectuelle et des zygomatiques. 0,5/5SG

Arrête ton cinéma - AfiicheArrête ton cinéma ! de Diane Kurys – 1h30 (Bac Films)

C’est dans l’enthousiasme que Sybille démarre l’écriture de son premier film. Actrice reconnue, elle va passer pour la première fois de l’autre côté de la caméra. Tout semble lui sourire. Ses productrices Brigitte et Ingrid sont deux personnages loufoques mais attachants et Sybille se jette avec elles dans l’aventure, mettant de côté sa vie familiale.

Diane Kurys œuvre au sein du cinéma français depuis 1977 avec Diabolo Menthe, un film autobiographique multi diffusé à la téloche ayant acquis un statut quelque peu emblématique du septennat giscardien. Depuis, elle a enchaîné une dizaine de longs dont La Baule-les-Pins  ou L’Anniversaire qui sortent un peu du lot. Arrête ton cinéma ! bénéficie d’une affiche d’une laideur éprouvée mais d’un sujet qui, s’il est bien traité, peut faire mouche. Mais pourquoi en doute-t-on ? SG

Et ta soeur - Affiche Et ta sœur de Marion Vernoux – 1h35 (Le Pacte)

Pierrick est encore sous le coup de la disparition récente de son frère. Alors pourquoi ne pas accepter l’invitation de Tessa, sa meilleure amie, dans sa maison familiale afin de passer une semaine seul à méditer sur sa vie ?

Certainement la comédie du mois voire plus si affinité. On en cause avec enthousiasme ici. Si vous voulez donc bien vous donner la peine. 4/5SG

Si l’intrigue ne réserve aucune surprise puisque calée à l’identique sur l’original US, il n’en demeure pas moins vrai que ce remake français (pour une fois que c’est nous qui pompons sur les ricains et non l’inverse) est aussi drôle et touchant que l’original. Un exploit que l’on doit autant à l’interprétation du trio Efira – Nakache – Ludig qu’à la mise en scène, plus inspirée que la version « sundancienne ». 4/5SA

Le Garçon et la bête - Affiche pour Sorties CinéLe Garçon et la Bête de Mamoru Hosoda – 1h58 (Gaumont)

Shibuya, le monde des humains, et Jutengai, le monde des Bêtes… C’est l’histoire d’un garçon solitaire et d’une Bête seule, qui vivent chacun dans deux mondes séparés. Un jour, le garçon se perd dans le monde des Bêtes où il devient le disciple de la Bête Kumatetsu qui lui donne le nom de Kyuta. 

Une anime japonaise qui sort sur 162 copies… Il fallait tout de même oser et Gaumont l’a fait. Sur les premières 24h, le nouveau Mamoru Hosoda réunit 5 481 fans. Pas bézef mais il faut saluer et la volonté du distributeur et l’enthousiasme des exploitants. Quant à nous, on n’est pas un grand fan du travail du réal. Mais que cela ne vous empêche pas d’aller y jeter un œil surtout si vous faites grand cas des Enfants loups, Summer Wars ou encore La Traversée du temps. SG

Edit : Une anime au souffle épique que mon mini moi m’a fait découvrir (il y a un début à tout) et franchement je l’en remercie. On y trouve en effet tous les ingrédients propres à réunir pré-ados et adultes. Souffle épique donc, histoire magistrale et bien entendu une animation à tomber à la renverse. La très belle découverte de l’année a posteriori… 3,5/5SG

Carol - AfficheCarol de Todd Haynes – 1h58 (UGC Distribution)

La relation entre deux femmes que tout oppose, dans le New York des années 50 : une jeune vendeuse qui rêve d’une vie plus épanouissante, et une épouse piégée dans un mariage sans amour.

Séance de rattrapage. Mea culpa, tout ça tout ça… Mais bon, histoire de meubler, le dernier prix d’interprétation féminine à Cannes pour Rooney Mara réalise en une journée 21 679 entrées sur 144 copies. Un excellent démarrage. SG

Randonneurs amateurs - AfficheRandonneurs Amateurs (A Walk in the Woods) de Ken Kwapis – 1h45 (Metropolitan)

Après avoir passé deux décennies en Angleterre, Bill Bryson retourne aux États-Unis. Il décide alors de partir pour une randonnée dans les Appalaches our renouer avec son pays avec un compagnon de fortune mais aussi un ami qu’il n’avait plus revu depuis ses plus jeunes années.

Un face à face Nick Nolte / Robert Redford plutôt sympathique et crédible. Surtout Nick Nolte qui n’en finit pas de se bonifier en vieillissant. L’histoire est on ne peut plus banale mais déroule sa pelote agréablement, sans heurts et sans surprises. Mais bon, pas la première destination à découvrir dans les salles d’autant que le film est dispo en DVD et en Blu-ray dans son pays d’origine. La distribution selon Metropolitan reste toujours autant une énigme. 3/5 – SG

Nightfare - AfficheNight Fare de Julien Seri – 1h20 (Kanibal Films Distribution)

Luc et Chris, son ami anglais, montent dans un taxi pour rentrer chez eux après une soirée parisienne bien arrosée. Arrivés à destination, ils s’enfuient sans payer la course. Ils sont tombés sur le mauvais chauffeur… Le taxi va se mettre en chasse toute la nuit. Mais, est-ce vraiment l’argent qu’il veut ?

On en parle longuement ici avec le réal Julien Seri qui nous a offert plus d’une heure de son temps pour venir confronter son travail et ses convictions face à notre scepticisme. Après, que l’on aime ou non, Night Fare raconte aussi une histoire en creux. L’indigence économique du cinéma de genre en France qui est tragique surtout quand on compare avec ce qui se fait en Espagne ou en Angleterre. Et que dire des États-Unis ? SG

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