Anomalisa

Sorties Ciné du 03 février 2016 : Le rêve américain

Pas gégène les sorties ciné de la semaine qui n’incitent en effet à ne pas trop se décoller le séant du canapé. Entre un remake tout moisi de Point Break de Bigelow que l’on n’a pas vu (de toute façon on n’a pas été invité), des Tuche qui font rire Télérama (tout fout le camp ma bonne dame), un clown nègre qui sent bon la reconstitution naphta et un papy on the verge, y a de quoi se tirer une balle. Heureusement, notre Stéphane national a relevé le niveau en encensant le biopic consacré à l’Iphone 6S et que du 3 au 7 février a eu lieu la 4ème édition du Festival International du Film Restauré dit aussi Toute la Mémoire du monde où l’on a pu entre autres belles choses redécouvrir Morocco  de Josef von Sternberg qui est distribué par Ciné Sorbonne sur deux copies parisiennes issues d’une restauration 4K. Now You’re talking.

Les Tuche 2 – Le rêve américain
Chocolat
Point Break
Dirty Papy
Steve Jobs
Anomalisa
Morocco

Les Tuche 2 - AfficheLes Tuche 2 – Le rêve américain de Olivier Baroux – 1h34 (Pathé)

À l’occasion de l’anniversaire de « coin-coin », le benjamin de la fratrie, la famille Tuche part le retrouver aux États-Unis : les choses ne vont pas se passer comme prévu, mais alors pas du tout.

Je laisse la parole à mon ami Stef : « Je ne me rappelle même pas ce qui se passait dans le premier. C’est dire si ce film m’a marqué. Alors le 2 ! Rattrapage vidéo… peut-être. » Je précise sinon, j’y tiens, que je n’ai pas vu le premier. Stéphhane Argentin et SG

Ça démarre plutôt pas trop mal au cours des 45 premières minutes plutôt marrantes qui opposent une certaine image de la France « populo » avec quelques railleries socio-politiques assez bien senties : « Travaillez moins pour gagner plus » ou encore « Qu’est-ce que je vais devenir, je suis une femme de footballeur professionnel ». Mais ensuite, sitôt les Tuche établis aux States, le film rame et ne fait plus franchement rire jusqu’à un final moralisateur de bas-étage : « L’argent c’est mal ! Vive la famille, l’écologie et le mariage pour tous ». Mouais ! Si on veut. 2/5 – SA

Chocolat - AfficheChocolat de Roschdy Zem – 1h50 (Gaumont)

Du cirque au théâtre, de l’anonymat à la gloire, l’incroyable destin du clown Chocolat, premier artiste noir de la scène française. 

Un peu par hasard, on était tombé sur un des lieux du tournage du film dans le 14ème à Paris. L’occasion pour nous de réaliser alors un petit reportage photos qui donnait déjà le ton d’un film qui prend sa source sur de bonnes intentions historiques mais qui semble trop bien rappeler comment notre cinéma peut sentir la naphtaline  quand il s’agit de travailler en costumes d’époque. Un rattrapage ne s’impose même pas. SG

Point Break 2015 - AffichePoint Break de Ericson Core – 1h53 (SND)

Une série de braquages spectaculaires aux quatre coins du monde met en péril l’équilibre des marchés financiers. Les criminels opèrent aussi bien en motos dans des gratte-ciels new yorkais qu’en « wingsuits » pour s’échapper d’avions au-dessus de la jungle. 

Être un très bon chef op qui sait faire des Shots ne fait pas obligatoirement un bon metteur en scène… Un film ultra spectaculaire mais vide de sens et d’émotion. Le film de Bigelow est et restera culte… Ce remake stupide finira dans les chiottes. Julien Seri sur sa page FB

Dirty Papy - AfficheDirty Papy de Dan Mazer – 1h42 (Metropolitan)

Alors qu’il est sur le point d’épouser sans conviction la fille de son patron, Jason (Zac Efron), un jeune avocat un peu coincé, se fait embarquer par son grand-père (Robert De Niro) dans un road trip déjanté jusqu’en Floride pour le Spring Break. Personnage haut en couleur et totalement dévergondé, Dick est bien décidé à apprendre à son petit-fils ce que veut dire profiter de la vie…

De Niro qui cachetonne aux côtés de Zac Efron. Merci, mais non. SA

Refaites vous la bande annonce en boucle qui doit certainement comporter les « meilleurs » moments du film. SG

Steve Jobs - Affiche FranceSteve Jobs de Danny Boyle – 2h02 (Universal Pictures International France)

Dans les coulisses, quelques instants avant le lancement de trois produits emblématiques ayant ponctué la carrière de Steve Jobs, du Macintosh en 1984 à l’iMac en 1998, le film nous entraîne dans les rouages de la révolution numérique pour dresser un portrait intime de l’homme de génie qui y a tenu une place centrale.

On précise que la critique vers laquelle nous vous renvoyons allègrement a été écrite dans un train entre Paris et SA province depuis un Ipad Mini. Impossible donc pour Stéphane de dire du mal du film. SG

Anomalisa - AfficheAnomalisa de Charlie Kaufman et Duke Johnson – 1h31 (Paramount)

Le premier film en stop-motion de Charlie Kaufman centré sur Michael Stone, un homme paralysé par la banalité de sa vie et qui fait la délicieuse rencontre de Lisa lors d’un voyage d’affaires.

Une nouvelle séance de psychanalyse signée Charlie Kaufman, cette fois-ci en stop-motion. Kaufman y dissèque à nouveau les dysfonctionnements des individus face à eux-même, aux regards des autres et à la société en général avec comme fil conducteur les relations sentimentales, auxquelles s’ajoutent une bonne dose de sexe par l’entremise d’une séquence aussi gauche que touchante. D’une justesse imparable sur le fond, la forme pourra, en revanche, en déconcerter une nouvelle fois plus d’un dès lors que la narration louvoie du côté de métaphores toutes « kaufmaniennes ». 3,5/5SG

Coeurs Brulés (Morocco) - Affiche française 1930Morocco (Cœurs Brulés) de Josef von Sternberg – 1h32 (Pathé) – Première sortie le 1er septembre 1931

Sur le point de s’engager avec un peintre, Amy Jolly, une chanteuse de cabaret, tombe amoureuse d’un légionnaire, Tom Brown, alors qu’elle se produit dans un établissement marocain. Celui-ci refuse d’abord ses avances…

Redécouverte en copie restaurée d’un film tout simplement incroyable. Faux film d’aventure exotique, vrai film d’amour retors, il fit découvrir Marlene Dietrich à une Amérique immédiatement sous le charme qui lui gratifia dans la foulée sa première nomination aux Oscars. Ce qui impressionne surtout (et toujours) est la langueur de l’action, le cynisme des dialogues et des non-dits, la dureté de la mise en scène qui ne caresse jamais le spectateur dans le sens du poil tout en se permettant de magnifiques mouvements de caméra (ahhh ce travelling de dingue qui suit une Marlene Dietrich remontant une colonne de soldats fourbus à la recherche éperdue de son légionnaire peut-être blessé) et ce N&B d’où suinte la brûlure de ces cœurs pourtant déjà meurtris par la vie. On est à la limite de l’épure façon Dreyer et pourtant il s’agit bien d’un film de Studio hollywoodien. On attend le Blu-ray de pied ferme. 4/5SG

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