Le Convoi Sauvage

Sorties Ciné du 24 février 2016 : Sarafian en Patron !

Les sorties ciné de la semaine se résument à deux films. Deux propositions aux antipodes l’une de l’autre qui font au demeurant tout le sel de notre offre cinoche. D’un côté, il y a bien entendu The Revenant du mexicain Alejandro González Iñárritu qui vient d’être honoré de l’Oscar du meilleur réal en compagnie de Leo DiCaprio et d’Emmanuel Lubezki à la photo toute malickienne. Que l’on soit dubitatif ou enthousiaste, The Revenant ne laissera assurément personne insensible. Dans l’absolu c’est le minimum que l’on demande à un film. À l’autre bout, il y a Merci Patron !, un doc qui à sa manière cartonne au box office. Et comme cela parle de la lutte séculaire du pot de terre (un couple d’ouvriers qui voit leur usine de textile délocalisé en Pologne) contre le pot de fer (Groupe LVMH), nous on dit que le public de cinéma français n’est pas totalement perdu.

The Revenant
Pattaya
The Finest Hours
Tempête
Nahid
Merci Patron !
Je ne suis pas un salaud
Le Convoi sauvage

The Revenant - Affiche FRThe Revenant de Alejandro González Iñárritu – 2h36 (Twentieth Century Fox France)

Dans une Amérique profondément sauvage, Hugh Glass, un trappeur, est attaqué par un ours et grièvement blessé. Abandonné par ses équipiers, il est laissé pour mort. Mais Glass refuse de mourir.

Un petit tour vers notre critique ne vous fera pas de mal bande de mécréants. 3/5SG

Si la maestria formelle d’Iñárritu n’est plus à démontrer depuis fort longtemps comme en attestent une fois de plus ces nombreux et fulgurants plans séquences (cf. la scène, appelée à devenir sans doute anthologique, de l’attaque de l’ours), le bonhomme a tendance à s’égarer par endroits dans des circonvolutions / métaphores visuelles qui, non contentes de lorgner du côté d’un certain Terrence Malick (quoi ne plus normal puisque les deux réalisateurs « partagent » le même directeur de la photographie : Emmanuel Lubezki), risquent sans doute de décrocher quelques bâillements polis sur la durée (2h35). Le résultat final n’en demeure pas moins d’une grande force tant formelle que thématique au travers de la destinée du personnage à mi-chemin entre le survival et le revenge movie et, plus généralement celle des native americans. 3,5/5SA

Pattaya - AffichePattaya de Franck Gastambide – 1h37 (Gaumont Distribution)

Franky et Krimo rêvent de quitter la grisaille de leur quartier pour partir en voyage dans la célèbre et sulfureuse station balnéaire thaïlandaise de PATTAYA. Pour pouvoir s’y rendre à moindre coût, les deux amis ont la folle idée d’inscrire à son insu le nain de leur quartier au championnat du monde de Boxe Thaï des Nains.

À la lecture du résumé, on se dit que l’on est décidément trop vieux pour ce genre de conneries. On vous laisse donc en compagnie du teaser ci-dessous et l’on revient vous parler de tout cela dans 10 ans. Tcho. SG

Edit 12/07/2016 : Bon en fait il nous aura fallu moins de 10 ans pour le rattraper. Tout ça à cause de notre collègue mais néanmoins ami Didier qui m’a supplié d’en demander un exemplaire Blu-ray à la Gaumont. Résultat, pas pu m’empêcher d’y jeter un œil et comme je ne sais pas regarder ce genre de film en repassant mes fringues et/ou en faisant la cuisine comme Stef ou en accélérant les passages chiants comme Didier (ce qui peut en ramener la durée d’un métrage à moins de 15 minutes parfois. Il est très fort Didier à ce jeu là), je me suis enfoncé dans mon canapé en souriant une fois ou deux et en me faisant la réflexion (oui cela m’arrive) que putain Les Kaïra, le premier long de Franck Gastambide, tenait du véritable miracle. Quoi qu’il en soit, avec Pattaya qui n’est qu’une sorte de copycat foireux, il double la mise en passant de 1 à 2M d’entrées. Autant dire que l’on n’a pas fini d’en bouffer de cet humour tendance scato aux dialogues aussi puissants que répétitifs à la sauce putain de ta mère. 1,5/5

Exception faite d’une ou deux blagues (satire de la télé-réalité, port du voile, hommage au Kickboxer de JCVD), ce spectacle calibré pour un certain type de public (celui des banlieues) est tout simplement consternant. 6M d’euros de budget et 2M d’entrées salles, c’est 8 de trop. 0,5/5Stéphane Argentin

The Finest Hours - AfficheThe Finest Hours de Craig Gillespie – 1h57 (The Walt Disney Company France)

En 1952, suite au naufrage de deux pétroliers sur une côte américaine, des garde-côtes lancent une périlleuse opération de sauvetage…

Loin d’être le film du siècle et encore moins de la semaine, The Finest Hours reste quelque chose de plaisant à regarder bien que bien vite oublié. Classique dans sa mise en scène et dans le traitement de son histoire vraie, il a en fait contre lui une « tare » quasi préjudiciable. Son ADN est bien trop ricaine pour pouvoir s’exporter ainsi de nos jours. D’ailleurs, la branche française de Disney l’a bien compris en déployant une campagne promo on ne peut plus discrète. 2,5/5SG

Au gré de séquences qui fleurent plus ou moins bon le CGI à plein nez, on décèle de très forts relents de Titanic (le chef-d’œuvre de James Cameron) ou encore d’En pleine tempête (le très bon film de Wolfgang Petersen). Et si le périple pour ramener ces naufragés à bon port n’a rien de transcendant, l’ensemble se laisse néanmoins suivre sans déplaisir. 3/5 – SA

Tempête - AfficheTempête de Samuel Collardey – 1h29 (Ad Vitam)

À 36 ans, Dom est marin pêcheur en haute mer et ne rentre que quelques jours par mois à terre. En dépit de ses longues absences, il a la garde de ses deux enfants. Dom fait tout pour être un père à la hauteur. Il rêve même d’avoir sa propre affaire, un petit bateau de pêche à la journée qu’il exploiterait avec son fils.

Second film de la semaine dont une partie de l’action se passe en mer. Par contre la tempête du titre se passe bien à terre si l’on se réfère à l’histoire et à la bande annonce. Bref, du film d’auteur à la française qui parle de couple, de garde d’enfants et d’un marin qui veut s’extirper de son quotidien tout pourri et anxiogène. Cela donne envie. Résultat : 20 466 entrées sur 64 copies en première semaine. Voilà qui s’appelle un bel enterrement maritime. SG

Nahid - AfficheNahid de Ida Panahandeh – 1h44 (Memento Films Distribution)

Nahid, jeune divorcée, vit seule avec son fils de 10 ans dans une petite ville au bord de la mer Caspienne. Selon la tradition iranienne, la garde de l’enfant revient au père mais ce dernier a accepté de la céder à son ex femme à condition qu’elle ne se remarie pas…

Le Prix Spécial du Jury à Un Certain Regard lors du dernier festival de Cannes sort dans l’indifférence quasi générale. Pourtant, il s’agit là du premier film d’une cinéaste iranienne qui aborde la condition des femmes au Moyen-Orient et plus précisément ici leur dur quotidien en Iran via le personnage de Nahid. On ne fait que répéter car on ne l’a pas vu. Pour autant le film semble avoir trouvé son public avec 34 297 entrées sur seulement 54 copies. La savoir-faire du distributeur Memento (Taxi Téhéran, Winter Sleep, Black Coal, Ida…) reste entier. SG

Merci Patron - AfficheMerci Patron ! de François Ruffin – 1h24 (Jour2fête)

Pour Jocelyne et Serge Klur, rien ne va plus : leur usine fabriquait des costumes Kenzo (Groupe LVMH), à Poix-du-Nord, près de Valenciennes, mais elle a été délocalisée en Pologne. Voilà le couple au chômage, criblé de dettes, risquant désormais de perdre sa maison.

48 391 entrées sur 39 copies, c’est on ne peut plus revigorant et prouve que le français sait aussi se mobiliser dans les salles de cinoche autrement que pour du survival en nature hostile ou du combat au sabre laser. Pourvu que ça dure. Ah et oui du coup on se sent comme con de ne pas l’avoir encore vu… Pas taper merci. SG

En tirant à boulet rouge mais non sans une extrême précision, Merci Patron ! dénonce les conséquences de la crise économique et du chômage qui mettent au rebut des millions de petites gens au profit des grosses huiles qui continuent impunément à s’enrichir, inaccessibles qu’ils sont aux côtés de nos chers élus dans leurs tours d’ivoire ; le tout dans un style aussi corrosif que détonnant, à mi-chemin entre un humour à la Michael Moore et un Surprise sur prise ! façon Marcel Béliveau. 3,5/5Stéphane Argentin

Je ne suis pas un salaud - AfficheJe ne suis pas un salaud de Emmanuel Finkiel – 1h51 (Bac Films)

Lorsqu’il est violemment agressé dans la rue, Eddie désigne à tort Ahmed, coupable idéal qu’il avait aperçu quelques jours avant son agression. Alors que la machine judiciaire s’emballe pour Ahmed, Eddie tente de se relever auprès de sa femme et de son fils et grâce à un nouveau travail.

On demande à voir car Duvauchelle a quand même bien la tête de l’emploi sur l’affiche d’une rare laideur. Mais nooooon Sandy, comme l’a dit si bien Foresti aux César, ne pas confondre la partition interprétée et l’acteur qui endosse le rôle. On demande à voir. Ah ben non. 1h51 de Duvauchelle c’est totalement rédhibitoire. SG

Le Convoi sauvage - Affiche FRLe Convoi sauvage de Richard C. Sarafian – 1h45 (Warner Bros. France)

Au 19ème siècle, un trappeur est laissé pour mort après avoir été blessé par un ours. Tout en tentant de survivre dans la nature, il cherche à se venger de ses ex-compagnons…

Toujours préférer l’original… 4/5SG

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