The Neon Demon - Image une Sorties Ciné

Sorties Ciné du 8 juin 2016 : Only Gods could forgive this week

Si l’on se plaignait la semaine dernière de la pauvreté attractive des sorties ciné, que dire de ce 8 juin. Quatre comédies françaises. Certaines à tendance dramatique (double fond sémantique detected). Le dernier Julio Medem avec Penélope Cruz en instit qui perd son emploi, divorce et est atteinte du cancer du sein… Oh les mecs, vous n’avez pas trouvé plus noir ou meilleure contre programmation à l’attention des meufs qui ne veulent pas se taper de l’Euro de foot à la télé ? Et puis il y a le Refn. Nico, notre globe trotteur cannois avait aimé. Mais on se méfie un peu de ses goûts à la rédac et puis comme par hasard on a eu un empêchement pour la projo de presse. On ne sait donc pas si le bougre d’origine danoise nous prend pour des cons ou s’il est le visionnaire majoritairement incompris qui aura marqué ce début de siècle cinématographique. De toute façon ce qui nous importe en ce moment c’est si Payet va continuer sur sa lancée. Le reste…

Box office France - Week-end du 8 au 12 juin 2016Box office France – Week-end du 8 au 12 juin 2016 – Sources CBO

Bienvenue à Marly-Gomont - AfficheBienvenue à Marly-Gomont de Julien Rambaldi (France) – 1h36 (Mars Films)

En 1975, Seyolo Zantoko, médecin fraichement diplômé originaire de Kinshasa, saisit l’opportunité d’un poste de médecin de campagne dans un petit village français.  Arrivés à Marly-Gomont, Seyolo et sa famille déchantent. Les habitants ont peur, ils n’ont jamais vu de noirs de leur vie.

On avoue avoir souri à la vision de la bande annonce. Mais en même temps on a comme souvent l’impression d’y avoir vu tout le film qui par ailleurs semble pétri de bonnes intentions, sympathique et dans le politiquement correct du moment où le vivre ensemble est au sommet de la pyramide. On s’en voudrait de casser l’envie de ceux qui voudront le découvrir en salles. Dont acte. SG

 

The Neon Demon - Affiche defThe Neon Demon de Nicolas Winding Refn (Danemark) – 1h57 (The Jokers / Le Pacte)

Une jeune fille débarque à Los Angeles. Son rêve est de devenir mannequin. Son ascension fulgurante, sa beauté et sa pureté suscitent jalousies et convoitises. Certaines filles s’inclinent devant elle, d’autres sont prêtes à tout pour lui voler sa beauté.

Lire notre avis cannois par Nicolas Thys4/5

Au-delà de la chronique grinçante sur l’univers du mannequinat où jeunesse, anorexie et bistouri sont le triumvirat quasi-imparable et où les égos souvent surdimensionnés sont inversement proportionnels aux mensurations rachitiques, NWR nous offre surtout à voir, comme le laissait déjà présupposer la bande-annonce, un long défilé d’images (et de sons) mis en scène avec une maestria qui n’est plus à démontrer et qui entend nous conter une fable horrifique où l’expression « bouffer ou se faire bouffer » est prise au pied de la lettre. Encore faut-il adhérer au style elliptique bardé de métaphores du bonhomme. 3/5 – Stéphane Argentin

 

La Nouvelle vie de Paul Sneijder - AfficheLa Nouvelle vie de Paul Sneijder de Thomas Vincent (Canada – France) – 1h54 (SND)

Suite à un rarissime accident, Paul Sneijder ouvre les yeux sur la réalité de sa vie de « cadre supérieur » à Montréal : son travail ne l’intéresse plus, sa femme l’agace et le trompe, ses deux fils le méprisent… Comment continuer à vivre dans ces conditions ?

C’est l’histoire d’un gars qui pour reprendre pied s’improvise babysitteur de chiens à Montréal. On a vu pitch plus alléchant et son réalisateur Thomas Vincent derrière des projets bien plus ambitieux comme, au hasard, Mister Bob et surtout S.A.C. : des hommes dans l’ombre quand il œuvrait pour Canal et sa case Créations originales. On ne peut ainsi s’empêcher de penser que depuis le talent du cinéaste se dilue malheureusement quelque peu dans des films sans aspérités. Surtout quand on a en tête Karnaval,  son premier long de cinéma datant de 1998 qui demeure du coup un essai de maître sans suite. SG

Vicky - AfficheVicky  de Denis Imbert (France) – 1h28 (Gaumont Distribution)

À presque 30 ans, Victoire la petite dernière de la célèbre famille Bonhomme, l’éternelle enfant sage de la tribu, décide enfin de s’émanciper en découvrant l’alcool, le sexe, et… sa voix.

Avec la meilleure des mauvaises foi possible, là je sèche et je ne vois pas ce que je pourrais dire d’intelligemment malhonnête sur ce film. Ah si quand même. Victoria Bedos (la fille de donc) qui est l’interprète principale du film (mais aussi la scénariste) et dont apparemment Vicky retracerait un tantinet sa jeune existence, a cru bon de clasher la semaine dernière les organisateurs des César en se plaignant du traitement qui lui fut réservé lors de la dernière cérémonie où elle fut invitée en tant que co-scénariste de La Famille Bélier. Y a pas de mauvaise com ma bonne dame, juste de la com… SG

Folles de joie - AfficheFolles de joie (La Pazza Gioia)  de Paolo  Virzì (Italie – France) – 1h56 (Bac Films)

Béatrice est une mythomane bavarde au comportement excessif. Donatella est une jeune femme tatouée, fragile et introvertie. Ces deux patientes de la Villa Biondi, une institution thérapeutique pour femmes sujettes à des troubles mentaux, se lient d’amitié. Une après-midi, elles décident de s’enfuir bien décidées à trouver un peu de bonheur dans cet asile de fous à ciel ouvert qu’est le monde des gens « sains».

On ne va pas se mentir. La perspective de voir Valeria Bruni Tedeschi dans un rôle totalement azimuté qui doit certainement lui aller comme un gant est au-dessus de nos forces. Non que l’on n’apprécie pas l’actrice aux talents plus que certains, Ma Loute le mois dernier l’a encore prouvé, mais à l’évidence, les névroses affichées ici ne sont pas anodines et semblent refléter ceux souvent entraperçues tout au long de sa riche carrière. Une mise en abyme qui nous semble un peu facile et qui d’ailleurs n’a pas fait d’étincelles au dernier festival de Cannes où le film était en compétition à la Quinzaine des réalisateurs. SG

Ma Ma - AfficheMa Ma de Julio Medem (France) – 1h51 (KMBO)

Magda est institutrice. Alors qu’elle vient de perdre son emploi et de se séparer du père de son petit garçon, on lui diagnostique un cancer du sein. Plutôt que de sombrer dans le désespoir, elle décide de partager des moments agréables avec ses proches…

Si vous avez besoin de cultiver votre dépression du moment, ce film a donc été réalisé pour vous. Pour le reste, histoire de balancer quelque chose de malin mais soufflé par un ami depuis sa page facebook, on fera remarquer que l’affiche ressemble furieusement à celle que Pathé avait créée en 2006 pour la sortie française de Volver de Pedro Almodóvar. Soit chez le distributeur KMBO on s’en n’est pas rendu compte, soit on a l’imagination en berne. L’un dans l’autre, le film n’a certainement pas aidé. SG

Peshmerga - AffichePeshmerga de Bernard-Henri Lévy (France) – 1h32 (Ad Vitam)

De juillet à décembre 2015, avec une équipe de cinéma, Bernard-Henri Lévy a remonté les 1000 kilomètres de la ligne de front qui sépare le Kurdistan irakien des troupes de Daech. De ce voyage est issu un journal de bord en images qui offre un point de vue privilégié sur une guerre inachevée…

Moi, un type qui ose se fendre d’une critique élégiaque d’un film unanimement reconnu comme étant un étron intersidéral pour faire plaisir à un pote réalisateur (enfin réalisateur, c’est vite dit), j’ai un peu de mal. Après, il est évident que l’homme est un animal médiatique doué d’une intelligence au-dessus du lot. Mais au service de quoi met-il tout cela en branle sinon pour à l’évidence se mettre en valeur. Peut-être qu’il y a dans tout cela et dans ce doc un fond de vérité, une véritable envie de bien faire et de bien montrer. Mais le vers semble tellement dans le fruit que le doute sera toujours là. Comme si BHL ne symbolisait que trop bien notre humanité et cet Adam de la pomme croquée. SG

Stalker - AfficheStalker de Andreï Tarkovski (U.R.S.S. – Allemagne de l’ouest – 1979) – 2h43 (Films sans Frontières – Rep. 2016)

Dans un pays et une époque indéterminés, il existe une zone interdite, fermée et gardée militairement. On dit qu’elle abrite une chambre exauçant les désirs secrets des hommes et qu’elle est née de la chute d’une météorite, il y a bien longtemps.

Film envoûtant, hypnotique même que ses 144 plans sur 163 minutes (ce que Michael Bay utilise en 1 minute) finissent de parachever pour en faire cette œuvre venue d’ailleurs. Encore aujourd’hui et même après l’avoir revu, le sentiment reste le même. L’histoire y contribue aussi où il est question d’une zone interdite dont les origines restent floues et qui fait peur jusqu’aux plus hautes autorités du pays mais que notre Stalker (une sorte de passeur ici) s’ingénie à pénétrer une nouvelle fois accompagné d’un « écrivain » et d’un « scientifique ». On ne peut s’empêcher de penser à Tchernobyl même si Tarkovski fait de la zone une sorte de havre de paix verdoyante bien que diffusant une sorte de malaise constant alors que le pays qui l’entoure est filmé dans un noir et blanc crasseux, laiteux et déshumanisé. Comme si Tarkovski avait déjà anticipé la catastrophe nucléaire qui frappera son pays et qui symbolisera quelque part l’échec total d’une société à vivre ensemble et en harmonie avec ce qui l’entoure. En cela Tarkovski ressemble beaucoup à Miyazaki dont les films d’animation ne disent rien d’autre sur son pays et où la seule rédemption passe par la nature dotée d’une sorte de justice cruelle mais immanente, seule à même de donner du sens à l’humanité.

Cette ressortie ne concernant que très peu de monde (le site professionnel CBO annonce 3 copies dont au moins une à Paris au cinéma La Bastille), on ne pourra que vous conseiller de faire l’acquisition du Blu-ray que vient de sortir Films sans Frontières. Celui-ci reprend en effet la copie restaurée utilisée pour la ressortie salle. Pour l’avoir revu dans ces conditions, l’expérience sensorielle (on a droit à du PCM mono, ce qui implique une piste totalement non compressée) et visuelle qui constitue le socle même du film n’en est que plus aiguë. Pour notre plus grand bonheur. 5/5SG

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