Coup de tête - Image Une Sorties Ciné

Sorties Ciné du 15 juin 2016 : Coup de pompe

Les semaines se suivent et se ressemblent (cherchez pas, ce début de phrase totalement insipide est un pari à la con que je viens de gagner). Ceci dit, la formule a beau être éculée, elle convient parfaitement aux sorties ciné de ce 15 juin qui ne peuvent qu’inciter à profiter de l’été qui s’invite enfin en nos villes via des épisodes de pluie suivies d’averses en continue entrecoupées de déluges de grêles. On pourrait se réfugier dans l’Euro de foot entre potes mais les matchs de poule sentent tellement la sinistrose que même là on n’a pas la force. Pourtant, il y a un film cette semaine qui mérite que l’on bouge son cul du canapé. The Witch que cela s’appelle. Il cultivera votre dépression, entretiendra vos peurs les plus primales et compte tenu de sa photo tirant dans le gris et le ciel de plomb, il ne vous dépaysera pas de la belle saison d’automne que nous connaissons actuellement. Et puis c’est le film parfait pour saouler une assemblée en train de se ronger les pognes en attendant le prochain exploit de Payet ou la future bourde de Rami.

Top 30 Box office Week-end du 15 au 19 juin 2016Box office France – Week-end du 15 au 19 juin 2016 – Sources CBO

L'Idéal - AfficheL’Idéal de Frédéric Beigbeder (France) – 1h30 (Légende Distribution)

Octave Parango est « model scout » à Moscou. Ce cynique individu chasse les mannequins russes pour le compte de ses amis oligarques… jusqu’au jour où il est contacté par L’Idéal, un des leaders mondiaux de l’industrie cosmétique, secouée par un gigantesque scandale médiatique.

Beigbeder a arrêté Le Cercle pour ça. Bien entendu on n’a pas vu le film. La bande annonce suffit. Ce qui est certain, c’est que si depuis nos 30 ans on ne veut pas vieillir tout en tentant vainement de rester dans le coup (si tant est qu’on ne l’a jamais été), d’autres, depuis 99 francs, régressent à vue d’œil. Et c’est encore plus moche.  SG

Ma meilleure amie - AfficheMa meilleure amie de Catherine Hardwicke (USA) – 1h52 (Océan Films)

Milly et Jess sont deux meilleures amies inséparables depuis l’enfance. Alors que Milly se voit diagnostiquer une grave maladie, Jess tombe enceinte de son premier enfant.

Encore un film disponible en DVD/Blu-ray/VOD dans son pays d’origine depuis des plombes (1er mars 2016 pour être précis) qui s’accompagne de la possibilité de le trouver en téléchargement illégal encore plus tôt (janvier 2016 pour être précis bis repetita). Résultat des courses, 33 213 entrées sur 271 copies à dimanche soir. Autant dire une sortie complètement ratée pour un film qui semble de toute façon jouer au caméléon avec la grisaille ambiante. SG

Un traître idéal - AfficheUn traître idéal de Susanna White (USA) – 1h48 (StudioCanal)

En vacances à Marrakech, un couple d’Anglais, Perry et Gail, se lie d’amitié avec un millionnaire russe nommé Dima. Ils ignorent que cet homme charismatique et extravagant blanchit l’argent de la mafia russe…

Le truc à l’évidence calibré réalisé par une yes woman à qui l’on doit Nanny McPhee et des épisodes de Boardwalk Empire. Cela contentera peut-être les fans de John Le Carré puisque le film est adapté d’un de ses bouquins. Pas de quoi rassurer toutefois quant à l’originalité du projet que l’équipe marketing chez StudioCanal croit bon de rapprocher de films tels que La Taupe (2011) ou d’Un homme très recherché (2013) à la fin de la BA. Des œuvres dont il ne reste plus grand chose aujourd’hui. SG

The Witch - AfficheThe Witch de Robert Eggers (USA) – 1h33 (Universal Pictures France)

1630, en Nouvelle-Angleterre. William et Katherine, un couple dévot, s’établit à la limite de la civilisation, menant une vie pieuse avec leurs cinq enfants et cultivant leur lopin de terre au milieu d’une étendue encore sauvage.

L’immanquable de l’année. Une plongée vertigineuse au sein d’une famille bigote du Nouveau Monde qui n’est toutefois pas épargnée par le Malin. Un vrai-faux film de frousse à l’ancienne dont nous décortiquons subjectivement les mécanismes (mais pas trop quand même histoire de vous laisser tout le plaisir de la première vision) au sein de notre papier ici-bas. 4/5SG

Si les mérites artistiques et thématiques sont indéniables, 90 minutes de prêches pour démontrer que la foi et la religion ne conduisent nullement à la rédemption mais à la folie et l’aliénation, cela peut également ennuyer poliment. Ceci dit, l’ambiance minimaliste et la « révélation » de la jeune Anya Taylor-Joy valent le détour. 2,5/5 – Stéphane Argentin

Dans les forêts de Sibérie - AfficheDans les forêts de Sibérie de Safy Nebbou (France) – 1h45 (Paname Distribution)

Pour assouvir un besoin de liberté, Teddy décide de partir loin du bruit du monde, et s’installe seul dans une cabane, sur les rives gelées du lac Baïkal. Une nuit, perdu dans le blizzard, il est secouru par Aleksei, un Russe en cavale qui vit caché dans la forêt sibérienne depuis des années.

Peut-être le seul film de la semaine qui permettra à ceux qui sont atteints de sinistrose de changer d’air et de paysages. Après, on connaît le jeu plutôt terne de Raphaël Personnaz et les talents non moins sans aspérités du réalisateur Safy Nebbou à qui l’on doit jusqu’ici une filmographie assez linéaire et ennuyeuse. On n’ira pas dans les salles pour vérifier si Dans les forêts de Sibérie change la donne. SG

La Loi de la jungle - AfficheLa Loi de la jungle de Antonin Peretjatko (France) – 1h39 (Haut et Court)

Marc Châtaigne, stagiaire au Ministère de la Norme, est envoyé en Guyane pour la mise aux normes européennes du chantier « Guyaneige » : première piste de ski indoor d’Amazonie pour relancer le tourisme en Guyane.

On est peu familier de l’univers de Antonin Peretjatko à qui l’on doit La Fille du 14 juillet, son précédent et premier long qui s’était fait remarquer lors de son passage cannois à La Quinzaine des réalisateurs en 2013.  Les Cahiers du cinéma l’a déjà rangé, classé momifié avec d’autres cinéastes de sa génération comme l’héritier d’un comique à mi-chemin entre Étaix et Tati. On n’est pas impressionné d’autant que la BA laisse plutôt deviner ici un film gentiment foutraque mais en aucun cas sortant des sentiers battus de la comédie auteurisante à la française. On peut se tromper mais pour l’instant on n’est pas pressé d’aller juger sur pièce. SG

Coup de tête - Affiche 1979Coup de tête (1978) de Jean-Jacques Annaud (France) – 1h32 (Gaumont Rep. 2016)

François Perrin est ailier droit dans l’équipe de football de la petite ville de Trincamp. Seulement il a un sale caractère. Le président du club est également le patron de l’usine où il travaille. Après un coup de gueule, il est renvoyé du terrain et perd son emploi à l’usine.

Coup de maître surtout et le meilleur film de Jean-Jacques Annaud avec Le Nom de la rose. Vous détestez le foot, cherchez pas ce film est pour vous. Écrit par un Francis Veber au sommet de son talent,  porté par des acteurs tous géniaux à commencer par un Jean Bouise délicieusement détestable en notable de province magnifiquement griffé mais aussi par une pléiade de tronches comme le cinéma français en a perdu le moule. Dewaere a plus que jamais cette animalité punk et anar qui en fait le meilleur des François Perrin de la saga veberienne. Si on envie ceux qui le découvrirait, le plaisir reste entier pour tous les autres. Pour autant, la ressortie en version restaurée ne se fait que sur 2 copies. On vous conseillera donc de vous rabattre sur le Blu-ray déjà sorti depuis novembre 2014 qui propose ce même nouveau master restauré ainsi que tous les passionnants bonus de la très belle double édition DVD datant de 2004. Le tout pour la modique somme de 12.99 euros. D’ailleurs, vous pouvez retrouvez notre test à cette adresse. Et non, nous n’avons pas d’actions chez Gaumont. 5/5SG

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