Do The Right Thing - Image Une

Sorties ciné du 22 juin 2016 : Fight the Power !

C’est bien entendu le Pixar qui tient le haut de l’affiche des sorties ciné de la semaine. Mais Le Monde de Dory ne va certainement pas faire que des émules. Il va même en décevoir plus d’un. Ô pas les plus petits qui passeront à n’en pas douter un moment privilégié, mais les plus grands, parents ou autres qui ne pourront que constater la mise au rencard sur cette suite des habituelles ambitions scénaristiques et  graphiques du studio à la lampe bondissante. Pour le reste c’est peau de chagrin avec une programmation qui ne peut que nous pousser dans les bras du ballon rond (en même temps on n’avait pas besoin de motivation plus que ça).

Box office France – Week-end du 22 au 26 juin 2016Box office France – Week-end du 22 au 26 juin 2016 – Sources CBO

Le Monde de Dory - AfficheLe Monde de Dory de Andrew Stanton, Angus MacLane (USA) – 1h35 (The Walt Disney Company France)

Dory, le poisson chirurgien bleu amnésique, retrouve ses amis Nemo et Marlin. Tous trois se lancent à la recherche du passé de Dory. Pourra-t-elle retrouver ses souvenirs ? Qui sont ses parents ? Et où a-t-elle bien pu apprendre à parler la langue des baleines ? médiatique.

Jim Morris, l’actuel président de Pixar, vient d’annoncer que le studio en finirait (définitivement ?) avec les suites sitôt la sortie des Indestructibles 2 en 2019. Ce ne sera pas forcément un mal car depuis le rachat du studio à la lampe bondissante par celui aux grandes oreilles en 2006, force est de constater que les différentes suites qu’il nous a servi se situaient (un bon cran) en deçà des (chef-d’)œuvres conçues du temps de leur « indépendance » et répondaient, à n’en pas douter, à des impératifs avant tout d’ordre financiers et non plus artistiques. Le Monde de Dory ne fait pas exception à cette règle, en n’étant qu’un simple décalque à peine masqué du parcours initiatique du Monde de Némo. Certes l’ensemble est plaisant à suivre, succession presque sans temps morts de séquences tantôt drôles, tantôt émouvantes, tantôt en forme de grand huit au sein d’un parc d’attraction (aquatique) mais où l’on ne perçoit plus très bien les ambitions artistiques aux multiples niveaux de lecture (contrairement au magnifique Piper, le court-métrage qui le précède). En 2015, Vice Versa et Le Voyage d’Arlo sont venus démontrer que Pixar était heureusement toujours bel et bien capable de ces fulgurances animées et non de simple copier/coller à la trame narrative plus ou moins cousue de fil blanc. Vivement 2020 ! 3,5/5Stéphane Argentin

On sera moins généreux niveau notation. SG3/5

L'Outsider - Affiche (Film 2016 : Affaire Jérôme Kerviel)L’Outsider de Christophe Barratier (France) – 1h57 (Le Pacte)

On connaît tous Jérôme Kerviel, le trader passé du jour au lendemain de l’anonymat au patronyme le plus consulté sur les moteurs de recherche du net en 2008… l’opérateur de marchés de 31 ans dont les prises de risque auraient pu faire basculer la Société Générale voire même le système financier mondial…

Un film qui est forcément partie-prenante puisque adapté du bouquin de Kerviel et qui, in fine, ne nous apprend rien de plus que ce que l’on en sait déjà grâce aux médias ; à savoir la thèse du « la hiérarchie de Kerviel était au courant depuis le départ mais tout le monde fermait sa gueule du moment que la tune rentrait par centaines de millions dans les caisses noires de la Société Générale ». Au-delà, rien de neuf sinon le portrait d’un univers, celui des traders donc, ultra-machiste où les dents raillent le parquet entre deux bitures. Les rares scènes qui tentent « d’humaniser » le personnage en dehors de son cadre professionnel sont bien trop timorées pour briser une telle image. On attend donc toujours le grand Wall Street (le joyau d’Oliver Stone) à la française. SA2,5/5

Tout de suite maintenant - AfficheTout de suite maintenant de Pascal Bonitzer (France) – 1h38 (Ad Vitam)

Nora Sator, jeune trentenaire dynamique, commence sa carrière dans la haute finance. Quand elle apprend que son patron et sa femme ont fréquenté son père dans leur jeunesse, elle découvre qu’une mystérieuse rivalité les oppose encore.

Franchement, la BA n’est pas très vendeuse. On est plutôt client des films de Bonitzer en règle général mais à l’idée de se taper une nouvelle fois la morgue d’un Vincent Lacoste qui semble dorénavant lui coller à la peau et la fille à papa Bonitzer était au-dessus de mes forces. Rattrapage sur C+. Faut bien se dire que l’abonnement à près de 50 boules serve à quelque chose. SG

Love & Friendship - AfficheLove & Friendship de Whit Stillman (Irlande – France – Pays Bas) – 1h32 (Sophie Dulac Distribution)

Angleterre, fin du XVIIIe siècle : Lady Susan Vernon est une jeune veuve dont la beauté et le pouvoir de séduction font frémir la haute société. Sa réputation et sa situation financière se dégradant, elle se met en quête de riches époux, pour elle et sa fille adolescente.

Si le nom de Whit Stillman ne vous dit pas grand chose, peut-être que le titre The Last Days of Disco vous fera plus réagir. On y trouvait déjà Kate Beckinsale (dont c’était le premier film américain) et Chloë Sevigny ainsi que l’émergence d’un réalisateur aux films rares mais qui symbolise encore aujourd’hui la frange indé pure et dure du cinéma américain. Même si on est loin ici du début des années 80, Love & Friendship semble reprendre les thèmes chères au réal tout en continuant à creuser du côté des personnages pour faire ressortir leurs tourments et émois les plus intimes. SG

Le Secret de la banquise - AfficheLe Secret des banquises de Marie Madinier (France) – 1h21 (Mars Films)

Le professeur Quignard et son équipe de chercheurs étudient la PPM, une protéine immunisante produite par le pingouin. Christophine, jeune thésarde un peu maladroite et émotive, décide de s’injecter du génome pingouin pour aider le professeur dans ses recherches, mais aussi pour se rapprocher de lui… quitte à devenir son cobaye.

Une affiche à la limite de l’abstraction, une bande annonce à l’avenant et un synopsis peu original, ce Secret des banquises a tout pour se tirer une balle dans le pied avant même sa première minute projetée au cinéma. Pas certain qu’il y reste longtemps d’ailleurs. Mais que l’on ne vienne pas nous accuser d’oiseau de mauvais augure pour un film qui semble vouloir jouer sur le côté hors des sentiers battus. Pas de notre faute si tout ça est extrêmement mal vendu. SG

La Forêt de quinconces - AfficheLa Forêt de Quinconces de Grégoire Leprince-Ringuet (France) – 1h49 (Alfama Films)

Ondine tombe du piédestal amoureux qui la liait à Paul. Maintenant seul, celui-ci devient la proie du désir de Camille : loin d’elle, Paul devient fou. Après avoir lutté contre la folie, Paul se libère de l’enchantement et meurtrit Camille. Il y aura vengeance…

Bon, déjà si vous arrivez à donner un sens à ce qui se raconte au sein de la bande annonce c’est que vous êtes mures pour aller voir le film. Premier long derrière la caméra de l’acteur Grégoire Leprince-Ringuet (28 ans), La Forêt de Quinconces s’inscrit apparemment dans une volonté pour le néo réalisateur de raconter une histoire à partir de poèmes qu’il avait écrits depuis longtemps. Une sorte d’obsession qui donne un film au titre exprimant un univers mental déclamé en vers. Tout un programme réservé aux initiés qui rappelle les plus belles heures du cinéma français version nombriliste. SG

DoThe Right Thing - Affiche 2016Do The Right Thing de Spike Lee (USA) – 2h00 (Splendor Films Rep. 2016) – Première sortie salle le 14 juin 1989

À Brooklyn, c’est littéralement le jour le plus chaud de l’année. Mookie, un jeune afro-américain, est livreur à la pizzeria du quartier, tenue par Sal et ses deux fils, d’origine italienne. Chacun vaque à ses occupations, mais la chaleur estivale va bientôt cristalliser les tensions raciales.

Le film qui fit connaître mondialement Spike Lee. Do The Right Thing reste encore aujourd’hui plus que jamais et malheureusement d’actualité ne serait-ce qu’au regard des événements de Dallas conséquence de l’énième bavure policière à l’encontre d’un black aux États-Unis. Mais Do The Right Thing reste aussi un film unique dans sa propension à étaler avec intégrité la mauvaise foi et les incompréhensions raciales enracinées au plus profond de la société ricaine (ici ritals Vs Blacks). C’était en effet un temps où Spike Lee ne s’était pas encore radicalisé pour devenir aussi raciste et con que certains de ses personnages décrits ici. Une œuvre salutaire en quelque sorte que beaucoup devraient voir et revoir à commencer par son cinéaste. 4/5SG

 

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