La Panthère noire - Une Sorties ciné

Sorties Ciné du 13 juillet : Vacances au pays des reprises

Les petites choses sympathiques des sorties ciné de la semaine sont sans grande surprise à aller chercher du côté des reprises car niveau films frais on va continuer à ronger notre frein. Entre un film d’animation qui sent la fonte des glaces, une comédie à la française qui pue la date de fraicheur déjà dépassée, le film d’action Europa like mais déprogrammé pour cause de distributeur frileux… Il nous reste une autre comédie française qui a eu les faveurs de notre Stef national, un énième biopic et un drame italien signé par le réal du formidable Nos Meilleures années. Pas de quoi se mettre cul par dessus tête comme dirait mon ami éleveur de bovins du Bonheur est dans le pré.

Box office France - Week-end du 13 au 17 juillet 2016Box office France – Week-end du 13 au 17 juillet 2016 – Sources CBO

L'âge de glace 6 - AfficheL’Âge de Glace : Les Lois de l’Univers (Ice Age: Collision Course) de Mike Thurmeier (USA) – 1h34 (Twentieth Century Fox France)

Alors qu’une météorite menace le monde de l’Âge de Glace, Sid, Manny, Diego et le reste de la bande vont quitter leur foyer et embarquer dans une nouvelle aventure pleine de comédie, parcourant de nouvelles terres exotiques et rencontrant une galerie de personnages hauts en couleur.

Les gars, ça commence à se voir quand même là. Va falloir penser à rentrer. Les gamins qui ont vu les 2 ou 3 premiers sont des ados maintenant et la nouvelle génération ne veut plus de vous et ce même si chaque nouvel opus cartonne.  Croyez moi, cela vaudra mieux pour tout le monde. Croyez en un vieux sage. Merci. Ah sinon, à quand un spin off longue durée sur le rongeur et sa noisette ? SG

Débarquement Immédiat - AfficheDébarquement immédiat de Philippe de Chauveron (France) – 1h30 (UGC Distribution)

C’est l’histoire d’un flic de la police des frontières qui ramène un gars dans son pays, sauf que ce n’est pas le bon gars et ce n’est pas le bon pays…

Avec un synopsis pareil c’est clair qu’on n’est pas rendu. On vous a dit sinon que le gars derrière la caméra c’est celui qui nous avait pondu Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? Non ? Bon ben c’est fait alors. C’est pour patienter en attendant le 2. SG

Bastille Day - AfficheBastille Day de James Watkins (USA) – 1h30 (StudioCanal)

Michael Mason, un pickpocket américain, devient l’homme le plus recherché par la CIA à Paris lorsqu’il vole ce qu’il croyait être un simple sac. Sean Briar, l’agent chargé de l’enquête, se rend rapidement compte que Michael n’est qu’un pion dans le vaste complot qui se prépare, et il le recrute pour remonter jusqu’à la source.

Si vous n’êtes pas allés le voir en première semaine, c’est mort puisque le distributeur a décidé de le déprogrammer suite à la tragédie niçoise. Nous on veut bien puisque cela va laisser de la place à d’autres films forcément meilleurs (enfin, on l’espère). Mais dans l’absolu voilà tout de même une décision qui interpelle quelque peu. Est-ce la meilleure des façons d’honorer la mémoire des victimes que d’interrompre l’exploitation d’un film qui pourrait heurter les vivants parce que l’histoire qui y est racontée ressemble de près ou de loin à l’actualité ? N’est-ce pas déjà une forme de victoire pour ceux qui veulent nous imposer la terreur dans nos vies de tous les jours ? N’est-ce pas aussi comme un aveu d’impuissance et pour être cash d’hypocrisie doublée de la peur d’une minorité active sur les réseaux sociaux ? Pour nous, les réponses se trouvent dans les questions et il est évident que cela n’augure vraiment rien de bon quant à l’avenir. Mais il est vrai aussi que tout cela est bien vain et in fine sans intérêts quand la France n’en finit plus de pleurer ses morts tombés sur le champ de la barbarie. Edit : Un peu d’espoir quand même. SG

Florence Foster Jenkins - AfficheFlorence Foster Jenkins de Stephen Frears (GB – France) – 1h50 (Pathé Distribution)

L’histoire vraie de Florence Foster Jenkins, héritière new-yorkaise et célèbre mondaine, qui n’a jamais renoncé à son rêve de devenir une grande cantatrice d’opéra. Si elle était convaincue d’avoir une très belle voix, tout son entourage la trouvait aussi atroce que risible.

Comme beaucoup de réals de sa génération, Stephen Fears fait du biopic pour ne pas rester sur le bas-côté de son métier. Après The Program, voici donc un sujet qu’avait déjà mis en boîte à sa façon Xavier Giannoli avec Marguerite. Constat marrant, ces deux films sont sortis le même mercredi à savoir le 16 septembre 2015. Quand on pense que le gars avait fait bouger les lignes du cinéma de son pays (et mondial) avec My Beautiful Laundrette ou Prick Up Your Ears. Qu’on lui doit le classique Les Liaisons dangereuses, une des meilleures adaptations du roman épistolaire de Choderlos de Laclos avec Valmont. Le reste de sa filmo est en dents de scie mais restait toujours excitante à découvrir film après film. Le dernier en date restant Philomena en 2014. Allez Monsieur Frears, on remballe les biopics et on revient aux affaires avec des vrais films. Merci. SG

Juillet Août - AfficheJuillet Août de Diastème (France) – 1h36 (Diaphana Distribution)

C’est l’été. Les familles migrent et se recomposent.Laura, 14 ans, et Joséphine, 18 ans, partent en juillet avec leur mère dans le Sud, puis en août chez leur père en Bretagne.

Après le « choc » d’Un français, Diastème nous offre ce qui pourrait s’apparenter à une petite sucrerie estivale avec ce Juillet Août ou les affres sentimentaux de différents personnages le temps des grandes vacances. Le résultat, certes moins « percutant », n’en demeure pas moins plaisant de par le regard porté sur cette famille éclatée aux deux extrémités de la France (Bretagne vs Côte d’Azur) : premiers émois adolescents, grossesse tardive, etc. avec à l’arrivée une proposition suffisamment amusante et touchante pour nous convier à une autre forme de divertissement populaire en cet été 2016. Stéphane Argentin3,5/5

Lea - AfficheLea de Marco Tullio Giordana (Italie) – 1h35 (Paname Distribution)

Lea a grandi dans une famille criminelle en Calabre. Le père de sa fille Denise est aussi membre de la mafia. Lea aspire cependant à une vie différente pour sa fille, sans violence, ni peur ni mensonge. Elle décide de coopérer avec la justice, pour bénéficier du régime de protection des témoins et ainsi tenter de s’enfuir…

Marco Tullio Giordana est le réalisateur à qui l’on doit le sublime Nos Meilleurs années, sorte de fresque de plus de 6 heures qui parcourt 40 ans d’Histoire italienne d’abord prévu pour la télé dans son pays et qui après un passage à Cannes était sorti en deux parties au cinéma chez nous. Cinéaste engagé mais qui dépend encore plus qu’un autre d’un bon scénariste, Marco Tullio Giordana raconte là l’histoire vraie de Lea Garofalo, compagne d’un tueur lié à la ‘Ndrangheta, la mafia calabraise, une des organisations criminelles les plus redoutables d’Europe qui  souhaitait en finir avec cette vie dangereuse et violente aux côtés du gangster confirmé Carlo Cosco. Le film n’a eu droit qu’à 42 copies. Autant dire que pour le rattraper, va falloir faire fissa ou alors attendre une éventuelle sortie vidéo. SG

Les Poings dans les poches - Affiche Reprise 2016Les Poings dans les poches (I Pugni in Tasca) (1965) de Marco Bellocchio (Italie) – 1h34 (Ad Vitam)

Souffrant d’épilepsie, le jeune Alessandro s’est, petit à petit, enfermé dans son monde. Perdu dans l’admiration qu’il a pour son frère Augusto, qui rêve d’épouser Lucia, et pour se donner le sentiment de dominer son destin, Alessandro entreprend de détruire le carcan familial.

On vous enjoint à lire notre critique en cliquant ici. 4/5SG

La Grande vadrouille - Affiche 1966La Grande vadrouille – (1966) de Gérard Oury (France) – 2h12 (StudioCanal)

En 1942, un avion anglais est abattu par les Allemands au-dessus de Paris. Les trois pilotes sautent en parachute et atterrissent dans différents endroits de la capitale. 

Restauration 4K pour le champion toutes catégories au box office français jusqu’à l’arrivée du submersible Titanic de Cameron. La Grande vadrouille est certainement l’une des comédies préférées des français. Et franchement on ne saurait leur donner tort tant le couple Bourvil / De Funès associé à Oury derrière la caméra et sa fille au scénario font littéralement des étincelles. On se bidonne toujours autant pour un film qui fut le premier à se gausser de cette période noire que fut l’Occupation. Sinon, pour info, pn est déjà à plus de 15 000 entrées sur 59 copies (la plus grosse combinaison à date et de mémoire pour un film de patrimoine) en une semaine. Certaines nouveautés ne font pas autant… 4/5SG

La Panthère noire - AfficheLa Panthère noire (The Black Panther) – (1977) de Ian Merrick (GB) – 1h38 (UFO Distribution)

L’histoire vraie de Donald Neilson, ennemi public n°1, braqueur, meurtrier et auteur d’un rapt qui choqua l’Angleterre dans le milieu des années 70…

Une découverte totale sortie aussi en DVD depuis le 3 mai dernier. On vous recommande chaudement son achat au demeurant. D’abord parce qu’il n’y a qu’une seule copie salle en circulation et puis parce que un film comme cela se garde et se regarde à plusieurs reprises. Une découverte car le film fut maudit. Il ne pu en effet jamais sortir au cinéma pour des raisons de campagne calomnieuse à son encontre de la part de journalistes (qui ne l’avaient pas vu) de son pays. Le film retrace en effet une affaire qui défraya la chronique en Angleterre au début des années 70 (cf. synopsis). Sans racolage mais avec une très grande minutie et une froideur proche du documentaire (il s’appuie sur un scénario signé Michael Armstrong surtout connu pour avoir réalisé La Marque du Diable), le réalisateur (inconnu au bataillon en ce qui nous concerne) imprime à l’ensemble une mise en scène à la lenteur étudiée et s’intéresse surtout à l’évolution de son psychopathe de personnage. À rapprocher de réussites comme L’Étrangleur de la place Rillington (10 Rillington Place – 1971) ou encore de L’Étrangleur de Boston (The Boston Strangler – 1968) réalisés tous deux par Richard Fleischer. On vous prépare sinon un test complet du DVD à venir très prochainement. 4/5SG

Vacances à Venise - Affiche 1955Vacances à Venise (Summertime)(1955) de David Lean (GB) – 1h39 (Les Acacias)

Jane Hudson, une américaine, passe des vacances seule en Italie. Un enfant des rues, Mauro, lui fait découvrir quelques recoins de la ville de Venise où elle a déposé ses valises. Lorsqu’ils arrivent chez un antiquaire, Renato, Jane tente de résister au charme insistant du bel homme.

Juste avant Le Pont de la rivière Kwaï, David Lean réalisait ces Vacances à Venise qui est un film que l’on pourrait qualifier de pivot dans sa filmographie. Elle entérinait sa période anglaise et annonçait la suite hollywoodienne à grand spectacle. Pivot aussi car il permet à Lean de retrouver la couleur (le Technicolor plus précisément) qu’il n’avait jusque là utilisé qu’une seule fois dix auparavant avec L’Esprit s’amuse sans que le procédé l’ai convaincu. Summertime semble aussi reprendre Brève Rencontre qui installa durablement Lean sur la carte mondiale du cinéma. Dix ans plus tard la femme anglaise au foyer en quête d’aventures romanesques prend les traits ici d’une Katharine Hepburn, vieille fille yankee secrétaire de son état, toujours aussi avide de romance mais façonnée à l’aune d’idées bien arrêtées qui viendront quelque peu s’écraser contre la réalité d’une relation « impure » naissante au sein des eaux saumâtres de Venise. Il y a aussi dans Summertime et dans ce personnage une mélancolie doublée d’une solitude qui annonce quelque part T.E. Lawrence. Fragile, à la recherche de l’indicible mais aux convictions affirmées.

Cette ressortie n’est pas annoncée comme étant issue d’une copie restaurée. De toute façon il y en a très peu en circulation et uniquement parisienne pour l’instant. On pourra donc acquérir le DVD édité en 2011 par Carlotta qui tient toujours bien la route niveau technique. 3,5/5SG

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