Suicide Squad - Une sorties ciné août 2016

Sorties Ciné août 2016 : Les Grandes vacances

Avant de partir en vacances, on s’est dit qu’on n’allait pas laisser nos ouailles sans un petit guide des sorties cinés aoutiennes. Car d’une part on sait que vous ne pouvez plus vous passer de nous et que d’autre part tout le monde n’a pas la chance de partir au fin fond de la Bretagne coupé de tout et de tous. Oui je sais, on envoie du rêve. Bref, voici une sélection de films à éviter (pour la plupart) ce qui vous permettra d’économiser un tantinet pour acheter des clopes, des capotes et du gel douche. Comme dirait l’autre : « Et vous, vous feriez quoi avec 360 euros ? ». Ah et pour l’alcool, si vous êtes une fille, c’est facile de se faire payer des coups en soirée au camping du coin (pas d’esprit mal placé svp) et si vous êtes un gars, débrouillez-vous.

Bad Moms - AfficheBad Moms de  Jon Lucas et Scott Moor (USA) – 1h41 (Metropolitan) – Sortie le 3 août 2016

En apparence, Amy a une vie parfaite : un mariage heureux, de beaux enfants et une carrière qui décolle. En réalité, elle se met tellement la pression pour être au top sur tous les fronts, qu’elle est sur le point de craquer.

Mes Meilleures amies, Sisters, Bachelorette, Crazy Amy… et on en oublie des tonnes. C’est donc la mode des girls qui décident de faire comme les mecs. En effet y a pas de raisons que cela soit le seul apanage des hommes de pouvoir cultiver leur adulescence (adulte + adolescence pour les retardés du fond) alors que la femme se tape en plus de son boulot, la corvée des mômes, de la maison et du bien propre sur soi afin de satisfaire aux codes d’une société qui n’a rien perdu de son machisme. Hollywood cultive à mort le sillon sans que pour autant on ait droit ici à autre chose que deux mecs derrière la caméra. Tout est normal. SG

Ma vie de chat - AfficheMa vie de chat (Nine Lives) de  Barry Sonnenfeld (USA) – 1h27 (EuropaCorp) – Sortie le 3 août 2016

Tom Brand est un milliardaire qui a consacré sa vie à son travail et à sa réussite. Sa carrière trépidante l’a éloigné de sa femme Lara et de son adorable fille Rebecca. Pour l’anniversaire de cette dernière, Tom n’a d’autre choix que de lui offrir ce qu’il déteste par-dessus tout : un chat.

On me souffle à l’oreille que la bande annonce fait bien rire en salles. Ce pourquoi Stef me demande de référencer cette sortie il est vrai mise en boîte par un certain Barry Sonnenfeld à qui l’on doit au hasard Men In Black. Bon alors j’ai regardé moi aussi la BA et cela doit être le fait d’être tout seul derrière mon ordi mais ma seule réaction a été la consternation. Et puis qu’est-ce que vient faire ici le Président des États-Unis qui accessoirement conduit une Renault Espace ? Un gros chèque ? La volonté de briser son image ? Un agent renvoyé depuis qui voulait se venger ? Un travail d’intérêt public auprès de la SPA ? On n’ira jamais juger sur pièce en tout cas. SG

Sieranevada - Affiche defSieranevada de Cristi Puiu (Roumanie) – 2h53 (Wild Bunch Distribution) – Sortie le 3 août 2016

Quelque part à Bucarest, trois jours après l’attentat contre Charlie Hebdo et quarante jours après la mort de son père, Lary – 40 ans, docteur en médecine – va passer son samedi au sein de la famille réunie à l’occasion de la commémoration du défunt. L’évènement, pourtant, ne se déroule pas comme prévu. Les débats sont vifs, les avis divergent. Forcé à affronter ses peurs et son passé et contraint de reconsidérer la place qu’il occupe à l’intérieur de la famille, Lary sera conduit à dire sa part de vérité.

Lire notre compte-rendu cannois par Nicolas Thys. Ben oui parce qu’il s’agit d’un film cannois et parce qu’il en est reparti broucouilles, il a toute notre sympathie. Bon après c’est près de 3h quand même et essentiellement autour d’une table et réunion de famille tout ça tout ça. Le film parfait pour faire votre BA de l’année en emmenant mémé. Surtout s’il y a une canicule. SG

Suicide Squad - AfficheSuicide Squad de  David Ayer (USA) – 1h41 (Warner Bros France) – Sortie le 3 août 2016

C’est tellement jouissif d’être un salopard ! Face à une menace aussi énigmatique qu’invincible, l’agent secret Amanda Waller réunit une armada de crapules de la pire espèce. Armés jusqu’aux dents par le gouvernement, ces Super-Méchants s’embarquent alors pour une mission-suicide… 

Très clairement le film le plus attendu du mois. Pas de projos de presse et pour l’instant pas de retours d’éventuels Happy Few. Le dernier clip issu du Comic Con (ci-dessous) qui met en avant la musique du film a fait couler beaucoup d’encre. Qu’à cela ne tienne, vous nous direz. Ah sinon ne vous emballez pas trop quand même. Le film est juste PG-13 aux States. Ce qui nous réserve à coup sûr une R-Cut pour la sortie vidéo. D’ici là on sera rentré de vacances.

Entre-temps Stef nous a pondu une critique en mode énervé. 2/5

Edit 08/08 : Pas la catastrophe annoncée un peu partout. Cela ne vole certes pas très haut mais franchement What did you expect ? Entre les enjeux financiers et le peu d’appétence des « suits » à prendre des risques ou tout simplement à sortir des sentiers battus ce Suicide Squad est le digne reflet de notre époque blockbusterienne. En tout cas, la jeune génération adhère et n’en a rien à foutre de nos appréciations et autres querelles de chapelle qui sentent, il faut bien l’avouer, un peu le rance. 2,5/5SG

C'est quoi cette famille ?! - AfficheC’est quoi cette famille ?! de Gabriel Julien-Laferrière (France) – 1h39 (UGC) – Sortie le 10 août 2016

Bastien, 13 ans, est au centre d’une famille recomposée : 6 demi-frères et sœurs, 8 « parents » et autant de maisons. Son emploi du temps familial est bien plus complexe que celui du collège… Trop c’est trop : les enfants décident de faire leur révolution et inversent les règles.

On vous mentirait si cette sortie était attendue au sein de notre rédaction. C’est pas faute d’avoir reçu le carton de presse et de multiples relances par mail. Que voulez-vous on était déjà parti en vacances. Oui on a beaucoup de chances à DC car elles durent au moins deux mois. SG

Jason Bourne - Affiche FRJason Bourne de  Paul Greengrass (USA) – 2h03 (Universal Pictures France) – Sortie le 10 août 2016

La traque de Jason Bourne par les services secrets américains se poursuit. Des îles Canaries à Londres en passant par Las Vegas…

Greengrass revient aux affaires et c’est tout bénéf pour la franchise qui s’était un peu perdu en route avec Tony Gilroy et Jeremy Renner bien que celui-ci reviendra très prochainement dans de nouvelles aventures « Bourne Like ».  Ceci étant dit, rien de nouveau sous le soleil bournien mais un retour aux fondamentaux appréciable et un respect total de la Bible en la matière : bourre-pifs comme on les aime, poursuites bagnoles / motos ultra réalistes (entendre par là que l’on ne remarque pas – trop – les CGI) et un Matt Damon toujours aussi crédible. Ah et Tommy Lee Jones en roue libre qui en plus se kiffe, nous on adore. Et puis comme ça, le dernier James Bond n’est plus qu’un vilain / lointain souvenir. 3,5/5SG

On a aussi pour vous une critique pleine et entière rédigée par un Stef qui y a vu son film de l’été. 4/5

SOS Fanômes 2016 - AfficheS.O.S. Fantômes (Ghostbusters) de  Paul Feig (USA) – 1h57 (Sony Pictures France) – Sortie le 10 août 2016

SOS Fantômes est de retour, revisité et dynamisé avec un casting féminin et de tout nouveaux personnages plus hilarants les uns que les autres.

Au moment où j’écris ces lignes, je devrais être à la dernière projo de presse du film. Par sacrifice pour vous afin de terminer ce papier avant de plier les gaules, je me suis abstenu. Oui bon on avoue aussi que l’on n’était que très moyennement motivé en fait. Mon côté macho sans doute. Trop vieux pour ces conneries aussi. Un mail de l’attachée de presse à l’instant annonce que comme la projection était blindée de chez blindée, une dernière est prévue le 3 août. Vite vite, activer le message automatique d’absence. SG

Edit : Le rattrapage fut beaucoup moins pénible que prévu. En fait ce reboot n’est absolument pas indigne de ses prédécesseurs. Il tient même son rang de divertissement qui fait sourire pour ne pas dire plus. C’est surtout assumé et décomplexé grâce à des actrices qui n’en font même pas des tonnes et assument la relève avec un certain brio. Car ne nous trompons pas, si les deux premiers S.O.S. Fantômes ont été élevés au rang de films cultes (surtout le premier en fait) c’est plus pour des raisons d’excellent timing quant à la captation de l’esprit de l’époque entre imageries pop et musiques MTV. Forcément l’esprit n’est plus le même aujourd’hui et cette nouvelle mouture ne pourra jamais prétendre au même statut. C’est en fait son seul « défaut » mais il est majeur car inhérent au projet en lui-même. 3/5SG

Même s’il tente bien à quelques reprises de castrer (au propre comme au figuré) son modèle masculin, ce reboot ressemble malgré tout un peu (beaucoup) trop à l’original de 1984 nanti d’un budget décuplé côté SFX. Pour autant, cette chasse aux fantômes et sa succession de gags n’en demeure pas moins rythmée, divertissante et bien fendarde. 3/5Stéphane Argentin

L'Economie du couple - Affiche CannesL’Économie du couple de Joachim Lafosse (Belgique – France) – 1h40 (Le Pacte) – Sortie le 10 août 2016

Après 15 ans de vie commune, Marie et Boris se séparent. Or, c’est elle qui a acheté la maison dans laquelle ils vivent avec leurs deux enfants, mais c’est lui qui l’a entièrement rénovée. À présent, ils sont obligés d’y cohabiter, Boris n’ayant pas les moyens de se reloger.

Le film (cannois) parfait pour les couples en vacances qui se déchirent à longueur de journée avec les mômes qui pleurent dans la voiture parce que la clim est pétée. Entre le jeune qui n’en a rien à foutre et les couples déjà séparés ou sur le point de l’être, voilà un film qui s’adresse à un segment de la population pour le moins très segmenté si l’on puis dire. Les chercheurs en sciences sociales forcément célibataires nous semblent être du coup la cible privilégiée. Pas de quoi remplir les salles ceci dit. SG

La destruction / séparation du couple après 15 ans de vie commune évoquée via le prisme de séquences dont l’apparente trivialité est contrebalancée par l’intensité émotionnelle qui s’en dégage. Elles évoquent aussi en filigrane, sans pour autant verser dans le propos moralisateur, le fait que désormais tout le monde jette quand quelque chose est cassé. On essaye même plus de réparer. Le couple aussi. 3,5/5SA

Dernier Train pour Busan - Affiche defDernier train pour Busan (Bu-San-Haeng) de Yeon Sang-Ho (Corée du Sud) – 1h58 (ARP) – Sortie le 17 août 2016

Un virus inconnu se répand en Corée du Sud, l’état d’urgence est décrété. Les passagers du train KTX se livrent à une lutte sans merci afin de survivre jusqu’à Busan, l’unique ville où ils seront en sécurité..

Rien que du très attendu sous le soleil du genre mais quand même des scènes climax qui jouent leur rôle à fond. L’unité de lieu, de temps et d’action reste comme toujours une règle d’or très efficace en ces contrées de cinéma et enfin les CGI ne font pas trop cheapos. À noter que les zombies sont plus du genre énervés façon World War Z ou 28 jours plus tard que lymphatiques à la The Walking Dead. Pour le reste, les relations entre humains avec le sale con qui sait jouer sur la peur de la masse ou encore celle entre le père et sa fille, rappellent trop au hasard The Mist de Darabont. Et dire que la comparaison n’est pas avantageuse est un euphémisme. 3/5 – SG

Ce train-là suit certes les rails de ses nombreux prédécesseurs sans vraiment chercher à s’en écarter avec ses personnages archétypaux, ses situations que l’on voit venir à des kilomètres et ses allégories sociales (la peur de « l’autre »). Pour autant, la belle attention portée à chacun, à commencer par la trajectoire de ce père et de sa petite fille, et l’énergie folle furieuse qui se dégage de chacune des scènes d’action qui vous feront vous cramponner à votre fauteuil aboutissent assurément à ce que le cinoche nous a proposé de meilleur dans le genre depuis des lustres. 3,5/5 – SA

Lire aussi notre compte-rendu cannois par Nicolas Thys en cliquant ici

Toni Erdmann - Affiche préventiveToni Erdmann de Maren Ade (Allemagne) – 2h42 (Haut et Court) – Sortie le 17 août 2016

Quand Ines, femme d’affaire d’une grande société allemande basée à Bucarest, voit son père débarquer sans prévenir, elle ne cache pas son exaspération. Sa vie parfaitement organisée ne souffre pas le moindre désordre mais lorsque son père lui pose la question « es-tu heureuse? », son incapacité à répondre est le début d’un bouleversement profond. 

Buzz assez conséquent pendant le festival de Cannes et en effet Toni Erdmann peut faire son petit effet lors d’une couverture critique au long cours. Une sorte de film bulle de champagne à l’humour bienfaiteur et reposant pour le festivalier qui enchaîne les trucs à thèse ou les œuvres magistrales. Mais quand il s’agit de le découvrir en projection post Cannes, le sentiment n’est forcément plus le même. Trop long, trop évident, trop répétitif… Pour autant Toni Erdmann ne manque pas de qualités. Disons juste que sa réputation cannoise est ultra surfaite. 2,5/5SG

Le film est certes très (trop) long et certaines séquences auraient parfaitement pu être retirées sans diminuer l’intensité du propos. Pour autant, le parcours sentimentalo-professionnel de cette businesswoman carriériste au contact de son père humaniste fait lentement mais sûrement son ouvrage, aussi bien dans la drôlerie que dans l’émotion pour culminer au cours d’une séquence d’anniversaire mémorable suivi d’un plan de pure concentrée d’émotions. 3/5SA

The Shallows (Instinct de survie) - Affiche USInstinct de survie – The Shallows de Jaume Collet-Serra (USA) – 1h27 (Sony Pictures France) – Sortie le 17 août 2016

Nancy surfe en solitaire sur une plage isolée lorsqu’elle est attaquée par un grand requin blanc. Elle se réfugie sur un rocher, hors de portée du squale. Elle a moins de 200 mètres à parcourir à la nage pour être sauvée, mais regagner la terre ferme sera le plus mortel des combats…

La BA envoie du bois mais le film est bien loin des attentes suscitées. Si ce n’est la première demi-heure plutôt pas trop mal branlée, le reste oscille entre le wtf et le WTF. On s’est donc fait avoir comme le premier couillon venu. Il faut dire aussi qu’à chaque fois que l’on met en scène un requin, nous on veut y croire faisant fi de la petite voix rabat-joie et lancinante qui nous incite à la plus grande prudence en la matière. C’est notre manière à nous de rester jeune et con. Oui, on sait. C’est pathétique. 2/5SG

Pete's Dragon (Peter et Elliott le Dragon) - Affiche USPeter et Elliott le dragon (Pete’s Dragon) de David Lowery (USA) – 1h43 (The Walt Disney Company France) – Sortie le 17 août 2016

Depuis de longues années, M. Meacham, un vieux sculpteur sur bois, régale les enfants du coin avec ses histoires sur un féroce dragon qui vivrait au plus profond de la forêt voisine. Pour sa fille Grace, garde forestière de son état, tout ceci n’est que contes à dormir debout… jusqu’au jour où elle fait connaissance avec Peter.

Les premières reviews US semblent au diapason. On a retenu celle de Variety. Ce qui ne veut bien entendu pas dire que l’accueil en France sera aussi positif d’autant que le film qu’il remake ne fait pas trop partie de notre bestiaire des Classiques Disney. Mais peut-être me trompe-je. Car en ce qui concerne l’auteur de ces lignes, il a enchanté sa prime jeunesse en étant pendant bien longtemps son film de chevet. À la vision de la BA, il semble que cela marche mais pour le coup on jugera sur pièce accompagné de sa procréation non génétiquement modifiée. SG

Edit 10/12/2016 : Alors il fallu sortir la boîte à claques pour obliger mini moi à mater le film. Autrement on y serait encore. Au générique de fin j’ai eu droit à un bisou de remerciement après être passé par une moue dubitative puis un intérêt certain bien que dissimulé au début pour ne pas trop que le géniteur crie victoire trop vite pour enfin avoir droit à un « Papa tu peux mettre sur pause il faut grave que j’aille aux toilettes là… ». Bref voilà un remake franchement bien supérieur à l’original dans la mesure où il prend en compte avec respect son public d’aujourd’hui tout en gardant les éléments qui ont fait la réussite de l’original. Il faut dire aussi que le premier Pete’s Dragon ne peut plus être vu autrement que par les vieux nostalgiques forcément déjà un peu gâteux ou par des historiens du cinéma. Un enfant de 3 ans vous jetterait le DVD à la gueule. Exit les morceaux musicaux et les sourires d’un autre temps, Peter est aujourd’hui devenu un enfant sauvage tout droit sorti du film de Truffaut qui cohabite depuis la mort accidentelle de ses parents en voiture dans la forêt avec son ami Elliott le dragon. C’est fun et quasi sans temps mort. On a parfois même les petits papillons dans le ventre et le sourire béat aux lèvres. Non franchement voici une prod Disney (familiale il va sans dire) qui aurait mérité plus que les 730 867 entrées qu’il a engrangées au cœur de l’été. 3/5SG

Après le remarquable Les Amants du Texas (2013), David Lowery revisite le classique de Disney mais raccourci d’une petite demi-heure et expurgé des chansonnettes bon enfant pour nous livrer un condensé improbable de féérie qui n’entend nullement opposer bêtement un grand méchant machiavélique à une gentille créature comme le font traditionnellement les productions Disney (et in extenso une large majorité de longs-métrages contemporains). Sa relecture de Peter et Elliott le dragon oppose tout simplement le réel à l’imaginaire où la puissance évocatrice des images (merci les effets spéciaux signés WETA) prend le pas sur ce conte en voix off narré par Robert Redford. En résulte une œuvre merveilleuse, miraculeuse presque, intemporelle et assurément ce que le studio aux grandes oreilles nous a donné à voir de plus réussi depuis des lustres car capable de nous faire fondre à chaque nouvelle séquence en compagnie de ce grand dragon (numérique mais si réaliste) tout vert. En un mot comme en mille : magique. 4/5 – SA

Star Trek Sans limites - AfficheStar Trek sans limites (Star Trek Beyond) de Justin Lin (USA) – 2h03 (Paramount Pictures France) – Sortie le 17 août 2016

Une aventure toujours plus épique de l’USS Enterprise et de son audacieux équipage. L’équipe explore les confins inexplorés de l’espace, faisant face chacun, comme la Fédération toute entière, à une nouvelle menace.

Fun, fun et fun mais l’histoire est d’une banalité à pleurer. Quant à Justin Lin, il ne démérite pas mais il manque indubitablement la patte J.J. Abrams qui était bien plus à l’aise avec cette franchise qu’avec son Star Wars dont il ne reste déjà plus grand chose à se remémorer aujourd’hui. Critique plus complète à suivre. 3/5SG

C’est assurément un poil plus bourrin que ses deux prédécesseurs mais le spectacle, l’humour et l’esprit d’équipe de l’équipage de l’USS Enterprise répondent à l’appel et fonctionnent toujours plutôt bien. 3/5SA

Dieu seul le sait - Affiche 2016Dieu seul le sait (Heaven knows, Mr Allison) de John Huston (USA) – 1h46 (Les acacias – Rep. 2016) – Sortie le 17 juillet 1957 – Reprise le 17 août 2016

Le caporal Allison, marine rescapé du naufrage de son sous-marin, échoue en canot de sauvetage sur une île du Pacifique où ne reste que sœur Angela, seule survivante d’une congrégation religieuse. Leur relation va évoluer au fil des événements, notamment lors de leur promiscuité dans une grotte, contraints d’y demeurer cachés lorsque les Japonais prennent possession de l’île après l’avoir bombardée.

Dieu seul le sait - Affiche 1957Huston semble reprendre le canevas thématique qui lui avait si bien réussi avec African Queen. Une sorte de huit-clos ici sur une île paumée du pacifique entre deux personnes que tout opposent desquelles va naître une amitié solide puis une romance fragile. C’est magnifiquement filmé de surcroît dans un Technicolor flamboyant. Mitchum et Deborah Kerr forment un couple à la fois improbable et évident alors que l’histoire évite tous les écueils qui lui tendaient les bras. Une belle réussite un peu méconnue dans la filmo du cinéaste. À noter que le film existe en Blu-ray chez l’éditeur US Twilight Time. Le distributeur français pour cette reprise en salles utilise le même master non restauré et un peu souffreteux par endroit mais qui tient encore bien la route. 4/5SG

Predator - Affiche 2016Predator de John McTiernan (USA) – 1h47 (Capricci Films – Rep. 2016) – Sortie le 19 août 1987 – Reprise le 17 août 2016

Le commando de forces spéciales mené par le major Dutch Schaeffer est engagé par la CIA pour sauver les survivants d’un crash d’hélicoptère au cœur d’une jungle d’Amérique Centrale. Sur place, Dutch et son équipe ne tardent pas à découvrir qu’ils sont pris en chasse par une mystérieuse créature invisible qui commence à les éliminer un par un. La traque commence.

Predator - Affiche 1987L’un des films iconiques des années 80. Peut-être même le meilleur de la décennie en ce qui concerne le genre que mine de rien il réinvente dans les grandes largeurs. Se dire aussi que l’un des critères de la pérennité d’une œuvre de cinéma est son appétence à être revue encore et encore. Et à ce petit jeu Predator gagne haut la main en entrant dans le cercle très fermé des films que l’on remate avec toujours le même plaisir, les mêmes angoisses et la même jubilation finale. Malheureusement on attend toujours la restauration qui lui rendra les honneurs qu’il mérite car là Capricci Films reprend le même master problématique (visages cireux / momifiés, image lissée…) utilisé par la Fox pour son deuxième Blu-ray en 2010. 5/5SG

Et pour en savoir plus, on vous renvoie vers notre dossier Blu-ray amoureusement concocté par Stéphane.

La Ligne rouge - Affiche 2016La Ligne rouge (The Thin Red Line) de Terrence Malick (USA) – 2h50 (Ciné Sorbonne – Rep. 2016) – Sortie le 24 février 1999 – Reprise le 17 août 2016

La bataille de Guadalcanal fut une étape clé de la guerre du Pacifique. Marquée par des affrontements d’une violence sans précédent, elle opposa durant de longs mois Japonais et Américains au cœur d’un site paradisiaque, habité par de paisibles tribus mélanésiennes. Des voix s’entrecroisent pour tenter de dire l’horreur de la guerre ; les confidences, les plaintes et les prières se mêlent.

La Ligne rouge - Affiche 1998Présenté comme l’un des chef-d’œuvres yankees des années 90, La Ligne rouge est sans conteste un film à part dans la décennie, voire dans l’histoire du cinéma. Il faut d’abord rappeler qu’entre Les Moissons du ciel et La Ligne rouge, 20 ans s’étaient écoulées faisant déjà de Malick une sorte de gourou qui pouvait tout se permettre à tel point que tous les acteurs en vogue de l’époque voulaient en être ne serait-ce que pour une seule scène. Il faut dire aussi que ses deux premiers films sont à ranger au Panthéon du medium et que La Ligne rouge semble à nouveau creuser le sillon de thématiques où la nature face aux hommes en est le maillon essentiel. En prenant à témoin le film de guerre Malick propose une sorte d’ode au combat que l’environnement paradisiaque (l’île de Guadalcanal) tend sans cesse à ramener en des contrées oniriques et fantasmagoriques. La musique signée Hans Zimmer (certainement sa plus belle composition) y contribue follement et la caméra élégiaque de Malick termine le boulot d’une manière ostentatoire. Pour autant et avec le recul, on ne peut s’empêcher de voir en La Ligne Rouge ce que deviendra le cinéma de Malick. Une allégorie démiurge débarrassée de toutes contingences scénaristiques. Seul le bouleversant Le Nouveau monde s’extirpe de ce constat. Son prochain film, Voyage of Time, est d’ailleurs un documentaire sur la Terre shooté au format IMAX. Ce qu’était déjà quelque part The Three of Life. Pour finir, on précisera que cette version restaurée 4K était celle proposée en 2010 par Criterion pour son magnifique Blu-ray. 3,5/5SG

Agents presque secrets - AfficheAgents presque secrets (Central Intelligence) de Rawson Marshall Thurber (USA) – 1h49 (Universal Pictures France) – Sortie le 24 août 2016

Un ancien geek devenu agent d’élite à la CIA, revient chez lui à l’occasion de la réunion des anciens du lycée dont il était à l’époque le souffre-douleur. Se vantant d’être sur une affaire top secrète, il recrute alors pour le seconder le gars le plus populaire de sa promo d’alors, aujourd’hui comptable désabusé.

La bande annonce donne le ton d’une comédie US fort peu recommandable. Pour les fans inconditionnels de Dwayne « The Rock » Johnson, on ne saurait trop les aiguiller plutôt sur la série Ballers dont la saison 2 est diffusée en ce moment même sur OCS en même temps qu’aux States. On est persuadé qu’ils y trouveront bien plus leur bonheur. Et de loin. SG

Dans le noir - AfficheDans le noir (Lights Out) de David F. Sandberg (USA) – 1h21 (Warner Bros. France) – Sortie le 24 août 2016

Petite, Rebecca a toujours eu peur du noir. Désormais, c’est au tour de son petit frère Martin d’être victime des mêmes phénomènes surnaturels. Cherchant à découvrir la vérité, Rebecca comprend que le danger est imminent… Surtout dans le noir.

Pour ceux qui s’en souviennent, le suédois David F. Sandberg avait enflammé la toile en 2013 avec Lights Out, un court-métrage très malin mais surtout très efficace niveau épouvante. Ce n’est donc pas une surprise si Hollywood l’a fait venir en ses terres afin de lui donner l’opportunité de transporter son idée géniale en long-métrage. On reste toutefois assez dubitatif quand au résultat final car ce qui marche pour un CM ne passe pas forcément le rubicond du long surtout quand on a sur le dos des yankees dont la seule motivation est de faire de la thune (comment on caricature ?).  Tout ça pour dire qu’avant même d’avoir foutu les pieds dans la salle de cinoche on sait déjà à quoi s’attendre. Et puis si c’est pour se faire emmerder par des prépubères et pubères boutonneux en mal de sensations cheapos fortes, nous on passe allègrement notre tour… jusqu’à un beaucoup plus excitant Quelques minutes après minuit de Juan Antonio Bayona prévue le 9 novembre prochain. SG

Nerve - AfficheNerve de  Ariel Schulman et Henry Joost (USA) – 1h37 (Metropolitan) – Sortie le 24 août 2016

En participant à Nerve, un jeu qui diffuse en direct sur Internet des défis filmés, Vee et Ian décident de s’associer pour relever des challenges de plus en plus risqués et gagner toujours plus d’argent.

Il a fallu être deux pour réaliser ce truc que sa BA renvoie dans le meilleur des cas à Running Man (ou mieux Le Prix du danger) ou au pire à Ultimate Game. Encore que ce dernier piquait certes les yeux mais 7 ans après, on s’en souvient encore. Pas certain que Nerve puisse prétendre à une telle longévité. On précisera pour finir qu’il s’agit de la sortie Metro de la semaine. Oui on sait c’est gratuit, mais les initiés comprendront. SG

Rester Vertical - Affiche defRester Vertical de Alain Guiraudie (France) – 1h40 (Les Films du Losange) – Sortie le 24 août 2016

Léo est à la recherche du loup sur un grand causse de Lozère lorsqu’il rencontre une bergère, Marie. Quelques mois plus tard, ils ont un enfant. En proie au baby blues, et sans aucune confiance en Léo qui s’en va et puis revient sans prévenir, elle les abandonne tous les deux.

On avait sciemment zappé L’Inconnu du lac qui nous a semblé être par trop ostentatoirement porté aux nues. Un peu comme un joueur français de foot de ligue 1 qui après avoir marqué 6 buts en 5 matchs voit sa côte montée en flèche pour débarquer direct dans un championnat plus huppé où il pourra mieux s’éteindre. On ne souhaite bien évidemment pas la même trajectoire à Guiraudie et si l’on a aussi zappé son Rester Vertical (moins sciemment quand même) dont la BA ressemble tellement à n’importe quel Bruno Dumont, on va laisser notre ami Stef se faire une idée. On avisera par la suite.

Edit 25/08 : 14h, devant la machine à café. « Et cela te dirait que l’on rattrape Peter et Elliott le dragon ? Y a une séance à 17h50 en VO au MK2 Bibliothèque. » « C’est tentant ma poule d’autant qu’avec cette chaleur, une bonne clim ne me fera pas de mal. » Problème Mesdames et Messieurs, la séance en question était en VF. Et quel film débutait au même moment, je vous le donne en mille Émile. Bref, ne voulant pas passer à côté de deux heures à la température moins caniculaire, nous voici en train de mater une chatte pleine de poils qui se fait gentiment caresser et lécher, une queue turgescente prête à l’emploi pour enculer un vieil homme qui vient de boire un élixir afin de l’emmener vers l’au-delà. Le tout devant un petit bébé gazouillant. Il y a aussi des moutons et des agneaux sous la menace de loups féroces. Un « héros » apparemment scénariste de son état qui ne produit rien mais qui demande souvent des virements par téléphone à son producteur (histoire certainement vécue). On a droit aussi à un décor lozérien certes moins minéral que chez Dumont mais on y pense quand même. On passe aussi souvent au sein d’une ville côtière de l’Atlantique sans en savoir plus. Le tout donne une histoire que l’on va qualifier gentiment d’un peu tiré par les cheveux. Pour le moins. C’est que Guiraudie ne se met aucune limite faisant louvoyer son film entre conte pastoral et urbain puis expérience fantasmée où les dialogues pur jus ne dépareillent jamais. Nous on dit pourquoi pas. Le cinéma français d’auteur est entre de bonnes mains mais à l’avenir ce sera définitivement sans nous. 2/5SG

Les Hommes préfèrent les blondes - Affiche 2016Les Hommes préfèrent les blondes (Gentlemen Prefer Blondes) de Howard Hawks (USA) – 1h31 (Théâtre du Temple – Rep. 2016) – Sortie le 30 juillet 1954 – Reprise le 24 août 2016

Une blonde explosive, croqueuse de diamants et une brune foudroyante éblouie par les muscles des beaux messieurs s’embarquent pour la France. Sur le paquebot se trouvent le richissime Piggie et les athlètes américains de l’équipe olympique.

Les Hommes préfèrent les blondes - Affiche 1953Un des sommets dans la filmo de Hawks qui s’en donne à cœur joie pour infuser tout du long une multitude de sous entendus sexuels dont on se demande bien encore aujourd’hui comment les censeurs de l’époque ont-ils bien pu passer à côté. Après, si l’on s’en tient à une lecture superficielle, c’est bien entendu ultra sexiste mais au final c’est bien les femmes qui ont le dernier mot. En apparence uniquement porté par l’argent, elles sont celles qui sont les plus clairvoyantes et les plus intelligentes. Marilyn y est savoureuse mais Jane Russell en brune façon Rita Hayworth dans Gilda a notre préférence. Voilà bien une comédie (formidablement musicale) qui n’a pas pris une ride selon la formulation consacrée. Pour info, le distributeur reprend ici le très beau master restauré par la Fox pour la ressortie en 2012 du film en Blu-ray.  4/5SG

Divines - Afficge defDivines de Houda Benyamina (France) – 1h45 (Diaphana) – Sortie le 31 août 2016

Dans un ghetto où se côtoient trafics et religion, Dounia a soif de pouvoir et de réussite. Soutenue par Maimouna, sa meilleure amie, elle décide de suivre les traces de Rebecca, une dealeuse respectée. Sa rencontre avec Djigui, un jeune danseur troublant de sensualité, va bouleverser son quotidien.

Il faut croire que l’expérience Bande de filles sortie en 2015 semble faire des émules. Tant mieux. À la différence tout de même qu’en lieu et place de Céline Sciamma toute droit sortie du sérail façon centre du 7-5 et de la gauche nuit deboutiste, on ait droit ici à une réalisatrice du cru. De la vraie banlieue quoi. À l’écran cela donne une direction d’actrices plus rentre dedans et une mise en scène qui ne veut pas être récupérée, cataloguée ou bouffée à l’aune du 9-3. De fait, Divines est, à l’image de son héroïne, un film un peu bâtard qui n’évite pas certains écueils générés par son histoire (la prise de conscience finale en forme de châtiment rédempteur très peu convaincant) mais au travers duquel souffle une véritable folie salvatrice dont le cinéma français a viscéralement besoin aujourd’hui au risque de mourir faute d’oxygène. 3/5SG

Le Fils de Jean - AfficheLe Fils de Jean de Philippe Lioret (France) – 1h38 (Le Pacte) – Sortie le 31 août 2016

À trente-trois ans, Mathieu ne sait pas qui est son père. Un matin, un appel téléphonique lui apprend que celui-ci était canadien et qu’il vient de mourir. Découvrant aussi qu’il a deux frères, Mathieu décide d’aller à l’enterrement pour les rencontrer. Mais, à Montréal, personne n’a connaissance de son existence ni ne semble vouloir la connaître…

Lioret s’immisce une nouvelle fois dans les cœurs des hommes et des femmes qu’il filme comme il sait si bien le faire. Avec retenue, tact et une humanité débordante. Une critique plus complète devrait arriver si mes vacances se sont bien passées ;o) 3,5/5SG

Comme toujours Lioret prête une attention toute particulière à ses personnages, leurs interactions et aux liens qui les unissent pour mieux les mettre en exergue au cours d’un dernier acte où les regards, les silences et les non-dits recèlent alors des trésors de sensibilités et d’émotions. 4/5SA

Nocturama - AfficheNocturama de Bertrand Bonello (France) – 2h10 (Wild Bunch) – Sortie le 31 août 2016

Paris, un matin. Une poignée de jeunes, de milieux différents.  Chacun de leur côté, ils entament un ballet étrange dans les dédales du métro et les rues de la capitale.  Ils semblent suivre un plan. Leurs gestes sont précis, presque dangereux.  Ils convergent vers un même point, un Grand Magasin, au moment où il ferme ses portes.  La nuit commence. 

Déjà on aimerait bien comprendre pourquoi Nocturama a les honneurs d’une sortie en salles alors que au hasard Made in France non. Les deux films traitent pourtant du même sujet. Le terrorisme. Mais à y regarder de plus près la réponse est évidente. D’un côté on a une tentative (certes ratée mais tentative quand même) de rendre compte d’une société qui part en éclat en essayant d’en faire un film de genre old school. De l’autre, on a une vision d’un autre temps d’une situation qui sous la caméra de Bonello devient onirique, désenchantée et pour le moins auteurisante. On n’a rien contre les auteurs à la française (quoi que) mais que c’est pénible cette façon de vouloir enluminer ce qui est dorénavant un quotidien anxiogène. Bonello parle de terrorisme ici comme le faisait les cinéastes italiens pour rendre compte des Brigades rouges et leur combat contre une société capitaliste dont ils avaient déjà stigmatisé ses déviances, sa veulerie et sa cruauté. Bonello semble ainsi se tromper de siècle et peut-être même de combat si tant est que son film en représente un. Et s’il faut toujours respecter l’univers d’un artiste et sa façon de régurgiter son monde, on a aussi le droit de ne pas être en phase avec lui et même de penser qu’ici on n’est pas loin d’une forme de trahison sociétale. 0,5/5SG

Un petit boulot - AfficheUn petit boulot de Pascal Chaumeil (France) – 1h37 (Gaumont) – Sortie le 31 août 2016

Jacques habite une petite ville dont tous les habitants ont été mis sur la paille suite à un licenciement boursier. L’usine a fermé, sa copine est partie et les dettes s’accumulent. Alors quand le bookmaker mafieux du coin, lui propose de tuer sa femme, Jacques accepte volontiers… 

Comédie fort sympathique (aujourd’hui on dit feel good movie) qui utilise en fil rouge la crise économique et ses conséquences humaines. Attention ce n’est pas un film à la Ken Loach on est bien d’accord, mais l’histoire adaptée par Michel Blanc d’un livre de Iain Levinson (qui se passe dans une ville yankee) rappelle quelques thèmes chers au cinéaste anglais comme celui des petits qui font face à leur manière au système. En fait, Un petit boulot doit beaucoup à Michel Blanc puisqu’il signe aussi les dialogues souvent très drôles car décalés et teintés d’humour à froid façon Bertrand Blier. Michel Blanc acteur est alors comme un poisson dans l’eau avec en face un Romain Duris qui semble retrouver avec une jubilation non feinte le depuis regretté Pascal Chaumeil à qui l’on doit entre autre L’Arnacœur. Et on n’oubliera pas de citer les seconds rôles comme Gustave Kervern tous amoureusement croqués. C’est assez rare de trouver pareil synergie et équilibre au sein d’une comédie à la française aujourd’hui. Ce serait donc dommage de bouder son plaisir. 3/5SG

Un film à mi-chemin entre polar et comédie sur fond de social qui remplit parfaitement son job, à savoir nous divertir sans temps mort mais qui a par-dessus tout le mérite de remettre à l’honneur un art qui tend à se perdre au cinéma : celui de dialoguiste, domaine dans lequel officie à merveille Michel Blanc (également scénariste). 3,5/5SA

Blood Father - Affiche FR defBlood Father de Jean-François Richet (USA) – 1h28 (SND) – Sortie le 31 août 2016

John Link n’a rien d’un tendre : ex-motard, ex-alcoolique, ex-taulard, il a pourtant laissé tomber ses mauvaises habitudes et vit reclus dans sa caravane, loin de toute tentation.
C’est l’appel inattendu de sa fille Lydia, 17 ans, qui va lui faire revoir ses plans de se tenir tranquille…
Celle-ci débarque chez lui après des années d’absence, poursuivie par des narcotrafiquants suite à un braquage qui a mal tourné.
Lorsque les membres du cartel viennent frapper à la porte de John, ils sont loin de se douter à qui ils ont affaire…

Comment dire les choses simplement ? Blood Father a tout du produit calibré pour sortir en Direct To Video, voire pourquoi pas en e-Cinéma, c’est dire si on est coulant. C’est d’ailleurs ainsi que le film de Richet est disponible aux States où on peut le trouver sur la plupart des plateformes VOD depuis le 12 août. C’est que Blood Father n’a même pas pour lui cette odeur un peu poisseuse de la petite série B que l’on trouvait naguère en tête de gondole de notre vidéoclub préféré. Tout y est au contraire rutilant dans la crasse travaillée avec un Mel Gibson barbu que chaque mimique ou mouvement du corps sentent à plein nez les répétitions du gars qui en a vite marre. Si encore l’histoire dépotait dans le déjà vu. Même pas. La mise en scène de Richet a de plus du mal à se faire voir sinon lors de la séquence de poursuite en moto un brin expédiée quand même. On se demande bien avec le recul ce que Frémaux a bien pu trouver dans Blood Father pour le programmer à Cannes hors compet sinon à compenser la présence de Rester Vertical que les biens pensants du cinéma français n’auraient pas compris qu’il ne soit pas en sélection officielle. On ne voit que cette raison. Et à bien y réfléchir, cela nous va bien. 2,5/5SG

Mel Gibson n’aime rien tant que camper les martyrs / repentis au grand cœur qui souffre pour ceux qu’il aime. Et il le démontre à nouveau ici, notamment au cours de la séquence finale. Mais que ce chemin en forme de réconciliation père-fille est bien long et laborieux avant d’en arriver là. 2,5/5SA

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