Kubo - Image Une Sorties Ciné

Sorties Ciné septembre 2016

C’est la rentrée et au cinoche cela se ressent aussi avec pléthore de films attendus ou non mais qui vont forcément donner le la d’une fin d’année que l’on espère de toute façon plus excitante qu’elle ne le fut jusqu’ici. Car si on fait 5 minutes les comptes, quels films nous ont donné la trique en 2016. Spontanément La Tortue rouge et Braqueurs. Et puis à quelques encablures derrière Jane Got a Gun, Triple 9, Les Ardennes, The Witch, Ma Loute, Cafe Society et Tout en haut du monde. Ça fait pas bézef et remplit péniblement l’estomac d’un cinéphage compulsif et encore moins un Top 10 annuel qui fait pour l’instant un tantinet la gueule. Ceci étant dit, sur septembre il y en a au moins deux qui viendront s’y greffer lui donnant déjà plus de couleurs. Il s’agit de Comancheria, polar westernien contemporain savoureux et surtout du film d’animation (encore un) Kubo et l’armure magique à la tessiture sublime et à la richesse scénaristique très très rarement vue pour le genre. D’autres se découvriront peut-être mais comme nous ne les avons pas encore découverts au moment d’écrire cette petite intro… On pense à Frantz, le nouveau François Ozon ou à Free State of Jones par le réal du premier Hunger Games (Beurk) mais aussi de Pleasantville ou de Seabiscuit, pas des grands films mais de ceux dont on se souvient encore.

Ben-Hur (2016) - AfficheBen-Hur (2016) de Timur Bekmambetov (USA) – 2h04 (Paramount) – Sortie le 7 septembre 2016

Ben-Hur retrace l’histoire épique de Judah Ben-Hur, un prince accusé à tort de trahison par Messala, son frère adoptif, officier de l’armée romaine. Déchu de son titre, séparé de sa famille et de la femme qu’il aime, Judah est réduit à l’esclavage. Après des années en mer, Judah revient sur sa terre natale dans le but de se venger. Il va y rencontrer son destin.

À tous ceux qui gueulent que voilà encore un remake bien inutile, nous leur répondrons sans aucun doute. Et c’est vrai que la BA fait bien pitié quand même. Mais nous rappellerons à toutes fins utiles, que la version flamboyante de 1959 avec un Charlton Heston complètement aux fraises quant à la compréhension de son personnage en était déjà un. De remake. Le film vaut d’ailleurs surtout pour sa course de chars de malade mentale qui reste encore aujourd’hui comme un Everest qui ne sera certainement plus jamais conquis. On rappellera d’ailleurs que Wyler n’en est pas le réalisateur. Une seconde équipe y fut dédiée avec entre autre en son sein un certain Sergio Leone. Ceci étant dit, on ne saurait trop vous conseiller tout de même de simplement (re)voir le film de 59 d’autant qu’il est proposé dans un écrin Blu-ray (et DVD) de toute beauté que notre ami Stef a redéballé pour l’occasion afin de vous pondre un super papier. SG

La première moitié tient la route bon an mal an mais sitôt franchi la première des deux scènes d’action, à savoir la bataille navale qui, tout comme la course de chars finale, fleure bon le CGI accompagnée d’un montage à la serpe, le film sombre dans l’ennui. Mais surtout, le message de paix et d’amour entre les peuples qui sert de fil rouge narratif est d’un tel niveau de naïveté culminant au cours de l’épilogue qu’il ne sera pas interdit de mourir de rires comme à la bonne vieille époque du Jésus II le retour de la Télé des Inconnus. 2/5Stéphane Argentin

Eternité - AfficheÉternité de Trần Anh Hùng (France) – 1h55 (Pathé) – Sortie le 7 septembre 2016

Des hommes et des femmes se rencontrent, s’aiment, s’étreignent durant un siècle, accomplissant ainsi les destinées amoureuses et établissant une généalogie… Une éternité…

« Il n’y a quasiment pas de scènes dans le film, mais seulement des situations esquissées qui passent, qui s’écoulent, entraînées inexorablement par le temps. Pour un cinéaste, c’est un très grand risque que celui pris pour ce film parce que, durant le tournage, je n’ai jamais pu m’appuyer sur la garantie, à la fin de la journée, d’une bonne scène qu’on aura mise en boîte. » – Trần Anh Hùng. Bon ben vous nous direz comment c’est hein ? SG

Si les tranches de vie au cœur de différentes générations d’une même famille sont captées avec une élégance formelle indéniable, tout en ralenti et accompagné de musiques classiques, le concept montre toutefois rapidement ses limites puisqu’il répète encore et toujours le même cycle naissances / trépas. 2,5/5SA

Comancheria - AfficheComancheria de David Mackenzie – 1h42 (Wild Bunch) – Sortie le 7 septembre 2016

Après la mort de leur mère, deux frères organisent une série de braquages, visant uniquement les agences d’une même banque. Ils n’ont que quelques jours pour éviter la saisie de leur propriété familiale, et comptent rembourser la banque avec son propre argent. À leurs trousses, un ranger bientôt à la retraite et son adjoint, bien décidés à les arrêter.

Vous avez le choix entre notre compte-rendu cannois distillé par Nicolas Thys ou notre critique forcément sublime. Mais dans les deux cas, on en dit que du bien. 3,5/5SG

Bien plus qu’un hommage à mi-chemin entre western et film de gangsters, Comancheria retrace au travers de ses deux duos de protagonistes (les deux frangins vs les deux texas rangers) deux siècles d’histoire américaine en brassant pêle-mêle mais avec une intelligence rare des thématiques telles que les native americans, la course à l’or noir ou encore la crise économique ; le tout épaulé par une mise en scène, une direction d’acteurs et des dialogues de très haute volée. 4/5SA

Frantz - AfficheFrantz de François Ozon – 1h54 (Mars Films) – Sortie le 7 septembre 2016

Au lendemain de la guerre 14-18, dans une petite ville allemande, Anna se rend tous les jours sur la tombe de son fiancé, Frantz, mort sur le front en France. Mais ce jour-là, un jeune Français, Adrien, est venu se recueillir sur la tombe de son ami allemand. Cette présence à la suite de la défaite allemande va provoquer des réactions passionnelles dans la ville.

Assurément l’un des films de la rentrée que nous allons très vite rattraper (nous n’avons pas eu le droit à une éventuelle projo de presse). Oh pas pour en parler, juste pour nous. Oui le critique est d’abord un sale con égoïste et ethnocentré. Ce qui revient au même en fait. SG

De ce triangle amoureux au lendemain de la Première Guerre Mondiale découle un puissant message pacifiste tout en abordant déjà en creux les racines du nazisme, le tout traité avec une élégance formelle en noir et blanc ponctué de petites touches colorées intelligemment distillées, et qui ne sera pas sans rappeler par endroits des joyaux tels que Le Silence de la mer (1947) de Melville ou encore Le Ruban blanc (2009) de Haneke. 4/5SA

 

Voir du pays - AfficheVoir du pays de Delphine et Muriel Coulin – 1h42 (Diaphana) – Sortie le 7 septembre 2016

Deux jeunes militaires, Aurore et Marine, reviennent d’Afghanistan. Avec leur section, elles vont passer trois jours à Chypre, dans un hôtel cinq étoiles, au milieu des touristes en vacances, pour ce que l’armée appelle un sas de décompression, où on va les aider à « oublier la guerre ». Mais on ne se libère pas de la violence si facilement…

Prix du Scénario à Cannes à la sélection Un Certain Regard. La bande annonce intrigue et l’histoire itou. C’est tellement rare de surcroît quand le cinéma français aborde l’engagement actuel de nos soldats en Afghanistan que voilà un film qui mérite assurément le coup de rétine. Ce n’est pas faute d’avoir zappé les projos de presse donc on va se faire un devoir d’aller yeuter cela en salles. SG

La question de l’interventionnisme militaire français (dans le cas présent en Afghanistan) est abordée ici avec une lucidité peu commune par l’entremise de cette poignée de soldats (féminins) abimés par la guerre dont on devine bien vite que le retour à la vie « normale » ne sera pas chose aisée pour ne pas dire impossible. 3,5/5SA

Propriété privée - Affiche 2016Propriété privée (1960) de Leslie Stevens – 1h19 (Carlotta – Rep. 2016) – Sortie le 26 juin 1960 – Reprise le 7 septembre 2016 en version restaurée 4K

Duke et Boots sont deux voyous. Un jour, alors qu’ils traînent du côté d’une station service ils voient une jeune femme à bord d’une belle voiture et décident de la suivre. Ils s’installent à côté de chez elle dans une villa inhabitée afin de l’épier…

Propriété privée - Affiche 1960Une véritable découverte exhumée des archives de UCLA Films qui pour le coup l’a restauré en 4K. Film noir réalisé à l’orée des années 60 par un protégé d’Orson Welles, Propriété Privée raconte l’histoire de la lutte des classes dans une Amérique prête à exploser. Deux vagabonds s’installent dans une maison inhabitée sur les hauteurs de Los Angeles pour épier leur voisine, sorte de « desperate housewife » délaissée par son mari, afin d’en faire éventuellement leur quatre heures. Elle est le fruit défendu d’une société de plus en plus injuste et inique. C’est sec, c’est tendu et c’est magnifiquement filmé dans un N&B sublime photographié par Ted McCord, le célèbre chef op à qui l’on doit Le Trésor de la Sierra Madre de John Huston (1948) ou À l’est d’Éden d’Elia Kazan (1955). Parmi les deux compères on trouve Warren Oates dont c’est ici le premier grand rôle avant de devenir une des icônes du Nouvel Hollywood avec par exemple Peckinpah dans Apportez-moi la tête d’Alfredo Garcia (1974). On ne sait si Carlotta prévoit de le sortir en Blu-ray mais ce serait dommage que cela ne soit pas le cas. Aux États-Unis un nouveau label s’en charge, Cinelicious, avec une date de sortie prévue pour le 11 octobre. 3,5/5SG

Le Schpountz - Affiche 2016Le Schpountz (1937) de Marcel Pagnol – 2h09 (Mission Films – Rep. 2016) – Sortie le 6 avril 1938 – Reprise le 7 septembre 2016 en version restaurée 2K

Jeune commis épicier un peu mythomane, Irénée, à qui le cinéma a tourné la tête, est convaincu qu’il deviendra un acteur célèbre. Il rencontre une équipe de tournage qui lui réserve une plaisanterie cruelle… Il arrive aux studios plein d’espoir…

Naïs - Affiche 2016Naïs (1945) de Marcel Pagnol – 1h57 (Mission Films – Rep. 2016) – Sortie le 22 novembre 1945 – Reprise le 7 septembre 2016 en version restaurée 2K

Naïs, jeune paysanne provençale, aime Frédéric, fils débauché des patrons de son père. Elle devient sa « maîtresse des vacances ». Toine le bossu les surprend, mais, par amour pour Naïs, il devient leur complice. Micoulin, le père de la jeune fille, met tout en œuvre pour venger son honneur…

Topaze - Affiche 2016Topaze (1951) de Marcel Pagnol – 2h15 (Mission Films – Rep. 2016) – Sortie le 2 février 1951 – Reprise le 7 septembre 2016 en version restaurée 2K

Instituteur à la pension Muche, Topaze, minable répétiteur incapable de tricher sur les notes de riches cancres, est licencié. Réduit au chômage, il donne des leçons particulières au neveu de Suzy Courtois, une demi-mondaine… Il va alors prendre conscience de la vanité de sa mission éducative et devenir une fripouille cynique…

Victoria - AfficheVictoria de  Justine Triet – 1h36 (Le pacte) – Sortie le 14 septembre 2016

Victoria Spick, avocate pénaliste en plein néant sentimental, débarque à un mariage où elle y retrouve son ami Vincent et Sam, un ex-dealer qu’elle a sorti d’affaire. Le lendemain, Vincent est accusé de tentative de meurtre par sa compagne. Le début d’une série de cataclysmes pour Victoria.

Sorte de dramédie (oui c’est plus in que de dire comédie dramatique) sous Tranxène en ce sens qu’elle est sans cesse sur la retenue prête à exploser à l’image de sa Virginie Efira de Victoria. Une comédienne d’ailleurs plus inspirée que d’hab avec en face un Vincent Lacoste qui offre enfin autre chose que du Vincent Lacoste (morgue, moue, tête à claque et jeu amorphe). Il y a donc une étincelle dans ce corps gloubi-boulga au service d’un film qui se la joue à la marge et qui est doté d’un humour à froid faisant souvent mouche. Après, cela reste un peu vain et au final mineur de par son histoire totalement nombriliste et sans véritables enjeux. 3/5SG

Une crise existentielle de la quarantaine au féminin en forme de dramédie qui remplit parfaitement le cahier des charges entre (sou)rires et émotions. Sans surprise tant sur le fond que sur la forme, l’ensemble ne s’en laisse pas moins regarder avec un certain plaisir, à commencer par celui de découvrir Virginie Efira dans un rôle plus introspectif qu’à l’accoutumé. 3,5/5SA

On vous invite aussi à lire le compte rendu cannois signé Nicolas Thys beaucoup plus enthousiaste.

War Dogs - AfficheWar Dogs de Todd Phillips (USA) – 1h55 (Warner Bros. France) – Sortie le 14 septembre 2016

Deux copains âgés d’une vingtaine d’années vivant à Miami Beach à l’époque de la guerre en Irak, profitent d’un dispositif méconnu du gouvernement fédéral, permettant à de petites entreprises de répondre à des appels d’offres de l’armée américaine. Si leurs débuts sont modestes, ils ne tardent pas à empocher de grosses sommes d’argent et à mener la grande vie.

Jonah Hill a annulé toutes ses interviews françaises du fait de la saillie certes grossière (oups j’ai dit gros) assénée par la nouvelle Miss Météo du Grand Journal de C+. La belle affaire. Le gars s’il n’assume pas son physique faut pas faire acteur mais routier. Quant aux journaleux qui déplorent à grands cris la perte de ce « junket », qu’ils ne viennent plus faire les mariolles à l’avenir en se plaignant de ce format d’entretiens totalement téléguidé par les Majors uniquement mis en place depuis plus d’une décennie maintenant pour assurer la promo d’un film. Et War Dogs justement, ça vaut quoi ? Et ben on l’a pas vu pour changer. SG

Edit : Voilà un rattrapage du tonnerre. Cela faisait en effet longtemps que l’on ne s’était pas trompé sur un film à ce point. Au point donc de ne pas le voir en salles. Car ce War Dogs est de la graine de ces productions qui avancent un peu caché ne révélant au final leur vraie nature qu’en les découvrant. La « faute » à une com axée uniquement sur le côté fun et comédie de la chose pour donner à War Dogs un aspect décalé tout en occultant quelque peu son vrai sujet. La déréglementation du trafic d’armes opérée sous l’administration Bush permettant à quelques amateurs de s’engouffrer dans une brèche dont ils ne mesurent pas les conséquences. C’est superbement traité. Les deux acteurs Miles Teller (Whiplash) et Jonah Hill sont au diapason et la mise en scène toute en retenue diffuse tout du long un malaise uniquement palpable à la fin. C’est d’ailleurs toute la force du film qui relègue in fine son sujet qui ne devient qu’une toile de fond pour s’intéresser à l’humain où là tous les coups sont permis. 3,5/5SG

Difficile de ne pas penser à plusieurs reprises à Lord of war (2005) tant War Dogs tente lui aussi de mettre à mal le libéralisme militaro-économique qui a pris des proportions hors de tout contrôle sous l’administration Bush et son vice-président Dick Cheney. Et si le long-métrage de Todd Phillips n’arrive pas à la cheville du joyau signé Andrew Niccol, préférant sortir une Grosse Bertha pas toujours aussi finaude que son prédécesseur, la charge n’en demeure pas moins d’une certaine pertinence, grâce notamment à la performance de Miles Teller, aussi remarquable de sensibilité que dans le long-métrage qui le révéla pour de bon, le somptueux Whiplash. 3,5/5SA

La Taularde - AfficheLa Taularde de Audrey Estrougo (France) – 1h40 (Rezo Films) – Sortie le 14 septembre 2016

Pour sauver l’homme qu’elle aime de la prison, Mathilde prend sa place en lui permettant de s’évader. Alors que sa survie en milieu carcéral ne dépend que de lui, Mathilde n’en reçoit plus aucune nouvelle. Isolée, soutenue uniquement par son fils, elle répond désormais au numéro d’écrou 383205-B. Mathilde deviendra-t-elle une taularde comme une autre ?

Allez hop, un petit tour vers notre critique et vous ferez des heureux du côté de notre staff qui mesure nos énormes audiences au quotidien. SG3/5

Dès la toute première séquence, le film nous happe dans son univers carcéral anxiogène entre mise en scène épurée et bande-son volontairement bruyante. Le fil conducteur n’est plus tant alors d’évoquer ce qui se passe dehors (le fuyard de mari)  mais bien avec plus ou moins de bonheur, ce microcosme social que le personnage-titre va appréhender en se muant peu à peu de la petite intello BCBG du début en une forme plus régressive d’individu qui n’aspire plus qu’à une seule chose : survivre dans cette jungle et se faire entendre. 3,5/5SA

Clash - AfficheClash de Mohamed Diab (Égypte – France) – 1h37 (Pyramide Distribution) – Sortie le 14 septembre 2016

Le Caire, été 2013, deux ans après la révolution égyptienne. Au lendemain de la destitution du président islamiste Morsi, un jour de violentes émeutes, des dizaines de manifestants aux convictions politiques et religieuses divergentes sont embarqués dans un fourgon de police. Sauront-ils surmonter leurs différences pour s’en sortir ?

C’est si bien chroniqué par notre ami Nico qui l’a vu lors de ses vacances à Cannes que l’on n’a pas eu envie de le contredire en allant voir le film. Oui on sait, on est un peu des bâtards à DC. SG

Free State of Jones - AfficheFree State of Jones de Gary Ross (USA) – 2h19 (Metropolitan) – Sortie le 14 septembre 2016

Free State of Jones retrace l’histoire vraie de Newton Knight, un modeste fermier du Mississippi qui, durant la guerre de Sécession, mena un groupe de déserteurs et d’esclaves en fuite contre l’armée des Confédérés. Alors que la Guerre Civile américaine divise la nation, Knight et ses hommes tentent de former l’État libre de Jones.

Une première partie enlevée et inspirée contrebalancée par une seconde plus didactique et contrite. Comme s’il fallait absolument que le film de Gary Ross soit d’abord un concentré d’auto flagellation en forme d’impossible rédemption à l’encontre du sale blanc esclavagiste. C’est bon on a déjà donné avec 12 Years a Slave. Heureusement, Free State of Jones c’est aussi la découverte d’un pan d’histoire des États-Unis fort peu connu sinon dans l’État du Mississippi. Voilà la vraie injustice dûment réparée. Ce qui permet aussi au réalisateur du premier Hunger Games de monter d’un cran dans la hiérarchie des cinéastes qui comptent dans la mesure où il réussit au final à dompter un matériau très ambitieux. Ce que sa filmo ne laissait aucunement présager jusqu’ici. 3/5SG

Where To Invade Next - AfficheWhere To Invade Next de Michael Moore (USA) – 2h00 (Chrysalis Films) – Sortie le 14 septembre 2016

Dans son nouveau documentaire, Michael Moore décide de s’amuser à envahir le monde pour déterminer ce que les États-Unis peuvent apprendre des autres pays.

Michael Moore est depuis longtemps (certaines mauvaises langues diront depuis toujours) en mode roue libre. En fait depuis Sicko où on a encore en mémoire ce couple de parisiens vivant dans le Marais aux revenus censés être représentatif de la classe moyenne française. La prise de conscience fut brutale et mettait du coup en lumière les procédés pour le moins manipulateurs du sieur Moore. Ou alors c’est qu’il reste un grand naïf. Mouais. Avec Where To Invade Next, la démonstration et la façon d’y arriver usent des mêmes dispositifs / artifices. Le couple de romains aux 8 semaines de congés payés, la prison modèle en pays nordique, les étudiants qui ne payent pas leur scolarité, ces finlandais qui n’ont pas de devoirs à faire à la maison ou encore cette cantine modèle avec chef en toque en cuisine pour bouts de chou dans le Calvados… L’idée étant de ramener ces « bonnes idées » aux États-Unis mais pas sans avoir virtuellement envahi tous ces pays visités avant histoire de bien rappeler encore une fois le pedigree belliciste de ses concitoyens. Bref on est en terrain connu et la dégaine pour le moins poussive de Moore doublée d’un embonpoint très yankee nous font dire qu’une fois le film terminé, l’homme doit être très heureux de rentrer chez lui pour se faire un Mac Drive. 2,5/5SG

Showgirls - Affiche 2016Showgirls de Paul verhoeven (USA) – 2h11 – Sortie le 10 janvier 1996 – Reprise en version restaurée 4K le 14 septembre 2016 (Pathé Films)

Sans famille, sans amis et sans argent, Nomi Malone débarque à Las Vegas pour réaliser son rêve : devenir danseuse. A peine arrivée, elle se fait voler sa valise par l’homme qui l’a prise en stop. Perdue dans la ville, Nomi doit son salut à Molly Abrams, costumière au «Cheetah», un cabaret réputé de la ville.

Showgirls - Affiche 1996Marrant de constater comment la critique (française et ricaine) a retourné sa veste sur ce film en 20 ans. Showgirls a en effet subi une réhabilitation spectaculaire lui qui fut considéré en son temps comme le pire film de l’année voire de la décennie avec à la clef les bras chargés de prix aux Razzies Awards. À tel point d’ailleurs qu’aujourd’hui on commence à tomber dans l’excès inverse. Showgirls n’est pas le meilleur film de Verhoeven, pas le pire non plus. Ce qui est certain c’est qu’il est dans la droite lignée de ce qu’il avait réalisé jusqu’ici entre filmage outrancier et histoire qui joue à fond avec la psyché d’un pays bigger than life dans le seul but d’en dénoncer les nombreux travers. Et ce que l’on peut dire aussi c’est que si Basic Instinct qui fut encensé en son temps a pris un coup de beaucoup moins bien dans l’aile, Showgirls reste égal à lui-même. Les défauts et qualités constatés à l’époque n’ont pas bougé d’un iota faisant de ce morceau de bravoure boursouflé sur pelloche le témoignage privilégié d’une quasi fin de cycle où Verhoeven ne fut jamais aussi libre qu’ici pour exprimer sans plus aucun artefacts ses pulsions amour / haine envers un pays qu’il déteste autant qu’il le fascine. 3/5SG

On précisera pour finir, car on est pas bégueule à DC, que notre collègue mais néanmoins ami Stef vous a mitonné un papier aux petits oignons revenant en détail sur cette ressortie qui s’est faite concomitamment en Blu-ray car motivée par une très belle restauration 4K. Cela se passe ici.

L'Aurore - Affiche reprise 2016L’Aurore de Friedrich Wilhelm Murnau (USA) – 1h37 – Reprise en version restaurée inédite au cinéma le 14 septembre 2016 (Théâtre du Temple)

Un pêcheur s’éprend d’une citadine aux allures de vamp. Sous l’influence de celle-ci, il décide de noyer son épouse, mais change d’avis une fois sur la barque. Effrayée, la femme fuit en ville. Elle est bientôt rejointe par son mari, désireux de se faire pardonner.

Une belle critique racée écrite avec en tête la promesse d’une rétribution conséquente vous attend en cliquant sur tout ou partie de cette phrase que je vais étirer le plus possible rien que pour le plaisir malsain de savoir que vous allez la lire jusqu’au bout alors que franchement à ce stade de la lecture elle ne sert vraiment plus à rien.  5/5SG

Kubo - AfficheKubo et l’armure magique de de Travis Knight (USA) – 1h42 (Universal Pictures France) – Sortie le 21 septembre 2016

Kubo est un être aussi intelligent que généreux, qui gagne chichement sa vie en sa qualité de conteur, dans un village de bord de mer. Cette petite vie tranquille, ainsi que celle de ses compagnons Hosato, Hashi et Kamekichi va être bouleversée quand par erreur il invoque un démon du passé. 

Un petit tour vers notre critique bien écrite avec des mots fleuris et un phrasé stylé nous contenterait au plus haut point. 4/5SG

Visuellement à s’en décrocher la mâchoire, scénaristiquement réglé comme une horlogerie suisse, humoristiquement à s’en péter les zygomatiques, émotionnellement à vous déchirer le cœur en petits morceaux, thématiquement bourré d’une foultitude d’idées d’une intelligence rarement atteinte pour un « simple » dessin animé. En un mot comme en mille : un chef-d’œuvre. 5/5SA

Cézanne et moi - AfficheCézanne et moi (2016) de Danièle Thompson (France) – 1h54 (Pathé Distribution) – Sortie le 21 septembre 2016

Ils s’aimaient comme on aime à treize ans : révoltes, curiosité, espoirs, doutes, filles, rêves de gloires, ils partageaient tout. Paul est riche. Emile est pauvre. Ils quittent Aix, « montent » à Paris, pénètrent dans l’intimité de ceux de Montmartre et des Batignolles. 

On avait laissé la fille de Gérad Oury sur le four Des gens qui s’embrassent (160 000 spectateurs en 2013 pour un film budgétisé aux alentours de 20M d’euros). A priori un accident industriel au regard du reste de sa filmo en tant que réalisatrice qui jusqu’ici ne faisait jamais moins que le million d’entrées. Avec Cézanne et moi, la facture est moins salée (12M d’euros) et Danièle Thompson fait maintenant dans le film à costumes. Mais la bande-annonce ne donnera envie qu’aux troisièmes ages qui de toute façon ne les regardent pas. De là à dire que voici un nouvel accident en perspective… Réponse dans un futur box office. SG

La trajectoire des deux personnages en forme de réflexion sur l’Art (avec un « A » majuscule) et l’amitié n’est pas forcément déplaisante mais ce biopic n’en demeure pas moins ultra académique, sans éclat et in fine mou du genou. 2,5/5SA

Juste la fin du monde - AfficheJuste la fin du monde (2016) de Xavier Dolan (Canada – France) – 1h35 (Diaphana Distribution) – Sortie le 21 septembre 2016

Après douze ans d’absence, un écrivain retourne dans son village natal pour annoncer à sa famille sa mort prochaine.
Ce sont les retrouvailles avec le cercle familial où l’on se dit l’amour que l’on se porte à travers les éternelles querelles, et où l’on dit malgré nous les rancoeurs qui parlent au nom du doute et de la solitude.

Avis cannois par Nicolas Thys2/5

« Je ne suis pas très doué par les paroles » déclare peu ou prou le personnage de Marion Cotillard au début du film. Une assertion qui pourrait s’appliquer au métrage tout entier tant cette adaptation d’une pièce de théâtre sonne bien souvent faux dans son phrasé en vue d’exacerber les sentiments autour de ces retrouvailles familiales à la mise en scène symptomatique du cinéma de Xavier Dolan ; à savoir entrecoupés à intervalles réguliers de séquences musicales au ralenti que l’on croirait toutes droit sorties d’un mauvais vidéoclip. SA2/5

 

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