Youth

Sorties ciné du 9 septembre 2015 : La Grande Bellezza

La rubrique forcément hebdo Sorties ciné nous permet de nous répandre en quelques lignes souvent de mauvaise foi et peu argumentées sur les sorties de la semaine. Certaines auront eu les honneurs d’une critique circonstanciée, d’autres (et c’est la majorité) non. Parce que on a eu la flemme, parce que le film est mauvais, parce que on a rien à dire d’intéressant, parce qu’on ne l’a pas vu… mais on va quand même dire ce que l’on en pense. Bref, l’idée est de se défouler et accessoirement d’informer. Pas le contraire. Ce serait trop simple et trop vertueux. Ce que, comme chacun le sait, nous ne sommes pas à DC.

Youth - Affiche CannesYouth de Paolo Sorrentino – 1h58 (Pathé)

C’est le printemps, Fred et Mick, deux vieux amis approchant les quatre-vingts ans, sont en vacances dans un bel hôtel au pied des Alpes. Fred, compositeur et chef d’orchestre, est désormais à la retraite. Mick, réalisateur, travaille toujours.

Après la claque La Grande Bellezza, Paolo Sorrentino remet le couvert avec ce Youth reparti injustement broucouille du dernier festival de Cannes. On développe la chose ici. Et pour ceux qui ont la flemme de lire, il y a notre analyse en vidéo là. On vous gâte et surtout ne dites pas merci bande d’ingrats. 4/5SG

Par le prisme de deux artistes, Sorrentino s’interroge avec force interprétation et mise en scène onirique sur le legs d’une vie / carrière qui s’achève où famille et grandes œuvres s’enchevêtrent dans un somptueux maelström de personnages, d’images et d’émotions. 4/5SA

Transporteur héritage- AfficheLe Transporteur Héritage de Camille Delamarre – 1h37 (EuropaCorp)

Frank Martin est spécialisé dans le transport de colis top secrets pour des clients pas toujours recommandables. Alors que son père lui rend visite dans le Sud de la France, Frank se retrouve entraîné dans un braquage par Anna, cliente mystérieuse et manipulatrice.

Faut juste jeter un œil à la BA ci-dessous pour comprendre qu’il n’est pas question une minute que j’aille pleurer du sang à la vision de ce truc.  SG

Affiche - PrémonitionsPrémonitions (Solace)  de Afonso Poyart – 1h41 (SND)

Un tueur en série énigmatique sévit à Atlanta, laissant le FBI totalement désemparé. Quoi qu’ils fassent, les enquêteurs ont toujours un coup de retard, comme si le tueur pouvait anticiper leurs mouvements à l’avance !

On aurait bien aimé le voir mais il faut croire que du côté de chez SND, on ne faisait pas assez confiance au film pour le montrer à la presse. Ou alors tout le monde était en vacances à fêter on ne sait quoi. Séance de rattrapage quoi qu’il en soit car la BA et l’histoire ne laissent pas insensibles… SG

Jamais entre amis - Affiche françaiseJamais entre amis (Sleeping with Other People)  de Leslye Headland – 1h41 (La Belle Company)

Jake et Lainey ont perdu ensemble leur virginité sur un coup de tête à l’université. Quand ils se recroisent 12 ans plus tard à New York, ils réalisent tous les deux qu’ils sont devenus des champions de l’infidélité.

Film découvert à Sundance cette année et qui vient aussi d’être montré à Deauville. Pas ce que l’on appelle le buzz du moment et au vu de la BA, pas de quoi en faire la comédie romantique de l’année non plus. Précisons que la réal Leslye Headland nous avait précédemment pondu Bachelorette avec Kirsten Dunst qui surfait un peu trop visiblement sur l’après Mes meilleures amies avec une certaine Kristen Wiig devant la caméra mais surtout au scénar.  SG

Affiche - Life (2015)Life de Anton Corbijn – 1h51 (ARP)

Un jeune photographe qui cherche à se faire un nom croise un acteur débutant et décide de lui consacrer un reportage. Cette série de photos iconiques rendit célèbre le photographe Dennis Stock et immortalisa celui qui allait devenir une star : James Dean…

Le paysage de la production cinoche yankee actuelle est vraiment d’une pauvreté navrante. Quand on ne nous refourgue pas des blockbusters indigents ou suites au mieux un tantinet inspirées (on pense à Mission: Impossible), on a droit à des biopics à la pelle. Ici ce sont les premiers pas de James Dean, la semaine prochaine ce sera au tour de Lance Amstrong (The Program), du groupe N.W.A (Straight Outta Compton) ou encore de Bobby Fischer, le prodige américain des échecs dans Le Prodige justement. Mais le pire restant la pelletée de productions « inspirées d’une histoire vraie ». Le comble dans tout cela c’est que le réal néerlandais Anton Corbijn avait déjà réalisé un biopic avec Control. De là à dire que la panne d’inspiration ou le manque d’audace des producteurs est plus que patente, il n’y a qu’un pas que nous franchissons allègrement. (Re)voyez plutôt la trilogie magique À l’est d’Éden / La Fureur de vivreGéant. SG

Affiche - Au plus près du soleilAu plus près du soleil de Yves Angelo – 1h43 (ARP)

Sophie, juge d’instruction, auditionne un jour Juliette, pour des faits d’abus de faiblesse sur son amant. Elle se rend compte après enquête que la prévenue est la mère biologique de l’enfant qu’elle a adopté. Loin de se dessaisir de l’affaire, Sophie s’acharne contre cette femme. 

On n’avait plus de nouvelles d’Yves Angelot réalisateur depuis 1995 et Les âmes grises. Et franchement il ne nous avait pas manqué tant il représente ce qu’il y a de plus pompier et lourd au sein de notre cinéma. Là, apparemment, il s’essaye à la chronique sociale dans l’air du temps mais la bande annonce a beau cacher les tics de mise en scène et la photo ultra travaillée, on sent bien que les vieux démons ne sont pas très loin pour ce par ailleurs excellent chef op de formation. SG

Affiche - Les chansons que mes frères m'ont apprisesLes Chansons que mes frères m’ont apprises (Songs My Brothers Taught Me) de Chloé Zhao – 1h34 (Diaphana)

Johnny vient de terminer ses études et s’apprête, avec sa petite amie, à quitter la réserve indienne de Pine Ridge pour chercher du travail à Los Angeles. La disparition soudaine de son père vient bousculer ses projets.

Il paraît que c’est très bien, c’était à la dernière Quinzaine cannoise (mais aussi à Sundance et à Deauville là encore) et Libé n’a pas eu la possibilité de le revoir. Nous oui (non on ne se la pète pas). Mais pas motaïve… Histoire de pouvoir continuer à cracher sur la production cinoche US. La classe quoi (ou pas). SG

Affiche - Queen of EarthQueen of Earth de Alex Ross Perry – 1h30 (Potemkine)

Catherine traverse une mauvaise passe. Son amie d’enfance, Virginia, l’emmène dans la maison de campagne de ses parents, nichée au bord d’un lac. Le lieu semble idéal pour se ressourcer, mais l’état de Catherine se dégrade et ne tarde pas à prendre une tournure inquiétante. 

Il faut saluer l’énergie et la passion de Potemkine à continuer de distribuer les films d’Alex Ross Perry dont seule une petite poignée d’hypsters cinéphiles parisiens connaissent la filmo. On notera toutefois ici que le cinéaste originaire de Pennsylvanie qui a fait jusqu’ici toutes ses gammes à New-York et qui est une des têtes de pont de la mouvance Mumblecore, veut changer de braquet en travaillant avec des actrices professionnelles comme Elisabeth Moss (la coincée du ionf dans Mad Men). Le résultat donne une bande annonce très intrigante et un film que l’on aurait du aller voir en projo de presse car niveau séance de rattrapage cela va être coton avec juste 8 copies en circulation… Pour info sinon Alex Ross Perry vient de se faire engager par Disney pour travailler sur une version live de Winnie l’Ourson. Quand on vous dit que le cinéma US part en couilles.  SG

Conte des chrysanthèmes tardifs - AfficheContes des chrysanthèmes tardifs (Zangiku Monogatari) de Kenji Mizoguchi – 2h22 (Carlotta – Rep. 2015)

Tokyo à la fin du XIXe siècle. Kikunosuke est un jeune acteur de kabuki extrêmement populaire qui jouit d’un énorme succès auprès des femmes. Il est en réalité un piètre comédien, ce que personne n’a le courage de lui dire car il est le descendant d’une célèbre lignée d’acteurs.

La plus belle reprise de la semaine et certainement même du mois c’est ce Mizoguchi datant de 1939 qui n’est sorti en France pour la première fois qu’en 1981. Tourné alors que le Japon subit de plein fouet la dictature militaire, Mizoguchi se tourne vers le passé pour ne pas s’exposer à la censure. Pour autant, cette histoire qui prend place dans l’univers du théâtre japonais ne se gêne pas pour analyser avec un réalisme soigné les évolutions de la société nippone. Présenté dans une splendide restauration 4K (dans une seule copie au Champo Espace Tati pour l’instant), Contes des chrysanthèmes tardifs contient toute la quintessence de l’art de Kenji Mizoguchi, et annonce ses chefs-d’œuvre à venir comme Contes de la lune vague après la pluie ou Les Amants crucifiés. Carlotta nous a confirmé détenir les droits vidéo pour une éventuelle sortie en Blu-ray en 2016. Mais si vous n’êtes pas parisien et que vous êtes impatient, un coffret Blu-ray anglais édité par Artificial Eye existe depuis 2012 où l’on retrouve entre autre le film. Par contre, point de restauration 4K ici. 4,5/5SG

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