La Mécanique de l'ombre (2016) de Thomas Kruithof

Fiche film : La Mécanique de l’ombre

« La toile de fond du récit s’inspire librement de plusieurs crises ou complots, avérés ou supposés, qui ont eu lieu en France ces trente dernières années : la crise des otages du Liban dans les années 80, les carnets de Takieddine. Et plus largement le soupçon d’instrumentalisation des services secrets à des fins politiques qui flotte dans l’actualité du pays. […] J’ai toujours été un grand amateur de romans d’espionnage, notamment ceux de John Le Carré, et aussi du cinéma de complot. J’étais aussi un auditeur passionné de Rendez-vous avec X sur France Inter, une émission qui racontait l’histoire secrète des grandes affaires politico-judiciaires. L’espionnage regorge de situations humaines conflictuelles et passionnantes. L’infiltration, le secret, la manipulation, sont par essence très cinématographiques. Mais surtout, de la même manière que le genre policier permet d’aborder des problèmes sociaux, le film d’espionnage donne un cadre pour parler de l’état du monde et des coulisses du pouvoir. Et vu la période de tension politique et géopolitique que nous vivons, et les questions et les peurs que nous avons tous, j’imagine que, comme durant la Guerre Froide, l’espionnage va revenir en force au cinéma, à la télévision, et en littérature. » – Thomas Kruithof à propos de La Mécanique de l’ombre

La Mécanique de l’ombre (2016)

Réalisateur : Thomas Kruithof
Acteurs : François Cluzet, Denis Podalydès, Sami Bouajila, Simon Abkarian, Alba Rohrwacher
Durée : 1h33
Distributeur : Océan Films Distribution
Sortie en salles : 11 janvier 2017

Résumé : Deux ans après un « burn-out », Duval est toujours au chômage. Contacté par un homme d’affaire énigmatique, il se voit proposer un travail simple et bien rémunéré : retranscrire des écoutes téléphoniques. Aux abois financièrement, Duval accepte sans s’interroger sur la finalité de l’organisation qui l’emploie. Précipité au cœur d’un complot politique, il doit affronter la mécanique brutale du monde souterrain des services secrets.

Articles / Liens :

  • Avis express : Pour son premier long, Thomas Kruithof fait montre d’un talent certain dans l’art de projeter le premier quidam venu (Cluzet, une nouvelle fois remarquable) au cœur de cette machiavélique « Mécanique de l’ombre ». Si la première partie pourra rappeler l’excellent La Vie des autres (2007), tous les rouages de cet engrenage infernal se mettent ensuite en place petit en petit pour exposer toutes les ramifications qui unissent barbouzes (Simon Abkarian), services secrets (Sami Bouajili), électrons libres (Denis Podalydès, glaçant) et politiciens jusque dans les plus hautes sphères de l’État à l’ère du terrorisme et de ses prises d’otages médiatisées. Et si le réalisateur cite Le Carré, difficile également de ne pas y voir l’un des plus dignes héritiers du mythique 3 jours du condor (1975) de Sydney Pollack. 3,5/5 – SA
  • Avis express bis : On sera beaucoup moins dithyrambique. C’est que cette Mécanique de l’ombre n’a pour lui qu’une direction d’acteurs vraiment inspirée (les deux face-à-face Cluzet / Podalydès sont magnifiques) et un sens de l’espace que vient sans conteste affirmer certains jolis plans et éléments de décors anxiogènes. Mais que tout cela se dilue dans une histoire pour le moins fourre-tout. Le problème ce n’est pas que l’on n’y croit pas un instant mais c’est que les quelques références de cinéma auxquels ce premier long signé Thomas Kruithof fait appel sont tellement peu digérées qu’elles écrasent cette mécanique dans l’œuf pour n’en faire qu’une simple broutille qui ne ferait même pas les entrefilets des faits-divers d’un journal gratuit d’une petite ville de Province (si tant est que cela existe). Reste qu’avec un peu plus d’ambitions et de maturité Thomas Kruithof peut se révéler être un cinéaste à suivre avec intérêt. 2,5/5Sandy Gillet

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