To Kill a Mockingbird - Image Une

Fiche film : Du silence et des ombres

Le film Du silence et des ombres (To Kill a Mockingbird) de Robert Mulligan est d’abord un roman publié par Harper Lee en 1960. Originaire du Sud des États-Unis, elle a la particularité d’être l’auteure d’un roman unique, ayant connu un très grand succès et qui reçu le Prix Pulitzer en 1961. Son roman a été traduit en 40 langues et s’est vendu à 30 millions d’exemplaires depuis sa première parution (un million continuent de se vendre par an). C’est un des livres les plus fréquemment étudiés dans les classes américaines et après la Bible, l’ouvrage le plus souvent cité comme ayant changé la vie de ses lecteurs. En 2003, le personnage d’avocat intègre et rigoureux incarné par Gregory Peck, Atticus Finch, arrive même en tête du classement des 100 plus grands héros de l’histoire du Cinéma établi par l’American Film Institute (devant Indiana Jones, James Bond ou Bogart dans Casablanca).

Du silence et des ombres a reçu trois oscars en 1962 dont l’Oscar du Meilleur acteur pour Gregory Peck.

Du silence et des ombres (To Kill a Mockingbird – 1962)

Réalisateur : Robert Mulligan
Acteurs :  Gregory Peck, Mary Badham, Phillip Alford, John Megna, Estelle Evans, Brock Peters, Robert Duvall
Durée : 2h09
Distributeur : Lost Films (Rep. 2017)
Sortie en salles : 31 mai 1963
Reprise : 8 février 2017

Résumé : En 1932, dans la petite ville de Maycomb (Alabama), Atticus Finch, avocat, veuf, élève ses deux enfants, Scout, âgée de six ans, et Jem, âgé de dix ans. Calpurnia, la gouvernante noire tient la maison. Le petit Dill Harris, âgé de six ans, voisin de la famille Finch, est fasciné par les récits de Jem qui lui parle sans cesse de la « maison hantée » où habite leur mystérieux voisin Boo Radley. Un jour, Bob Ewell, un fermier ivrogne, accuse Tom Robinson, un ouvrier noir d’avoir tenté d’abuser de sa fille, Mayella. Atticus Finch va se charger de sa défense…

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  • Avis express : C’est peu de dire que Du silence et des ombres est un chef-d’œuvre magistral qui année après année n’en finit pas de s’imposer comme l’un des films les plus importants de l’histoire du cinéma. Ne serait-ce que par ses thématiques abordées, l’histoire et bien entendu par ses partis pris de mise en scène à hauteur d’enfants qui en fait sans aucun doute ici le pendant étincelant de La Nuit du chasseur. Adapté du seul roman écrit par Harper Lee devenu un best-seller instantané mais aussi l’une des pierres angulaires de la littérature américaine du XXème siècle, To Kill a Mockingbird s’inscrit dans une décennie, les années 60, où la société américaine va subir de profonds bouleversements dont l’un des points d’orgue est le mouvement pour les Civil Rights qui aboutira à rendre illégale la discrimination raciale à l’égard des noirs. Le livre et bien entendu le film en rendent compte à leur manière via l’histoire de cet avocat blanc qui, dans une petite ville du sud des années 30, va défendre un noir accusé d’un viol sur une femme blanche pour lequel il clame son innocence. Le côté crapuleux du père ne laisse en effet aucun doute quant à l’aspect pédophile et consanguin de la chose mais Harper et puis le réalisateur Robert Mulligan abordent cette histoire sous le regard exclusif des enfants. Un angle qui tient tout simplement du génie car il permet de suggérer tout du long une histoire qui aurait pu rebuter si elle avait été traitée bien plus frontalement. Mais que l’on ne s’y trompe pas. Tout comme dans La Nuit du chasseur déjà cité et qui est de 7 ans son aîné, la violence du monde des adultes n’est pas édulcorée, bien au contraire, avec en sus cette perte d’innocence en une séquence climax de fin toujours aussi dérangeante car faisant appelle à une mise en scène qui joue des codes de l’imagerie flamboyante et onirique proches des enluminures qui pouvaient illustrer les contes (de Grim au hasard) pour enfants au siècle dernier. C’est Gregory Peck qui joue le rôle de cet avocat droit dans ses bottes et dans ses convictions. Alors que le rôle avait été initialement proposé à James Stewart qui le refusa par peur de la controverse, Gregory Peck tient sans aucun doute là l’interprétation de sa vie. Il EST cet avocat devenu veuf qui éduque ses enfants avec droiture et intégrité tout en leur inculquant la tolérance et l’amour du prochain. Il le fait sans que jamais son personnage passe pour une caricature bien pensante tout droit sorti d’une imagerie d’Épinal. Enfin et au-delà de la prestation des deux enfants au naturel confondant, on citera Robert Duvall dont c’était la première apparition au cinéma dans un personnage magnifique qui fait le liant entre le monde des adultes et celui des enfants. SG5/5
  • La chronique Blu-ray : L’édition 100ème anniversaire sortie en novembre 2012 semble épuisée. Elle reprend l’intégralité des bonus présents sur l’édition DVD de 2001 tout en en rajoutant d’autres. C’était encore le temps où les éditeurs phares sortaient eux-mêmes leur film de catalogue avec à la clef une restauration qui reste encore aujourd’hui une référence. Autant dire que si vous trouvez cette édition en occase, il ne faut pas hésiter.

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