Mate-me por favor - Image une fiche film

Fiche film : Mate-me por favor

La réalisatrice Anita Rocha da Silveira est scénariste, monteuse et réalisatrice de trois courts-métrages, The Noon Vampire (2008), Handball (2010) et The Living Dead (2012) qui a été selectionné à la Quinzaine des Réalisateurs en 2012. Mate-me por favor est son premier long-métrage.

L’idée de départ est venue à la cinéaste en 2011. En effet, cette année-là, la productrice Vania Catani lui propose de financer son premier long-métrage. L’artiste décide alors de s’inspirer des thèmes présents dans ses courts-métrages afin de les sublimer dans un long, notamment l’idée d’explorer comment les adolescents appréhendent la mort et l’amour.

Une des raisons qui a poussé Anita Rocha da Silveira à écrire Mate-me por favor est le suicide d’une de ses amies. La réalisatrice avait alors 21 ans et a été très marquée par ce drame. Elle s’est alors plongée dans l’étude de l’adolescence, cette période où l’on teste les limites de son corps jusqu’à se mettre en danger.

Mate-me Por Favor (2015)

Réalisateur : Anita Rocha da Silveira
Acteurs :  Valentina Herszage, Dora Freind, Mariana Oliveira
Durée : 1h44
Distributeur :  Wayna Pitch
Sortie en salles : 15 mars 2017

Résumé : Une vague de meurtres tourmente une génération d’adolescents esseulée tout autant fascinée par la sexualité que par la mort, les selfies et… Jésus…

Articles / Liens :

  • Avis express : De temps à autre, le Brésil du cinéma nous envoie le haut du panier de sa production. On a ainsi pu repérer un certain Fernando Meirelles et son formidable La Cité de Dieu en 2004 (depuis passé à Hollywood avec le très réussi The Constant Gardener) ou José Padilha et le non moins OFNI Troupe d’élite (lui aussi passé depuis à Hollywood avec le pitoyable remake de RoboCop) ou encore le formidable film d’animation Le Garçon et le monde (2014) de Alê Abreu sans oublier de temps à autre un passage à Cannes avec en 2016 Aquarius de Kleber Mendonça Filho depuis sorti dans nos salles. Un panel bien entendu non exhaustif mais qui montre tout de même la rareté ou la difficulté du cinéma brésilien à s’offrir à nos rétines. Avec Mate-me por favor, l’occasion est donc trop belle d’y repasser une tête le temps d’un film pour le moins atypique. Enfin, pas tant que cela en fait. Le sentiment d’atypique nous vient en effet spontanément car on ne s’attend pas à un tel sujet et à un tel traitement venant d’un pays comme le Brésil. C’est dire aussi nos préjugés cinématographiques. On est dans une ville nouvelle où les immeubles d’habitation poussent comme des champignons et où une classe moyenne plutôt aisée pour le pays s’y répand depuis une quinzaine d’années. Leurs enfants sont maintenant des ados qui sont scolarisés dans des écoles huppés et qui comme partout ailleurs traînent leur ennuie à longeur de journées et de soirées. Mais une série de meurtres de jeunes filles commence à frapper la région provoquant diverses réactions chez cette génération en mal de sensations fortes. À commencer par l’héroïne que la réalisatrice dépeint comme une sorte de prédatrice diurne puis nocturne qui recherche à tout prix à se rapprocher de la mort. Sorte de Dracula des temps modernes, elle se meut au sein d’un environnement et d’un décor sans adultes qui rappellent ce que Lynch faisait de mieux du temps de Twin Peaks ou de Lost Highway. Mais c’est aussi les limites de Mate-me por favor qui a trop vouloir égrener les références visuelles en oublie quelque part une histoire qui reste à gué. La réalisatrice n’arrivant en effet jamais à aller jusqu’au bout de son postulat de départ qui est de rendre compte d’un âge où l’on se sent à la fois invincible et extrêmement vulnérable. Ou alors c’est que le cinéma est devenu lui aussi bien trop consensuel ou pire par trop uniforme quelque soit le pays où il bouge encore. 3/5 – SG

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