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Fiche film : UTU

UTU est l’un des plus grands succès du cinéma néo-zélandais. À l’époque, son budget de 3 millions de dollars (environ 30 millions d’aujourd’hui) en faisait la production la plus chère de l’histoire du pays.

Il s’agit du premier film néo-zélandais à avoir été présenté au Festival de Cannes en Sélection Officielle, Hors Compétition. En 1983, il était classé deuxième au box-office néo-zélandais, derrière le film précédent de Geoff Murphy, Goodbye Pork Pie.

Après sa sortie en Nouvelle-Zélande, UTU a été remonté et distribué dans le monde dans une version plus courte, notamment aux États-Unis où l’avant-première du film a eu lieu en 1984 à New-York.

Pour effectuer ce nouveau montage, le négatif du film a été coupé. Il n’y avait donc plus de source pour le film original, ce qui mettait en péril son avenir. En 2010, Graeme Cowley, le chef opérateur du film, a constaté avec tristesse la mauvaise qualité de la copie diffusée à la télévision maorie.

Cowley a immédiatement voulu sauver le film. Après en avoir parlé avec Geoff Murphy, il s’est attelé à l’organisation complexe de la restauration de UTU. Avec l’aide de l’équipe du studio de post-production de Peter Jackson, Park Road Post, Geoff Murphy et Graeme Cowley ont entamé un long processus de réparation numérique des éraflures et autres dommages causés aux 156 000 images du film.

Geoff Murphy en a profité pour reprendre le montage en raccourcissant certaines scènes (au total, dix minutes ont été supprimées) afin de resserrer l’histoire. « Le film est plus âpre, plus intelligent, ce qui le rend plus fort, dit G. Murphy. Nous avons retiré des choses qui à l’époque étaient drôles ou pertinentes mais qui, trente ans plus tard, n’ont plus aucun sens. Le travail de Weta Digital sur l’image est incroyable. Elle est plus belle que lors de la sortie initiale du film. »

UTU (1983)

Réalisateur : Geoff Murphy
Acteurs : Anzac Wallace, Merata Mita, Bruno Lawrence
Durée : 1h57
Distributeur : Diaphana Distribution
Sortie en salles : 27 juin 1984
Reprise : 29 mars 2017 (version restaurée Redux)

Résumé : Nouvelle-Zélande, 1870. Te Wheke, un éclaireur des troupes coloniales, retrouve sa tribu massacrée par l’armée pour laquelle il travaille. Trahi et fou de douleur, il jure de se venger et d’infliger le même châtiment – utu – aux Pakehas (les Néo-Zélandais d’origine européenne).

Articles / Liens :

  • Avis express : Pour les lecteurs et abonnés de la première heure du magazine Starfix, le blaze de Geoff Murphy leur est forcément familier. Forcément. Qui ne se souvient pas en effet de l’avant-première organisée au cinéma L’Escurial Panorama du film Le Dernier survivant ? Un choc pour l’auteur de ces lignes dont l’onde tsunamiesque se perpétue jusqu’à aujourd’hui. Le cinéaste Néo-Zélandais n’en était pas pour autant à sa première forfaiture lui qui sortait justement de UTU, un film qui a longtemps porté sur son dos le fardeau de son coût exorbitant avant qu’un certain Peter Jackson lui vienne à la rescousse. C’est d’ailleurs sa boîte de post-prod qui a œuvré pour sa restauration, Geoff Murphy s’employant de son côté à un nouveau montage plus court de 10 minutes. De UTU, on en gardait un souvenir plus diffus. Le film avait bien entendu été repéré par la rédaction de Starfix qui nous avait donc pris par les deux mains pour nous balancer dans une salle à sa découverte. On avait gardé en mémoire la trogne improbable et tatoué de ce chef maori qui foutait à sac les certitudes colonisatrices et hégémoniques des blancs. Avec cette restauration, c’est à une véritable résurrection à laquelle nous assistons tant UTU avait littéralement disparu des radars depuis (un DVD ou deux à travers le monde et rien en France), sinon dans son pays natal via la sortie en 2015 d’un Blu-ray proposant justement cette version Redux. En attendant le nôtre d’ici la fin de l’année (edit : en fait le 4 juillet 2018), la redécouverte en salle de ce morceau de bravoure nous semble incontournable tant celle-ci est intense et quasi virginale. On a bien là affaire à une forme de western sauvage mais dont on avait oublié le caractère mélancolique et poétique. Geoff Murphy rend ainsi compte d’une culture et d’un peuple qui comme en Afrique du sud avec les zoulous, les aborigènes en Australie et bien entendu les amérindiens aux États-Unis ont été balayés par l’homme blanc, son christianisme de façade et ses convictions d’être tout en haut de la chaîne alimentaire. La surprise vient aussi de cette mise en scène pour le moins épurée où Murphy coupe sans arrêt dans le gras pour ne laisser au spectateur que la vision d’un film au plus près de son héros maori et de la connerie soldatesque afin de nous laisser totalement séché lors du générique final. 4/5 SG

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