La Déchirure - Image une fiche film

Fiche film : La Déchirure

La Déchirure est inspiré de la véritable histoire de Sydney Schanberg, qui obtint le Prix Pulitzer en 1976. Il retrace une partie du périple de son assistant cambodgien Dith Pran dans un pays passé sous la dictature de Pol Pot et des Khmers rouges. Soit l’embrigadement des enfants dès le plus jeune âge, la destruction de toute notion de famille et l’extermination d’un peuple forcé à vivre dans les campagnes.

La Déchirure fut récompensé par trois Oscars : Oscar du meilleur acteur dans un second rôle pour Haing S. Ngor, Oscar de la meilleure photographie pour Chris Menges et Oscar du meilleur montage pour Jim Clark.

La Déchirure (The Killing Fields -1984)

Réalisateur : Roland Joffé
Acteurs : Sam Waterston, Haing S. Ngor, John Malkovich, Julian Sands
Durée : 2h22
Distributeur : Warner Columbia
Sortie en salles : 13 février 1985
Sortie Blu-ray : 24 janvier 2017

Résumé : À l’heure où le conflit américano-vietnamien déborde sur le territoire du Cambodge, Sydney Schanberg, un journaliste américain au New York Times, est un des rares reporters à être encore dans le pays au moment de la prise de Phnom Penh par les Khmers rouges. Seule l’intervention de son assistant cambodgien Dith Pran lui sauve la vie. Les deux hommes se réfugient à l’ambassade de France, mais alors que Shanberg parvient à regagner in extremis les États-Unis, Pran est déporté comme ses compatriotes dans un camp de travail. Le journaliste américain va faire tout son possible pour retrouver Pran.

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  • Avis express : Quand La Déchirure sortit dans les salles de cinéma, la déflagration fut immense. Il faut en effet se remettre dans le contexte de l’époque. Si le génocide perpétré au Cambodge par le régime de Pol Pot était connu, peu d’images avaient fuité des charniers à ciel ouvert ou des exactions au quotidien subies par la population obligée de dorénavant travailler dans les champs quand elle n’était pas rééduquée ou exterminée dans des camps politiques. Si le film de Roland Joffé fit l’effet d’une bombe c’est qu’il montrait aussi tout cela avec aplomb, ne lésinant pas pour dénoncer au passage ce que le grand public ne pouvait seulement imaginer. Et puis les années 80, si elles furent le début des chaînes d’info aux États-Unis et plus généralement celles de la course à l’image et à l’information telle que nous la connaissons aujourd’hui, n’en gardaient pas moins encore une certaine virginité en la matière uniquement déflorées jusque là par la couverture médiatique intense menée lors de la guerre du Vietnam. De fait, « découvrir » d’une manière aussi frontale de telles horreurs qui ont de surcroît pour origine les bombardements américains menés à la frontière lors du conflit vietnamien, avaient de quoi déstabiliser.
    Aujourd’hui, La Déchirure reste une expérience prégnante à l’exception de cette fin filmée façon bluette en totale contradiction avec le reste d’un métrage qui sait si bien jouer sur l’appétence du spectateur sans pourtant jamais tomber dans l’écueil du sur-lyrisme comme le fut un Midnight Express. Au hasard. La mise en scène de Joffé est pourtant ample et parfois même épique, mais le traitement du sujet le ramène sans cesse à quelque chose de plus aride et d’épuré. En effet, il faut posséder quelques notions d’histoire pour suivre car il n’est jamais question ici d’expliquer. La Déchirure n’est pas un film didactique et encore moins démonstratif. Sa véritable raison d’être au final est de dérouler son histoire vraie d’amitié convulsive entre ce reporter du NY Times et son assistant cambodgien qui une fois le pays tombé aux mains des Khmers Rouges fut envoyé dans un camp politique au fin fond de la campagne cambodgienne. Mais c’est la troisième partie qui voit le périple de cet homme pour rejoindre la Thaïlande frontalière qui surprend toujours autant par son jusqu’au boutisme et son naturalisme. Quelque chose qui reste unique dans une filmographie qui depuis fait le grand écart entre le christique/mystique Mission et le très mielleux La Cité de la joie. 3,5/5SG
    • La chronique Blu-ray : Ce n’est pas une totale déception mais on frise toute de même la correctionnelle. Ne serait-ce que par l’encodage en 1080i qui renvoie le film au temps du DVD avec un défilement en 25 images/s. Une gageure quand derrière on s’appuie sur un master certes non restauré mais qui tient la route. Mais là encore l’encodage foire un peu les choses en proposant au final une image bien trop lisse pour ne pas susciter la suspicion de l’utilisation peu intelligente du réducteur de bruit. Il suffit en fait de jeter un œil sur l’import Blu-ray édité par Warner aux États-Unis pour bien comprendre là où le bât blesse. Issu du même master pas exempt de reproches mais qui ancre agréablement le film dans son temps, l’image proposée est bien plus piquée pour ne pas dire contrastée. On a ainsi droit à un joli grain qui participe au côté limite documentaire du film. Sans parler des couleurs que l’on pourrait qualifier de pêchues quand chez Movinside on a plus l’impression qu’elles se sont fait un peu la malle.
      Sur la partie sonore, le Blu-ray fait pour le coup le job. Mais on aurait quand même aimé que le mixage stéréo d’origine ainsi que la musique signée Mike L’Exorciste Oldfield soient un peu mieux mis en valeur. Là encore on est assez loin de l’utilisation optimale de l’outil Blu-ray et des possibilités offertes par un encodage DTS-HD Master Audio.
      Enfin, la partie bonus se réduit à la présence d’un livret écrit par le journaliste Marc Toullec où l’on trouvera les infos essentielles autour du film. Mais exit les compléments présents sur le DVD édité par feu Aventi Distribution sous le label « Les Films de ma vie » (comme c’est le cas ici) issu de la célèbre collection VHS dont le parrain n’était autre que François Truffaut. On y trouvait entre autre un excellent doc qui donnait la parole à un témoin direct de la barbarie des Khmer Rouges. Idéal pour remettre dans son contexte le film. Sans oublier le très bon commentaire audio de Joffé présent quant à lui sur le Blu-ray Warner (en VO uniquement). Quand on sait la bouillie qu’est la nouvelle édition de Dune, il est inutile de préciser que l’éditeur et nouvel entrant Movinside n’a rien fait pour nous convaincre quant à la pertinence de sa présence sur le marché de la vidéo physique.

Cliquez sur les captures Blu-ray ci-dessous pour les visualiser au format HD natif 1920×1080

Notes :

    • Image : 3/5
    • Son : 3/5
    • Bonus : 1,5/5

La Déchirure - Jaquette BRDSpécifications techniques et bonus :

  • Image : 1.85:1 encodée en AVC 1080/50i
  • Langues : Anglais & Français DTS-HD MA 2.0
  • Sous-titres : Français
  • Durée : 2h 18min
  • Livret
  • Éditeur : Movinside

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