Réparer les vivants (2016) de Katell Quillévéré

Fiche film : Réparer les vivants

« C’est David Thion, coproducteur du film, qui m’a offert Réparer les vivants, quelques jours après sa sortie. Il avait adoré ce livre et pensait qu’il pourrait me plaire. J’avais déjà lu deux autres romans de Maylis de Kerangal – Corniche Kennedy et Naissance d’un pont – et j’ai dévoré celui-ci en cinq heures, avec une évidence très forte : je devais essayer d’en faire un film. J’ai fait confiance à la puissance de mon désir, qui était au départ très instinctif, mais dont j’ai mieux compris les raisons profondes pendant l’écriture du scénario. Il entrait une part de catharsis dans ce projet, l’envie de transformer mon propre vécu de l’hôpital. Finalement, cette adaptation m’est tout aussi personnelle que mes films précédents. Et puis ce livre était la promesse d’une aventure cinématographique très forte. À travers le voyage de cet organe, il y avait la possibilité de filmer le corps de manière à la fois anatomique, poétique, métaphysique… Comment filme-t-on l’intérieur du vivant, que transgresse-t-on en explorant cet endroit-là ? Ce défi de cinéma, mélangeant trivial et sacré me renvoyait à mon premier long métrage, Un poison violent. Par ailleurs, je venais de découvrir avec fascination The Knick, la série de Soderbergh sur les débuts de la chirurgie. Je trouvais passionnant d’avoir la possibilité de représenter des scènes d’opération » – Katell Quillévéré, scénariste / réalisatrice

Réparer les vivants (2016)

Réalisateur : Katell Quillévéré
Acteurs : Tahar Rahim, Emmanuelle Seigner, Anne Dorval, Bouli Lanners, Kool Shen, Monia Chokri, Alice Taglioni
Durée : 1h40
Distributeur : Mars Films
Sortie en salles : 1er novembre 2016

Résumé : Tout commence au petit jour dans une mer déchaînée avec trois jeunes surfeurs. Quelques heures plus tard, sur le chemin du retour, c’est l’accident. Désormais suspendue aux machines dans un hôpital du Havre, la vie de Simon n’est plus qu’un leurre. Au même moment, à Paris, une femme attend la greffe providentielle qui pourra prolonger sa vie…

Articles / Liens :

  • Avis express : La note d’intention de la scénariste / réalisatrice (cf. ci-dessus) résume à la perfection la portée de son magistral Réparer les vivants. Avec un talent et une délicatesse qui parvient à éviter en permanence le piège du pathos, son film conjugue un drame dont la puissance n’a d’égal que celle du pendant médical qui nous introduit à toute cette chaîne du don d’organes tout en appelant à une réflexion non partisane sur le sujet. En résulte une œuvre d’une émotion à fleur de peau, vibrante et juste, tant par le jeu des acteurs que par la mise en scène qui use avec beaucoup d’à propos de la métaphore aquatique, le tout accompagné des partitions au piano toujours aussi délicates signées Alexandre Desplat. 4/5 – SA

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