Ikarie XB-1 - Image une fiche film

Fiche film : Ikarie XB 1

Ikarie XB 1 est l’adaptation d’un roman de science-fiction de l’écrivain polonais Stanisław Lem, The Magellanic Cloud, publié en 1955. Le romancier est également l’auteur de Solaris, transposé à l’écran par Andreï Tarkovski en 1972 puis en 2002 par Steven Soderbergh.

Ikarie XB 1 n’a connu qu’un succès d’estime dans son pays alors que son budget de 5M de couronnes en faisait le film tchécoslovaque le plus cher de l’époque. Mais à l’international ce fut un carton avec des prix dans différents festivals et des acquisitions pour être distribué dans plus de 42 pays. Sauf en France où il restait inédit jusqu’à ce jour. Aux États-Unis, il a été adapté par le producteur Samuel Z. Arkoff dans une version intitulée Voyage to the End of the Universe. Cette version comprenait de nombreuses différences : dix minutes de film en moins, un doublage en anglais et des noms américains au générique. La fin a également été radicalement modifiée avec un autre plan final ajouté.

Présenté au Festival de Trieste en 1963 où il a remporté le Grand Prix ex-aequo avec La Jetée de Chris Marker, Ikarie XB 1 est considéré aujourd’hui comme le meilleur film de science-fiction d’Europe de l’est. S’il a été inspiré par le film américain Planète interdite sorti en 1956, il aurait également été l’une des influences de 2001 : l’odyssée de l’espace de Stanley Kubrick.

Ikarie XB 1 (1963)

Réalisateur : Jindrich Polák
Acteurs : Zdenek Stepanek, Radovan Lukavsky, Dana Medricka
Durée : 1h28
Distributeur : Les Bookmakers / Capricci
Sortie en salles : 19 avril 2017

Résumé : En 2163, le vaisseau spatial Ikarie XB-1 (Ikarus XB-1) est en mission à la recherche d’une mystérieuse « Planète blanche » en orbite autour de l’étoile Alpha du Centaure. Si le voyage de l’équipage ne dure que 28 mois, 15 ans auront passé sur Terre au moment où la mission parviendra à destination. Au cours de ce voyage, une quarantaine de scientifiques de tous pays apprennent à vivre ensemble et doivent faire face à quelques péripéties, telles que la rencontre avec un appareil spatial du XXe siècle, l’instabilité mentale d’un des passagers ou l’apparition de symptômes liés à une « étoile noire » radioactive.

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  • Avis express : Franchement, on pensait avoir tout vu et tout connaître du genre. De cette SF qui a bercé notre enfance et porté notre boulimie de films depuis toujours, on pensait pouvoir dire que l’on était fin prêt à transmettre notre savoir et le flambeau de la passion aux générations 2.0 à commencer par les progénitures que nous avions engendrées au détour de ruelles sombres et détrempées… Mais ceci est une autre histoire… peu assumée. Et puis paf (le chien – ne pas chercher à comprendre, il s’agit d’un pari à la con), voilà que déboule au détour d’un mail anodin une invitation à découvrir ce Ikarie XB 1. On se dit d’abord qu’il s’agit d’un SPAM débile et puis quand même le titre interpelle. On lit et on découvre qu’il s’agit là d’un film de SF datant de 1963, de nationalité tchécoslovaque (oui, à l’attention des boutonneux et euses, le pays ne faisait qu’un entre 1918 et 1992) et restauré en 4K. La vache. D’autant qu’affutée de notre morgue légendaire, on était prêt à se gausser de la chose avec notre voisin des Inrocks une fois les lumières de salle rallumée. Paf bis puisque grosse claque dans les roustons et souffle pour le coup coupée. Ikarie XB 1 est une pépite magnifiquement exhumée (le film n’est jamais sorti chez nous) qui remet à plat quelques unes de nos certitudes en la matière. Comme le fait que Planète Interdite (1956) n’est plus le seul joyau à avoir posé les bases du genre et que Monsieur Kubrick y a pompé allègrement pour son 2001 L’Odyssée de l’espace quelques trouvailles visuelles dont on pensait jusqu’ici qu’il en avait la paternité. On pense à ces couloirs traversés de barres de lumière horizontales qui accentuent la profondeur de champ. Un « cadrage » anxiogène qui au demeurant n’a que peu évolué depuis. On pense aussi au design des combinaisons spatiales inspirées des recherches scientifiques menées en Union Soviétique alors leader dans la course à l’espace face aux États-Unis. C’est d’ailleurs la motivation première de ce film qui se devait d’être à la gloire d’un bloc de l’Est communiste qui s’enorgueillissait des premiers succès soviétiques en la matière. Au-delà de ce contexte historique, on reste stupéfait devant la modernité de la mise en scène et des trouvailles d’angle de caméra qui ont encore la côte aujourd’hui. Il suffit de jeter un œil à l’indigent Life – Origine inconnue qui sort aussi cette semaine pour s’en convaincre. Et puis il y a l’histoire qui brasse certes pas mal de fantasmes SF de l’époque et qui est elle pour le coup plus datée mais dont on retiendra une idée phare. Celle de mélanger au sein de l’équipage et des scientifiques plusieurs nationalités (il y a même des américains mais qui sont forcément décadents) qui travaillent en bonne intelligence pour se sortir des pièges que lui tendent cette aventure interstellaire. Cela ne vous rappelle rien ? Star Trek ? C’est bon vous l’avez ? N’en jetez plus, Ikarie XB 1 se doit d’être vu et revu ne serait-ce que pour arrêter de se la ramener. 3,5/5SG

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