La Colère d'un homme patient (2016) de Raúl Arévalo

Fiche film : La Colère d’un homme patient

« L’idée m’est venue en écoutant des clients dans le bar de mon père. En entendant parler d’un crime atroce au journal télévisé, l’un d’eux a dit : « Si ça arrivait à ma famille, je prendrais un fusil et ferais un carnage ». À chaud, on ne sait pas comment on peut réagir face à la violence, mais à froid, je me demandais comment on réagirait face à quelqu’un qui a détruit votre vie. Je voulais donner mon point de vue sur cette question, déjà traitée des millions de fois au cinéma. J’ai écrit une ébauche et j’ai demandé de l’aide à mon ami David Pulido, un psychologue. Je me suis si bien entendu avec lui que je me suis dit qu’on pourrait écrire le scénario ensemble. J’avais très envie de raconter cette histoire. Même s’il ne m’est jamais rien arrivé de tel, j’ai déjà vécu l’expérience de la colère, de la violence et, d’une certaine façon, je voulais la canaliser. – Raúl Arévalo à propos de La Colère d’un homme patient

La Colère d’un homme patient (Tarde para la ira – 2016)

Réalisateur : Raúl Arévalo
Acteurs : Antonio de la Torre, Luis Callejo, Ruth Díaz, Raúl Jiménez, Manolo Solo
Durée : 1h31
Distributeur : ARP Sélection
Sortie en salles : 26 avril 2017

Résumé : Un homme attend huit ans pour se venger d’un crime que tout le monde a oublié.

Articles / Liens :

  • Avis express : Comme le précise le réalisateur, le revenge movie a déjà fait l’objet de quantité de longs-métrages depuis le mythique Justicier dans la ville (Death Wish, 1974) jusqu’au récent John Wick (2014) ou encore Blue Ruin (2014) en passant par Old Boy (2003) et autres Kill Bill (2003). Pour son premier long-métrage en tant que réalisateur, Raúl Arévalo lorgne avant tout du côté des films de Michael Winner et Jeremy Saulnier plutôt que vers une débauche de plomb et de gore, ayant pleinement conscience que c’est en impliquant le spectateur aux côtés des différents protagonistes qu’il sera alors à même de l’amener à se poser lui aussi cette question : « Que ferais-je face à pareille situation ? Que ferais-je si un de mes proches se faisait tuer et que les meurtriers courent toujours ? ». À défaut d’originalité avec son scénario classique qui ne cherche aucunement à jouer au plus fin, La Colère d’un homme patient ne se positionne pas davantage en faveur de la loi du talion ou encore d’une remise en question des éventuelles failles et faiblesses du système judiciaire mais opte pour de lentes montées d’adrénaline à l’intensité décuplée par ce long cheminement émotionnel d’une vengeance ourdie durant des années. En résulte un film sec et nerveux, presque viscéral, à mi-chemin entre drame et vengeance dont la véritable réussite tient avant tout dans l’émotion et la tension à fleur de peau qui transpire par tous les pores de son personnage-titre, homme lambda à la vie à jamais brisée. 3,5/5 – SA
  • Avis express bis : Pas mieux que mon compère ci-dessus. 3,5/5 Sandy Gillet
  • Box-office : 55 716 entrées sur 49 copies en 9 semaines d’exploitation. Forcément décevant mais pas surprenant quand on connaît la propension de plus en plus forte des exploitants de salles à ne pas prendre de risques alors qu’en face ARP à le savoir-faire et encore la passion (mais jusqu’à quand ?) pour travailler ce genre de films. Vraiment dommage.

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