HHhH (2017) de Cédric Jimenez

Fiche film : HHhH

« Ce qui m’a le plus parlé, c’est la thématique du sacrifice et de la résistance au sens total du terme, au détriment de sa propre vie. Nous avons choisi d’aborder la « cible » d’abord, et de prendre le temps de la mettre en exergue, pour montrer que cet homme devait être stoppé dans son ascension, même si c’est la « conséquence » qui m’intéresse davantage. Car l’instinct de survie de l’être humain n’est pas forcément compatible avec le sens du sacrifice. Et quand ce choix s’impose à sa ligne de conscience et de conduite, on touche souvent aux plus belles notions de l’âme humaine » – Cédric Jimenez à propos de HHhH

HHhH (2017)

Réalisateur : Cédric Jimenez
Acteurs : Jason Clarke, Rosamund Pike, Jack O’Connell, Jack Reynor, Mia Wasikowska, Stephen Graham, Céline Sallette
Durée : 2h00
Distributeur : Mars Films
Sortie en salles : 7 juin 2017

Résumé : L’ascension fulgurante de Reinhard Heydrich, militaire déchu, entraîné vers l’idéologie nazie par sa femme Lina. Bras droit d’Himmler et chef de la gestapo, Heydrich devient l’un des hommes les plus dangereux du régime. Hitler le nomme à Prague pour prendre le commandement de la Bohême-Moravie et lui confie le soin d’imaginer un plan d’extermination définitif. Il est l’architecte de la solution finale. Face à lui, deux jeunes soldats, Jan Kubis et Jozef Gabcik. L’un est tchèque, l’autre slovaque. Tous deux se sont engagés au côté de la Résistance, pour libérer leur pays de l’occupation allemande. Ils ont suivi un entraînement à Londres et se sont portés volontaires pour accomplir l’une des missions secrètes les plus importantes, et l’une des plus risquées aussi : éliminer Heydrich. Au cours de l’infiltration, Jan rencontre Anna Novak, tentant d’endiguer les sentiments qui montent en lui. Car les résistants le savent tous : leur cause passe avant leur vie. Le 27 mai 1942, les destins d’Heydrich, Jan et Jozef basculent, renversant le cours de l’Histoire.

Articles / Liens :

  • Avis express : La décision de consacrer le premier tiers du film exclusivement au personnage d’Heydrich et à sa montée en puissance au sein du parti nazi constitue à la fois la force et la faiblesse de ce HHhH. La force car ce premier acte permet ainsi de restituer le récit dans le contexte de l’époque, à savoir la menace grandissante du IIIe Reich dans les années 30 et l’idéologie qui en découle (la race aryenne, l’extermination des juifs, le règne de la terreur, de la délation et de la répression, etc.), justifiant ainsi les raisons pour lesquelles ce haut dignitaire nazi devait être stoppé à tout prix, lui qui était l’instigateur de la solution finale. La faiblesse, car il ne reste plus beaucoup de temps par la suite (une heure environ sans compter le générique de fin) pour se pencher sur cette fameuse Opération Anthropoid visant à assassiner Heydrich. En résulte alors un récit qui coupe au plus court, sacrifiant au passage quasiment tous ses personnages, à commencer par le duo de résistants, le tchèque Jan Kubiš et le slovaque Jozef Gabčík, ainsi qu’une foultitude de détails sur les préparatifs dudit assassinat mais aussi et surtout les répercussions qui en découlèrent (la destruction de la ville de Lidice, l’assaut dans l’église, etc.). Ce HHhH se retrouve alors, comme le veut l’expression consacrée, avec le cul entre deux chaises en voulant mettre l’accent sur cet acte de résistance en forme de mission suicide pour tenter de contrer la barbarie nazie (scènes de massacre, d’interrogatoires, etc.) mais sans pour autant nous apprendre rien de bien nouveau ni même parvenir à totalement nous convaincre sur le plan dramatique. Pour le coup, et pour ceux qui souhaiteraient en découvrir davantage, nous ne saurions que trop leur recommander la lecture du roman de Laurent Binet ou bien la page Wikipédia de l’opération en question tandis que, d’un point de vue purement cinématographique, nous ne pourrons que très chaudement conseiller le visionnage de l’excellent Anthropoid (2016) de Sean Ellis, film totalement et injustement inédit en France. 3/5 – SA
  • Avis express bis : Anecdotique et de toute façon très en-deça de la puissance évocatrice du bouquin. 2,5/5Sandy Gillet
  • Box-office : Pour un film à près de 30M d’euros de budget, engranger à peine 242 999 entrées au global (sur 300 copies première semaine) est un échec patent. Certainement le plus retentissant de l’année 2017. Le film a beau être ce qu’il est avec ses problèmes de narration et son classicisme de bon aloi histoire de rentrer dans toutes les cases d’une prod internationale pilotée depuis la France, on espère quand même qu’il se remboursera entre les ventes et les entrées à l’étranger.

Une réflexion sur « Fiche film : HHhH »

  1. Hitler’s Madman (USA 1942) de Douglas Sirk
    Hangmen Also Die [Les Bourreaux meurent aussi] (USA 1943) de Fritz Lang
    Operation Daybreak [7 hommes à l’aube] (GB 1975) de Lewis Gilbert
    Operation Anthropoïd (GB-Tch. 2016) de Sean Ellis
    HHhH (Nationalité production non précisée in DP, 2017) de Cedric Jimenez.

  Lâchez-vous !

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *