It Comes at Night - Image Une fiche film

Fiche film : It Comes At Night

Après son premier long métrage, Krisha, primé et salué par la critique, l’auteur et réalisateur texan Trey Edward Shults s’intéresse de nouveau à la sphère familiale. Cette fois, il s’attache plus particulièrement aux familles en prise avec des forces démoniaques, qu’elles surgissent de l’intérieur ou de l’extérieur.

Dans It Comes At Night, thriller psychologique et horrifique, le monde entier est ravagé par un mal d’origine inconnue. Vivant reclus dans leur maison isolée, les membres d’une famille font de leur mieux pour donner un sens à cette nouvelle réalité chaotique. Vision hallucinée des rapports complexes au sein de la famille, It Comes At Night montre à quel point les liens fragiles qui unissent les personnages sont mis à rude épreuve par des forces de plus en plus envahissantes.

Le réalisateur s’est attelé à l’écriture de It Comes At Night au cours de l’année où il a transposé son court métrage Krisha (présenté au festival de South by Southwest en 2014) en un long métrage. C’est à cette époque qu’il perd son père, dont le long combat contre la toxicomanie l’a inspiré pour le personnage de Krisha. Après une séparation de sept années, Shults s’est réconcilié avec son père au moment où celui-ci était mourant. Cette étape difficile a été une source d’inspiration décisive pour le deuxième film du réalisateur.

It Comes At Night (2016)

Réalisateur : Trey Edward Shults
Acteurs : Joel Edgerton, Kelvin Harrison Jr., Carmen Ejogo, Christopher Abbott
Durée : 1h37
Distributeur : Mars Films
Sortie en salles : 21 juin 2017

Résumé : Alors que le monde est en proie à une menace terrifiante, un homme vit reclus dans sa propriété totalement isolée avec sa femme et son fils. Quand une famille aux abois cherche refuge dans sa propre maison, le fragile équilibre qu’il a mis en place est soudain bouleversé.

Articles / Liens :

  • Avis express : Très clairement la bande annonce envoyait du bois. En chêne massif d’ailleurs. On se prenait même à rêver un film post-apo totalement mystique, tendu du slip et novateur. Et forcément, le retour de bâton, en hêtre bien dense celui-là, fait mal au crâne. Non que la BA survend. Non qu’elle soit mytho. Non. Disons qu’elle attise une forme d’attente déviante et craspec qui en fait un chef-d’œuvre dans le genre. Oubliez aussi l’affiche qui balance « Un chef-d’œuvre de l’horreur ». Point d’horreur graphique en effet ici. Mais plutôt un film qui s’emploie à étudier l’humain de l’intérieur et l’horreur de ses décisions face à une situation pour le moins exceptionnelle. Ce qui nous fait dire aussi que ce It Comes at Night n’en est pas pour autant à jeter aux orties de la production ambiante actuelle. C’est même plutôt le contraire. Il y a en effet dans ce deuxième long de Shults (son premier, Krisha, restant inédit en France alors que Deauville et la Semaine de la critique cannoise l’avaient montré en 2015) une volonté viscérale de mettre en place puis de mettre en scène. Mettre en place un embryon d’histoire qui reste tapis en arrière-plan (l’humanité semble affronter une pandémie sans retour). Mettre en scène tel un homme de théâtre, la tragédie qui va se jouer devant nos yeux au sein de cette famille et de cette maison perdue dans la forêt. L’idée est de pousser chacun dans ses retranchements, en même temps ou pris un à la fois, et voir ce que cela donne. Il y a un peu de Stephen King dans l’ADN de ce réal tout en usant de rouages peu éprouvés pour l’instant. Le hic toutefois c’est que l’on évolue très rapidement dans une forme d’abstraction et donc d’artificialité qui nous font par moment décrocher. En cause cette réalisation oppressante, léchée, arty qui ne lâche jamais son spectateur. Pourquoi pas mais alors donner plus de place à l’histoire et aux personnages réduits très rapidement à des études de cas. La photo très « glam » (contrastes et couleurs appuyés, jeu sur les ombres et lumières rappelant les tableaux flamands du 16è siècle) accentue aussi ce sentiment d’évoluer dans la « quatrième dimension » avec cette impression récurrente d’observer des poissons évoluant dans un aquarium en eaux troubles. Certains apprécieront la manière et l’écran de fumée. Quant à nous, on attendra la suite pour se faire une idée plus précise des intentions du réal. 3/5SG
  • Avis express n°2 : Pas grand chose de plus à ajouter à ce qui a déjà été dit ci-dessus. La bande-annonce nous vendait du lourd et à l’arrivée, sitôt passé le postulat de départ, l’ensemble nous endort un peu à force de tourner en rond. Les intentions n’en restent pas moins fort louables et emballées de fort belle manière. 3/5 – Stéphane Argentin

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