La Tour sombre (2017) de Nikolaj Arcel

Fiche film : La Tour sombre

Depuis l’acquisition des droits de la saga littéraire de Stephen King en 2007 par un certain J.J. Abrams, le projet d’adaptation cinématographique de La Tour sombre est rapidement devenu l’une des plus grosses arlésiennes du Septième Art. Après que J.J. Abrams se soit finalement désisté, c’est Ron Howard qui s’attela à la tâche à partir de 2010 sous l’égide d’Universal qui envisagea alors une trilogie sur grand écran couplée à une série en deux saisons. Des désaccords entre Howard et le studio conduisirent HBO à entrer dans la danse pour la déclinaison télévisée à partir de 2011 tandis que du côté des salles obscures, Warner Bros reprit le flambeau dès 2012 en envisageant Russell Crowe en tête d’affiche. En 2015, c’est finalement Sony Pictures qui récupéra le bébé. Le script rédigé initialement par Jeff Pinkner (collaborateur récurrent d’Abrams pour avoir œuvré sur les séries Alias, Lost ou encore Fringe) fut alors remanié par Akiva Goldsman (scénariste / producteur entre autres de I, robot et Je suis une légende) tandis que la mise en scène fut confiée au réalisateur danois Nikolaj Arcel, très remarqué avec son Royal affair (2012). À l’écran, ce seront finalement Idris Elba et Matthew McConaughey qui se tirent la bourre.

La Tour sombre (The Dark Tower – 2017)

Réalisateur : Nikolaj Arcel
Acteurs : Idris Elba, Matthew McConaughey, Tom Taylor, Dennis Haysbert
Durée : 1h29
Distributeur : Sony Pictures
Sortie en salles : 9 août 2017

Résumé : Notre monde n’est pas le seul… La Tour sombre, l’ambitieux et monumental cycle romanesque de Stephen King, l’un des plus célèbres auteurs au monde, est enfin adapté au cinéma. Le dernier Pistolero, Roland Deschain (Idris Elba), est condamné à livrer une éternelle bataille contre Walter O’Dim, alias l’Homme en noir (Matthew McConaughey), qu’il doit à tout prix empêcher de détruire la Tour sombre, clé de voûte de la cohésion de l’univers. Le destin de tous les mondes est en jeu, le bien et le mal vont s’affronter dans l’ultime combat, car Roland est le seul à pouvoir défendre la Tour contre l’Homme en noir…

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  • Avis express : Tout d’abord, pour ceux qui n’auraient pas forcément suivi toute l’affaire évoquée en introduction, il conviendra de préciser deux / trois bricoles. Primo, La Tour sombre est une saga fleuve initiée par Stephen King en 1982 et achevée en 2012 pour un total de huit tomes culminant à plus de 4000 pages et dont le mélange d’horreur (rien que de très normal de la part de King), de western et d’heroic fantasy lui valurent d’être souvent comparée à une autre saga littéraire mythique : Le Seigneur des anneaux. King lui-même n’a par ailleurs jamais caché son admiration pour les romans de Tolkien et son désir d’écrire à son tour une œuvre d’une telle ampleur. Deusio, ce film n’est pas stricto sensu une adaptation de la saga ou bien de l’un des tomes en particulier mais une prolongation de celle-ci, tel que stipulé contractuellement par Stephen King. Et enfin tertio : face à la durée pour le moins étriquée du film (1h35) comparée à l’épaisseur des romans, le réalisateur a tenu à préciser qu’il ne s’agissait là que d’une introduction à l’univers de La Tour sombre tandis que de son côté, King s’est fendu d’un petit tweet précisant qu’une telle durée était à l’image du premier tome (224 pages) : percutant et sans fioriture. Sur grand écran, on retrouve bien en partie le périple du dernier des pistoleros, flanqué d’un gamin (sans dons médiumniques dans le livre), lancé sur les traces de « l’homme en noir ». Pour le reste, il ne sera effectivement nullement nécessaire d’avoir lu la moindre ligne de la saga Kingesque pour cerner tous les tenants et aboutissants de l’intrigue : un grand méchant d’un côté (Matthew McConaughey en mode « Dark Vador »), le dernier d’une longue lignée de justicier/protecteur à la gâchette particulièrement fine, de l’autre (Idris Elba qui fait de son mieux pour convaincre dans le registre dramatique) et entre les deux, un jeune padawan dont la force (cachée) se révélera très puissante. Avec comme toujours en ligne de mire rien de moins que la fin du monde et l’asservissement de l’humanité par les puissances occultes, le tout par le biais de portes « spatio-dimensionnelles ». Tout ceci n’a rien de très original et nous est présenté avec une simplicité à des années lumières de la richesse thématique littéraire des romans de King. Les enjeux ne vont pas chercher bien loin en dépit de la noirceur de certaines séquences (beaucoup de gens meurent mais « proprement », PG-13 oblige) et de scènes d’action plutôt bien torchées, notamment ce final à un contre cent (une scène faisant écho à celle du premier roman où le pistolero fait un véritable carnage dans un village dont les habitants se retrouvent tous possédés). Mais à l’arrivée, La Tour sombre n’est ni plus ni moins qu’une nième adaptation de Stephen King sans véritable éclat. On a déjà vu largement pire (le récent Cell Phone sorti en DTV en France est une catastrophe en comparaison du bouquin, passionnant de bout en bout) mais on a aussi déjà vu largement mieux (au hasard Misery ou encore La Ligne verte pour ne citer que les deux qui nous viennent immédiatement à l’esprit). 2,5/5 – SA

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