Seven sisters (2017) de Tommy Wirkola

Fiche film : Seven sisters

Le scénario original de Seven sisters a figuré sur la célèbre Blacklist des scénarios les plus prometteurs. Max Botkin, le scénariste, a eu l’idée du concept en 2001 mais envisageait alors des frères jumeaux. Lorsque le réalisateur Tommy Wirkola a pris en main le projet, il s’est dit que les remplacer par des femmes apporterait une dynamique plus intéressante, et lui qui avait toujours admiré les prestations de Noomi Rapace a parié qu’elle serait capable de relever le défi d’incarner les sept sœurs. Tommy Wirkola a alors appelé l’actrice et lui a proposé de suggérer son nom aux producteurs pour le rôle principal. Max Botkin qualifie l’idée de « coup de génie ». Raffaella De Laurentiis et son responsable de production Matthew Feitshans avaient pris une option sur les droits du scénario de Max Botkin : CAA l’a mis sur le marché et Vendôme Pictures s’en est emparé. Lorsque le film est devenu une coproduction européenne, Kerry Williamson s’est chargée des révisions, et quand Noomi Rapace et Glenn Close ont donné leur accord, SND a accepté de financer entièrement le film.

Seven sisters (What happened to Monday? – 2017)

Réalisateur : Tommy Wirkola
Acteurs : Noomi Rapace, Glenn Close, Willem Dafoe, Marwan Kenzari
Durée : 2h03
Distributeur : SND
Sortie en salles : 30 août 2017

Résumé : 2073. La Terre est surpeuplée. Le gouvernement décide d’instaurer une politique d’enfant unique, appliquée de main de fer par le Bureau d’Allocation des Naissances, sous l’égide de Nicolette Cayman. Confronté à la naissance de septuplées, Terrence Settman décide de garder secrète l’existence de ses 7 petites-filles. Confinées dans leur appartement, prénommées d’un jour de la semaine, elles devront chacune leur tour partager une identité unique à l’extérieur, simulant l’existence d’une seule personne : Karen Settman. Si le secret demeure intact des années durant, tout s’effondre le jour où Lundi disparaît mystérieusement…

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  • Avis express : « Grosse production », française donc (SND) mais intégralement tournée en Roumanie (histoire que tout ceci coûte moins cher), Seven sisters pioche allégrement dans des thématiques de SF déjà explorées de par le passé. On pensera, entre autres, au génial Soleil vert (1973) de Richard Fleischer avec Charlton Heston ou encore au déjà nettement plus discutable Fortress (1993) de Stuart Gordon (le « cultissime » Re-Animator (1985), c’est lui) avec notre Cricri Lambert national. De là, certains vont sans doute se demander si Seven sisters lorgne davantage vers la qualité du premier cité ou bien du second ? Et bien ni l’un ni l’autre ma bonne dame ! On serait plutôt ici dans un entre-deux, celui d’un récit dont le thème principal fait écho à l’actualité (10 milliards de terriens à l’horizon 2050) et où la CAF (Caisse d’Allocation Familiales) a été remplacée par le CAB (Child Allocation Bureau, Bureau d’Allocation des Naissances en français) qui ne se charge plus désormais de filer de la tune aux familles avec enfants mais de s’assurer que la politique de l’enfant unique est bien respectée (qui a dit la Chine ?). Et pour faire appliquer cette règle drastique visant à juguler la surpopulation mondiale et la crise des denrées alimentaires, rien de tel qu’une bonne petite société dystopique façon « Big brother is watching you » (Orwell et son mythique 1984 ne sont une nouvelle fois pas bien loin). Dans sa première grosse moitié (disons les 70 premières minutes), Seven sisters tient plutôt la route, bien aidée il est vrai par la septuple interprétation de Noomi Rapace, aussi à l’aise dans le registre dramatique que physique (cf. son rôle dans Prometheus en digne héritière de Sigourney Weaver) mais aussi par celle de Willem Dafoe en grand-père bienveillant. Sans oublier Glenn Close qui parvient toujours à insuffler juste ce qu’il faut à ses interprétations de « grandes méchantes de l’histoire » pour qu’on puisse, en partie tout du moins, comprendre les motivations de ses personnages. Et quand l’action prend le relai, les séquences en question sont là encore plutôt bien torchées (cf. l’affrontement pêchu dans l’appartement ou encore la course-poursuite dans une usine). Non, là où Seven sisters commence sérieusement à prendre l’eau de toutes parts, c’est incontestablement dans sa dernière ligne droite, lorsque l’histoire tente enfin de répondre à la question du titre original : What happened to Monday ? Qu’est-il arrivé à Lundi ? en français en référence à la disparition de l’une des sept sœurs. Et tout le film de partir alors en sucette et le spectateur de se languir en attendant impatiemment la grande révélation finale qu’il aura tôt fait supputer dès la vision du film de propagande au tout début. Une révélation qui en aura toutefois impressionnée d’autres qui déclarent de façon fracassante, dixit la bande-annonce, que « Vous ne devinerez jamais la fin ». Est-ce le twist final qui fait d’un récit de SF un grand classique de la trempe du Richard Fleischer ? Assurément pas. Une telle réussite tient avant tout à un traitement homogène de bout en bout, un point qui fait ici cruellement défaut, faisant de ce Seven sisters un honorable film de série B boosté juste ce qu’il faut pour sortir chez nous sur grand écran tandis qu’aux États-Unis ou encore au Royaume-Uni, il a été diffusé directement sur Netflix. 2,5/5 – SA

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