Au revoir là-haut - Image une fiche film

Fiche film : Au revoir là-haut

Au revoir là-haut est l’adaptation du roman homonyme de Pierre Lemaitre, récompensé par le Prix Goncourt en 2013.

Albert Dupontel a révélé que la version du scénario qui a été utilisée pour le tournage était la 13ème ! La version 0 a été écrite en 3 semaines ; le cinéaste a ensuite eu deux rendez-vous avec l’auteur Pierre Lemaitre, notamment pour discuter du dénouement de l’histoire. Dupontel a en effet changé la fin par rapport au livre, le tout avec l’aval de l’écrivain.

Au revoir là-haut (2017)

Réalisateur : Albert Dupontel
Acteurs : Nahuel Perez Biscayart, Albert Dupontel, Laurent Lafitte, Niels Arestrup, Emilie Dequenne, Mélanie Thierry, Philippe Uchan, Michel Vuillermoz
Durée : 1h57
Distributeur : Gaumont Distribution
Sortie en salles : 25 octobre 2017

Résumé : Novembre 1919. Deux rescapés des tranchées, l’un dessinateur de génie, l’autre modeste comptable, décident de monter une arnaque aux monuments aux morts. Dans la France des années folles, l’entreprise va se révéler aussi dangereuse que spectaculaire…

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  • Avis express : Pour celui qui a lu l’excellent roman de Pierre Lemaitre, il était impossible d’expurger de la grille de lecture du nouveau film signé Albert Dupontel, l’angle adopté pour sa transposition au cinéma. On ne va toutefois pas revenir ici sur le débat de l’adaptation puisque celle-ci obéit à tant de facteurs qu’il serait juste superflu de l’analyser telle quelle. Et puis, même si cela paraît évident,  une œuvre littéraire obéit à une grammaire qui n’est pas celle de l’image. Pour autant, il serait donc tout autant absurde de ne pas en parler surtout quand on a du mal à comprendre certains choix qui ont trait à l’histoire stricto sensu. Par ailleurs, on veut bien admettre comme le déclare Dupontel, que « Le spectateur est beaucoup plus paresseux que le lecteur. Pour garder rythme et attention, j’ai relié tous les personnages entre eux, encore plus que dans le livre afin que tout renvoie à tout », mais on rejette l’idée que ce même spectateur s’accommodera d’une caractérisation des personnages pour le moins simpliste alors même que ceux dits secondaires sont relégués à de simples faire valoir. Constat évident et ce sans avoir besoin d’être un primo lecteur mais alors même que le bouquin en faisait la quintessence et le moteur de son récit. Et d’ailleurs, quand on avait appris que Dupontel voulait adapter le livre de Lemaitre, on avait vu cela comme une évidence tant l’ADN du cinéaste rejoint cette culture d’un cinéma populaire français de qualité aujourd’hui quasiment disparu où les seconds rôles pouvaient marquer au fer rouge un film au détour d’une unique scène. Dans Au revoir là-haut, si le bestiaire est bien présent grâce à un casting qui tient la route, cela tourne donc bien trop rapidement à vide. Dupontel tirant de surcroît la couverture à soi, lui qui a endossé le rôle principal en pleine préparation quand son ami Bouli Laners avait dû déclarer forfait. Circonstance certainement atténuante mais qui déséquilibre à l’évidence un film par ailleurs peu avare en effet de manches. On pense à ces mouvements de grue répétitifs qui finissent par desservir le propos ou encore à ces champs contre champs en pilotage automatique où la caméra exécute à l’envi des demi-cercles dans le dos des acteurs. Mais ce serait être injuste que de réduire Au revoir là-haut à ces tics de mise en scène ou ces choix d’adaptation discutables car le film de Dupontel possède tout de même quelques atouts. Comme sa reconstitution d’un Paris de l’après première guerre mondiale plutôt convaincant. Ou d’un Nahuel Perez Biscayart qui, s’il n’a que ses yeux pour faire passer les émotions de son personnage, le fait avec une science qui rappelle les techniques du muet. Sans parler des formidables masques censés cacher sa gueule cassée qui rehausse d’autant sa prestation. Et puis il y a une énergie indéniable, un effort louable pour emballer le tout. Mais là encore, on est obligé de revenir au livre qui s’il avait pour lui un style enivrant où le propos faisait écho aux racines de notre société actuelle, n’en restait pas moins d’une cruauté à l’humour noir jubilatoire. Rien de tout cela ici, sinon quelque chose de sage avec une voix-off qui explique bien tout pendant les deux heures du film. À mille lieues de la folie destructrice d’un Bernie ou rédemptrice d’un 9 mois ferme, son précédent film. 2,5/5 – SG

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