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Fiche film : Carbone

Carbone aurait pu être réalisé par son scénariste Emmanuel Naccache qui avait, en 2012, pensé à Olivier Marchal pour se glisser dans la peau du policier du film (finalement joué par Patrick Catalifo). Mais il n’est pas parvenu à monter le long métrage. Manuel Munz, le producteur d’origine, a alors récupéré le scénario et en compagnie de Naccache a proposé à Marchal de le mettre en scène.

Le scénario de Carbone s’inspire de la fraude à la taxe carbone. Selon Europol, 1,6 milliard d’euros en France et entre 5 et 10 milliards d’euros pour l’ensemble des États membres de l’Union européenne auraient été détournés entre 2008 et 2009. Olivier Marchal explique : « En fait, je ne suis pas très intéressé par les escrocs. Les voyous, les braqueurs eux me fascinent parce que j’estime qu’il faut malgré tout du courage pour choisir cette vie-là. C’est donc de très loin que j’avais suivi cette affaire d’arnaque européenne à la taxe carbone. En préparant le film, j’ai vraiment découvert les ressorts du dossier et j’ai compris que c’était une escroquerie très brillante mais aussi très complexe. »

Olivier Marchal et le directeur de la photographie Anthony Diaz ont tourné Carbone en anamorphique, avec des objectifs particuliers, pour que le résultat soit sensuel. Le cinéaste a cherché à montrer la nuit dans sa brillance, sa folie et son côté charnel.

Carbone (2017)

Réalisateur : Olivier Marchal
Acteurs : Benoît Magimel, Gringe, Idir Chender, Laura Smet, Michaël Youn, Dani, Patrick Catalifo, Gérard Depardieu
Durée : 1h44
Distributeur : EuropaCorp Distribution
Sortie en salles : 1er novembre 2017

Résumé : Menacé de perdre son entreprise, Antoine Roca, un homme ordinaire, met au point une arnaque qui deviendra le casse du siècle. Rattrapé par le grand banditisme, il lui faudra faire face aux trahisons, meurtres et règlements de compte.

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  • Avis express : Sans vouloir se la jouer ou rouler des mécaniques (c’est que bon, on n’aimerait pas croiser le bestiau dans un hall de cinéma comme ça au hasard), on peut, sans trop se prendre des coups, affirmer que depuis le début des années 2010, on avait un peu perdu la trace d’Olivier Marchal. C’est que, entre un direct to Video en 2015 (Borderline que personne n’a vu ou si peu), Les Lyonnais en 2011 dont personne se souvient (ou si peu) et Section Zéro, la piteuse série diffusée en 2016 sur Canal+ qui se voulait une relecture de RoboCop et de Terminator pour laquelle il s’est investi à la réalisation et à l’écriture avec à la clé une unique saison, c’est un peu Waterloo morne plaine (pas taper, pas taper). Et puis boum, arrive ce Carbone un peu sans crier gare. Pour être honnête, on l’avait quand même un peu vu venir mais entre des attachés de presse récalcitrants à vouloir nous le montrer, une bande annonce pour le moins old school et enfin, il faut bien l’avouer, une flemme à de toute façon aller le voir, on l’avait donc tout bonnement rayé de nos listes sinon peut-être un rattrapage l’année prochaine sur Canal ou ailleurs.
    Mais voilà. Il a fallu la remontée sur les réseaux sociaux d’amis et autres compagnons de route cinoche surpris par la qualité du film pour changer d’avis. Et bien nous en a pris. Ô attention, Carbone n’évite pas certains des écueils habituellement constatés dans le cinéma de Marchal. Mais il en gomme toutefois suffisamment pour en faire quelque chose de présentable avec ce sentiment que l’ex inspecteur de police en a encore sous le capot. De fait, Carbone présente les atours d’un polar au scénario bien huilé et à la mise en scène plutôt sobre et efficace. Même Benoît Magimel qui semble sans cesse en proie à des démons intérieurs, colle parfaitement à son personnage de chef d’entreprise qui bascule dans l’illégalité. Sans parler des quelques scènes avec Depardieu on ne peut plus jouissive.
    On est là dans quelque chose à la facture ultra classique qui reprend les codes éprouvés du genre mais qu’Olivier Marchal utilise parfaitement et ce sans vouloir en mettre plein la vue comme il savait si bien/mal su le faire dans les années 2000. On serait dès lors tenté de voir en Carbone comme une réflexion intéressante vers ce qui s’annonce peut-être comme un second souffle. 3/5 – SG
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