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Fiche film : M

Lorsqu’elle avait 16 ans, Sara Forestier a vécu une histoire qu’elle a eu envie de raconter, celle de son petit copain de l’époque qui lui avait caché son illettrisme. Elle en parla alors quelques mois plus tard à Abdel Kechiche avec qui elle tournait L’Esquive, lequel l’a encouragée à l’écrire.

M est le premier long métrage réalisé par Sara Forestier qui a mis sept ans à en écrire le scénario.

Sara Forestier a choisi de parler de l’illettrisme pour ce film parce qu’il s’agit d’un handicap qui n’est pas forcément flagrant et qui permet de créer des situations de « mensonges » où le spectateur peut être en empathie totale avec le personnage dont il est le seul à connaître le secret.

M (2017)

Réalisateur : Sara Forestier
Acteurs : Sara Forestier, Redouanne Harjane, Jean-Pierre Léaud, Liv Andren
Durée : 1h38
Distributeur : Ad Vitam
Sortie en salles : 15 novembre 2017

Résumé : Mo est beau, charismatique, et a le goût de l’adrénaline. Il fait des courses clandestines. Lorsqu’il rencontre Lila, jeune fille bègue et timide, c’est le coup de foudre. Il va immédiatement la prendre sous son aile. Mais Lila est loin d’imaginer que Mo porte un secret : il ne sait pas lire.

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  • Avis express : On savait Sara Forestier à la marge du système tout en en occupant par moment le centre et donc la lumière. Ce positionnement un tantinet schizophrène certainement calculé mais heureusement pas toujours permet à l’évidence d’accoucher d’un film tel que ce M. Outre le fait qu’il va être pénible de « caser » ce titre dans un moteur de recherche, il n’est pas sans rappeler le parcours de sa dorénavant réalisatrice entre volonté de toucher au plus large tout en traitant cela telle une « auteure ». Nul volonté ici de se la jouer mais plutôt de recracher ce qu’elle a vu faire tout au long de sa déjà longue et prolifique carrière d’actrice.
    Il y a en effet dans  son film un peu (beaucoup même) de la rigueur d’un Kechiche. Forcément. De la folie contenue (mais pas trop) d’un Michel Leclerc qui avec Le Nom des gens lui avait permis de récolter son seul César à date en tant que meilleure actrice (l’autre fut pour L’Esquive de Kechiche donc mais au titre de meilleur espoir féminin). Ou encore de cette gravité magnifiquement travaillée chez Katell Quillévéré dans le très beau Suzanne. Il y a bien entendu là des rôles marquants qui ont forcément apprivoisé son regard et aiguisé ses envies de passer derrière la caméra. M c’est donc un peu ça, une synthèse provisoire et une femme qui se jette définitivement et à corps perdu dans le grand bain du cinéma.
    Mais en fait pas vraiment ou pas complètement. Car, et c’est bien là où le bât blesse (un peu), on a en effet l’impression que la toute jeune réal en a (trop) gardé sous le pied censurant sa fougue en une réalisation bien trop sage. On nous rétorquera qu’une personnalité, aussi clivante et parfois sauvage soit-elle, n’a pas forcément à imprimer de la sorte sa mise en scène. Il est vrai. Mais on ne peut quand même s’empêcher de penser (privilège du critique) que son film en aurait acquis alors une toute autre dimension. Comme si ici elle avait voulu se faire adouber (une nouvelle fois) par le métier. Ou alors il ne s’agit juste que d’un manque d’assurance propre à tout premier film.
    C’est d’autant plus rageant que son M est attachant, touchant même parce que d’une belle sincérité. Sara Forestier sachant à merveille détourner les codes du drame et de la romance en milieu urbain pour ne pas dire westernien et d’en faire quelque chose d’assez épurée ou expurgée de complaisance. Le traitement de son récit en gomme ainsi les facilités romanesques (un illettré manouche rencontre une bègue affublée d’un Jean-Pierre Léaud de père et d’une sœur bien trop dégourdie pour être catholique) pour ne garder que l’adrénaline et les ressorts intrinsèques. M est ainsi loin d’être parfait. Mais, à l’image de sa réalisatrice, ses aspérités en font un objet filmique passionnant à plus d’un titre. 3/5 – SG
  • Box-office : 68 300 entrées sur 94 copies en 5 semaines d’exploitation. Le film est par ailleurs annoncé comme ayant bénéficié d’un budget aux alentours de 5M d’euros. Pour les premiers pas derrière la caméra de Sara Forestier, on peut donc affirmer que c’est un échec. Ad Vitam, le distributeur, n’aura donc pas réussi à capitaliser sur le nom de l’actrice dont les perfs au BO se situent plutôt aux alentours des 300 000 entrées (moyenne haute quand elle est tête d’affiche). Son film n’est certes pas simple à vendre comme on dit dans le milieu des marketeux, mais il aurait certainement mérité un meilleur traitement de la part du public mais aussi des exploitants de salles qui auraient pu / du lui permettre d’être à l’affiche plus longtemps.

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