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Fiche film : Lady Bird

Lady Bird n’est pas tout à fait la première réalisation de Greta Gerwig. En effet, celle-ci a co-réalisé avec Joe Swanberg le drame Nights and Weekends en 2008, un film qu’elle a également co-écrit et dans lequel elle joue.

L’écriture de Lady Bird, à l’instar de ses autres scénarios, a nécessité à Greta Gerwig plusieurs années car elle ne travaille pas dans la continuité mais écrit de manière ponctuelle une scène ou un personnage. Elle décrit le processus de création comme « le jaillissement inconscient d’une source au fond de soi qu’on pressent sans vraiment connaître. » Ainsi, le surnom de Lady Bird lui est venu de manière spontanée. Quant à la relation mère-fille qui est au centre du récit, elle provient de la comptine de ma Mère l’Oie, « Coccinelle, demoiselle, Bête à bon Dieu, Coccinelle, demoiselle, vole jusqu’aux cieux » : « Il s’agit d’une mère qui rentre chez elle pour s’assurer que ses enfants vont bien. »

Greta Gerwig a situé l’action de son film en 2002 car elle ne souhaitait pas filmer des smartphones, devenus omniprésents dans la vie des adolescents d’aujourd’hui. L’autre raison est qu’elle souhaitait évoquer l’Amérique post-11 septembre, non pas de manière politique mais simplement pour rendre compte de cette nouvelle époque qui débutait.

Lady Bird (2017)

Réalisateur : Greta Gerwig
Acteurs : Saoirse Ronan, Laurie Metcalf, Tracy Letts, Lucas Hedges, Timothée Chalamet, Beanie Feldstein, Stephen Henderson
Durée : 1h34
Distributeur : Universal Pictures International France
Sortie en salles : 28 février 2018

Résumé : Christine « Lady Bird » McPherson se bat désespérément pour ne pas ressembler à sa mère, aimante mais butée et au fort caractère, qui travaille sans relâche en tant qu’infirmière pour garder la famille à flot après que son père ait perdu son emploi.

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  • Avis express : Rien de nouveau au rayon de la prod indé US. D’autant qu’ici avec un budget estimé et annoncé à plus de 10M de dollars, on est quand même largement passé de l’autre côté du rubicond économique pour ce genre de films et ce même selon les standards américains. Après oui les thématiques sont bien là encore que pour son premier long toute seule derrière la caméra Greta Gerwig s’intéresse plus à la relation mère fille-ado que les sempiternelles amitiés bafouées / la découverte de l’amour / le bal de fin d’année / le passage à la fac… Il y a bien entendu un peu de tout ça quand même (faut pas déconner) mais c’est par petites touches. Histoire justement de ponctuer les conflits et rabibochages au sein de cette famille où le père est au chômage et où la mère semble porter tout son petit monde à bras le corps.
    Le plus intéressant en fait dans Lady Bird est le contexte social et géographique que Greta Gerwig insuffle tout du long tel un tapis historique saisissant. Sacramento d’abord. Voilà une ville peut mise en scène par ses propres autochtones cinéastes. Elle ne semble pas ici magnifiée ou encore avilie. Pour autant Greta Gerwig la dépeint avec une certaine mélancolie teintée d’onirisme. Même si Lady Bird n’est pas autobiographique, on sait qu’elle est née ici. Son regard est donc tout sauf anodin. C’est sa ville et tout ou presque nous y ramène. À tel point d’ailleurs que tout comme son personnage (alter ego ?) interprété par la vaporeuse Saoirse Ronan, on est totalement déraciné quand on débarque à New-York.
    2002 ensuite. Ce n’est pas non plus ici au hasard que cette année est un peu au centre du film. On est juste après le 11 septembre et l’Amérique est en guerre contre le terrorisme en Irak. Greta Gerwig nous parle de sa génération. Celle qui vit la toute fin de la classe moyenne américaine ainsi que ses dernières valeurs avec elles. On assiste là en creux comme à une tragédie et déjà à une recomposition d’un monde dorénavant façonné à coup de smartphones et autres réseaux sociaux. C’est sa génération qui est au pouvoir aujourd’hui et c’est assez fascinant d’assister un peu aux « origines du mal ».
    Pour le reste, sa volonté de dessiner le portrait d’une mère à la fois envahissante mais aussi de plus en plus perdue est nettement moins convaincante car au final roborative à force de toujours remettre la chose à l’ouvrage. C’est quelque part du déjà vu alors que par ailleurs la mise en scène ne décolle pas vraiment. Pas grand chose pour se raccrocher aux branches donc et certainement pas de quoi consacrer Lady Bird parmi les meilleurs films de l’année comme semble vouloir nous le dire l’Académie des Oscars. Ou alors c’est que l’on cantonne l’histoire du cinéma aux années 2000. Terrifiant on vous dit. 3/5 – SG

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