Gangsta - Image une fiche film

Fiche film : Gangsta

Adil El Arbi et Bilall Fallah sont deux cinéastes flamands d’origine marocaine. Après des études au sein de l’école de cinéma Sint-Lukas de Bruxelles, le tandem met en scène des courts métrages avant de réaliser leur premier film très remarqué, Image. Après Black, Gangsta est donc leur 3ème long-métrage. Le tandem aime brasser les thèmes des gangs, des cités difficiles et des problèmes liés au multiculturalisme dans leurs films.

Gangsta (Patser – 2018)

Réalisateur(s) : Adil El Arbi, Bilall Fallah
Acteurs : Matteo Simoni, Nora Gharib, Nabil Mallat, Saïd Boumazoughe, Junes Lazaar
Durée : 2h05
Distributeur : Apollo Films
Sortie en salles : 28 février 2018

Résumé : Anvers. Quatre amis d’enfance, fan de Scarface et petits dealers se rêvent en futurs parrains du crime organisé. Mais leur légende se transforme en cauchemar quand ils volent un chargement de cocaïne, déclenchant la guerre avec un baron de la drogue à Amsterdam et les cartels colombiens.

Articles / Liens :

  • Avis express : On se souvient de la funeste destinée française de Black, le précédent film des deux compères flamands. D’abord programmé pour une sortie le 16 mars 2016 au cinéma (on l’avait même découvert en projection de presse), il fut purement et simplement retiré de la circulation par son distributeur pour ensuite le reprogrammer en e-cinéma le 24 juin 2016. La raison invoquée à l’époque par Paname Distribution était la frilosité des exploitants de salles face à la violence du film interdit aux moins de 16 ans et le climat délétère suite aux attentats de 2015. Black revisitait en effet avec une belle pugnacité le mythe de Roméo et Juliette avec en fil rouge deux bandes rivales cohabitant tant bien que mal au sein du quartier de Molenbeek, cette commune bruxelloise dont certains auteurs des attentats parisiens du 13 novembre étaient originaires.
    On ne pourra que regretter la chose d’autant que si Gangsta s’inscrit dans une volonté de creuser le sillon d’un cinéma à la marge, on ne retrouve ici ni la force brute, ni la saveur et encore moins le talent du tandem Adil El Arbi / Bilall Fallah que l’on avait pu alors constater. C’est que si Black avait pour lui une identité exacerbée en propre, Gangsta ne fait que plagier à grands renforts de mouvements de caméras et musiques électros tonitruantes ses illustres prédécesseurs à commencer par La Haine dont une scène derrière un miroir de salle de bain (citant déjà un certain Taxi Driver faut-il le rappeler) suffit à rappeler l’énorme déficit émotionnel entre les deux. Gangsta se contentant de citer abondamment et sans discontinuer mais sans jamais s’attarder.
    Il y a là comme une volonté d’étaler un « savoir faire » tout de bric et de toc qui ceci dit colle bien à l’identité d’une sorte de grand clip directement exhumé des années 80 et de sa chaîne emblématique MTV. On sait pourtant Adil El Arbi / Bilall Fallah bien plus talentueux. On a donc plus l’impression qu’ils ont voulu s’amuser à faire une sorte de book des possibles afin de se vendre. Une forme de gros clin d’œil à l’attention de Hollywood qui a semble-t’il payé puisque les voici embarqués dans l’aventure d’un Flic de Beverly Hills 4 un peu improbable il faut bien le dire mais qui colle là encore tout à fait avec ce Gangsta tout de néons vêtus. Black est déjà loin mais au moins cela sort au cinéma. On se console comme on peut. 2,5/5 – SG

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