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Fiche film : Le Secret des Marrowbone

Répandez la bonne parole...

Le Secret des Marrowbone est le premier long métrage que réalise Sergio G. Sánchez, après une brillante carrière en tant que scénariste débutée avec L’Orphelinat de J.A. Bayona, dont la production exécutive a été assurée par Guillermo del Toro. Forts de l’accueil enthousiaste réservé à leur premier film, J.A. Bayona et Sergio G. Sánchez ont poursuivi leur collaboration avec The Impossible, un film dramatique à suspense inspiré de la bouleversante histoire vraie d’une famille espagnole qui a survécu au tsunami de 2004 en Asie du Sud-Est. Le film a non seulement été un succès au box-office espagnol mais également dans le monde. Sergio G. Sánchez a par ailleurs adapté The End pour Jorge Torregrossa et écrit Palmiers dans la neige (visible sur Netflix) réalisé par Fernando González Molina.

Bien que les événements se déroulent dans une localité fictive du Maine, le film a été tourné dans les Asturies en Espagne. Sergio G. Sánchez, qui est originaire de la région, tenait à tourner le film dans son pays pour renforcer le caractère émotionnel de l’histoire.

Le Secret des Marrowbone (Marrowbone – 2017)

Réalisateur(s) : Sergio G. Sánchez
Acteurs : Anya Taylor-Joy, George MacKay, Mia Goth, Charlie Heaton, Kyle Soller
Durée : 1h51
Distributeur : Metropolitan FilmExport
Sortie en salles : 7 mars 2018

Résumé : Pour ne pas être séparés, Jack, 20 ans, et ses frères et sœurs plus jeunes, décident de cacher à tout le monde le décès de leur mère qui les élevait seule. Ils se retrouvent livrés à eux-mêmes dans la ferme familiale isolée, mais bientôt, d’étranges phénomènes indiqueraient qu’une présence malveillante hante leur unique refuge…

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  • Avis express : Le Secret des Marrowbone est une fascinante surprise. (Très mal) « Vendu » comme un film de frousse classique se déroulant dans une maison hantée, le premier long de l’espagnol et jusqu’ici uniquement scénariste Sergio G. Sánchez, est bien plus que cela. Car une fois que l’on entre dans la demeure en question, on comprend très vite que si celle-ci est bien un personnage à part entière du film, elle n’en occupera pas le rôle central pour autant. Celui-ci est en effet tenu par l’histoire et la façon dont Sánchez nous l’expose. D’abord par une mise en scène que l’on pense de prime abord factuelle mais qui s’avère être, au fur et à mesure que l’on s’enfonce dans les méandres du mystère, délicieusement agaçante, inspirée et au finale retorse. À la différence d’un Sixième sens de M. Night Shyamalan, on n’a qu’une envie, une fois les lumières de la salle rallumée, c’est de revoir le film pour essayer de comprendre le point de basculement, là où Sánchez nous enrôle dans son univers pour ensuite mieux nous l’imposer.
    Certainement dès le début en fait. On retrouve ici la patte acérée du scénariste à qui l’on doit L’Orphelinat de J.A. Bayona qui jouait déjà sur les codes et les apparences. Mais à côté, Le Secret des Marrowbone c’est de la dentelle de précision accentuée (si c’est encore possible) par une science du montage portée en des sommets apnéiques. C’est d’ailleurs avec la respiration coupée ou haletante que l’on tente de voir le bout du tunnel. Non que Sánchez nous la joue jump scare ou autres grosses ficelles de la sorte. On a plutôt droit à une lente mais inexorable montée d’adrénaline dont on se dit que l’on ne va pas en sortir indemne. C’est écrit. Ou plutôt c’est tout vu tant la richesse visuelle de la plupart des plans, la texture faussement classique de la photo et la précision des mouvements de la caméra font littéralement sensations sans pour autant ne jamais tomber dans le sensationnel. Jusqu’à ce choix de tourner en Espagne pour rendre compte de la côte Est des États-Unis des années 50 pour lequel Sánchez ne s’en cache presque pas. Il joue même de ce ressenti en forme de décalage pour le faire résonner avec son histoire. On se répète, c’est juste délicieux d’intelligence.
    Tout juste pourra-t’on lui reprocher certaines facilités dans le sous-texte dramatique et psychologique (et encore) mais certainement pas sa fin brillante, solaire et (à sa manière) sévèrement burnée. Et puis on ne peut pas passer sous silence Anya Taylor-Joy. Elle joue la voisine vivant à plusieurs kilomètres sur la colline d’en face mais qui communique en morse via sa lampe torche la nuit à l’attention de l’aîné de la famille mais aussi chef de clan d’une fratrie de trois enfants (petit et grands) qu’il faut protéger depuis que leur maman est morte. Elle est le point d’ancrage du film, son poumon droit et notre havre de paix et de beauté. On l’avait découverte dans le dérangeant et incandescent The VVitch pour ensuite confirmer une indéniable présence dans Split de M. Night Shyamalan (encore lui) mais son talent éclate littéralement ici telle une évidence et l’affirmation que l’on tient là une future pépite hollywoodienne. Au demeurant Sánchez ne s’y trompe pas la filmant avec amour et une forme de préciosité galante qui fait là encore admirablement contre-point.
    C’est donc sous le charme que l’on peut aussi placer ce Secret des Marrowbone qui présente ainsi une facture bien plus riche et complexe que ses affiches et autres accroches marketings peuvent le laisser entendre. De notre côté, on ne voudra même pas essayer de le catégoriser (tics et réflexes bien trop faciles du critique). Le découvrir, en parler entre amis, le revoir en Blu-ray (par exemple) afin de patienter comme on le peut dans l’attente du prochain film de Sergio G. Sánchez, serait lui rendre bien plus justice. 3,5/5 – SG
  • Box-office : 61 140 entrées sur 219 copies après le premier week-end d’exploitation. On est sur une prévision de cumul à plus ou moins 100 000 entrées. Pas bézef. On a toujours autant de mal à comprendre la politique marketing de Metropolitan quant au positionnement recherché sur ce film. Et puis que penser encore une fois de l’accumulation des sorties à gérer entre Criminal Squad sorti le 21 février et le package Hostiles / Battleship Island prévus tous les deux le 14 mars.

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