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Fiche film : The Captain – L’usurpateur

The Captain – L’Usurpateur est basé sur l’histoire réelle du soldat allemand Willi Herold qui, après avoir été séparé de ses troupes le 3 avril 1945, trouve à l’intérieur d’un véhicule abandonné un uniforme de capitaine, bardé de médailles de guerre de la plus haute distinction, dont celle de la Croix de fer. Assez vite, il se retrouve à la tête d’un groupe de soldats qu’il rencontre en chemin et commandera jusqu’à environ 80 hommes, dont 12 l’accompagneront jusqu’à la fin. Surnommé le « Pendu de l’Emsland » (« Henker vom Emsland »), Willi Herold tue lors de son périple près de 170 personnes, prétextant avoir reçu des ordres d’Adolf Hitler lui-même. Malgré l’absence de preuve écrite, tous les officiers le croient sur parole. Finalement démasqué et arrêté par la police militaire allemande, il est condamné à mort le 29 août 1946 à l’âge de 20 ans.

Si le réalisateur Robert Schwentke est d’origine allemande, c’est aux États-Unis qu’il connaît le succès. Après des premiers films primés dans son pays natal, il décolle pour Hollywood en 2005 où il signe le thriller Flight Plan avec Jodie Foster. Suivent la romance fantastique Hors du tempsRed avec Bruce Willis et Morgan Freeman et R.I.P.D. Brigade fantôme. On lui doit également les deux derniers volets de la saga Divergente : Divergente 2 : l’Insurrection (2015) et Divergente 3 : Au-delà du mur (2016).

The Captain – L’usurpateur (Der Hauptmann – 2017)

Réalisateur(s) : Robert Schwentke
Acteurs : Max Hubacher, Milan Peschel, Frederick Lau, Bernd Hölscher
Durée : 1h58
Distributeur : Alfama Films
Sortie en salles : 21 mars 2018

Résumé : 1945. Le chaos se répand en Allemagne et les armées du IIIe Reich commencent à se déliter. Des escadrons de soldats ivres multiplient les exécutions sommaires, sans différencier déserteurs et fantassins ayant perdu leur unité. Pour survivre, un jeune déserteur allemand, Willi Herold, va usurper l’identité d’un capitaine, entraînant dans sa fuite avec lui des soldats pour une mystérieuse « mission spéciale ».

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  • Avis express : Un film allemand traitant de la Seconde Guerre mondiale, c’est à la fois rare et commun en soi tant le pays semble encore aujourd’hui vouloir panser les plaies d’une période de leur histoire il est vrai à jamais béantes. Quand en France, on a encore du mal avec l’affirmation qui veut que peu ont résisté, que beaucoup ont collaboré et que le reste a vécu dans une zone grise pour mieux survivre, les Allemands eux n’y vont plus avec le dos de la cuillère depuis longtemps. Et ce Captain – L’Usurpateur d’enfoncer le clou rouillé en (dé)montrant en creux que tout le monde était pourri jusqu’à la moelle.
    Pour Robert Schwentke, réalisateur allemand ayant réalisé la plus grande partie de sa carrière à Hollywood, il n’y a en effet aucune échappatoire possible. Un bon nazi est un nazi mort et le IIIe Reich reste et restera comme une tache indélébile pour son pays que chaque nouvelle génération devra porter tel un fardeau pour l’éternité. Il y a là comme l’excroissance de la bonne vieille philosophie chrétienne du châtiment éternel que l’on s’inflige pour expier ses fautes. Appliquée in extenso à n’importe quelle forme d’art, cela peut très vite devenir contre-productif jusqu’à la nausée.
    Pas ici. Tout simplement parce que Robert Schwentke applique au message que l’on vient d’évoquer une mise en scène en totale contradiction accompagnée d’un N&B on ne peut plus stylisé qui tend à vouloir nous faire prendre du recul par rapport à ce que l’on découvre à l’écran. Spielberg avait adopté la même enveloppe formelle avec La Liste de Schindler à la différence notable d’un grain ultra prononcé qui voulait certainement jouer avec le sentiment suranné des films de propagande ou non de cette époque. Ici, on est en face d’une image racée aux contrastes assumés et aux cadres numériquement léchés. Quand Spielberg rendait hommage dans sa mise en scène aux plus grands maîtres de l’expressionnisme allemand, Schwentke propose lui quelque chose de beaucoup plus contemporain et classique.
    De cette dichotomie, le malaise ressentit dès le début en devient limite insoutenable à la fin, pris que nous sommes entre la beauté des cadres et la folie toute « herzogienne » de cette histoire. On est dès lors pas loin d’un cinéma à la frontière d’un Aguirre, la colère de Dieu de Werner Herzog et du Tambour de Volker Schlöndorff. D’autant que Robert Schwentke se permet de remettre tout en cause lors d’un générique de fin pour le moins mémorable. Mais en apparence seulement car le goût de cendre qu’il nous a laissé au fond de la gorge est toujours là tandis que ses compositions scéniques nous hantent encore au moment où l’on écrit ces quelques lignes.
    Antithèse de La Chute de Oliver Hirschbiegel, ce Captain – L’Usurpateur n’en reste pas moins un prolongement passionnant dans la représentation de ce Mal absolu infusé au quotidien et au plus profond d’une société gangrenée par son humanité. Ce qui en soit revient à admettre son universalité. SG4/5
  • Box-office :  Après deux semaines d’exploitation, le film enregistrait 8 506 entrées sur 29 copies dont plus de la moitié à Paris sur seulement 6 copies (4 887 entrées). Même pour un tel film (en noir et blanc sur un sujet exigeant), c’est très peu et ne laisse pas augurer d’un avenir rayonnant pour l’accès à ce genre de productions en nos salles (autre que celles de la capitale).

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