L'Île aux chiens - Image une fiche film

Fiche film : L’Île aux chiens

À l’instar de ses précédents films, Wes Anderson a fait appel à ses plus fidèles collaborateurs et amis pour co-écrire L’Île aux chiens. Il a ainsi retrouvé Roman Coppola et Jason Schwartzman et a accueilli un petit nouveau, Kunichi Nomura, qu’il avait dirigé dans The Grand Budapest Hotel.

Wes Anderson s’est déjà frotté à la stop motion avec Fantastic Mr. Fox. S’il a décidé d’avoir à nouveau recours à cette technique, c’est parce qu’elle lui a permis de représenter à la fois les chiens indigents, mais pourtant pas dépourvus de riches émotions, et une île japonaise peuplée d’êtres mis au ban de la société.

Fortement imprégné par le cinéma japonais, Wes Anderson a décidé avec L’Île aux chiens de rendre hommage à toute une série de réalisateurs japonais, et à la culture nippone en général. La plus grande influence du réalisateur est sans conteste Akira Kurosawa et en particulier ses films qui se déroulent dans un cadre urbain comme L’Ange ivre, Chien EnragéEntre le ciel et l’enfer et Les Salauds dorment en paix.

L’Île aux chiens (Isle Of Dogs – 2018)

Réalisateur(s) : Wes Anderson
Avec les voix originales de : Bryan Cranston, Frances McDormand, Edward Norton, Liev Schreiber, Greta Gerwig, F. Murray Abraham, Scarlett Johansson, Jeff Goldblum, Bill Murray, Harvey Keitel
Durée : 1h41
Distributeur : Twentieth Century Fox France
Sortie en salles : 11 avril 2018

Résumé : En raison d’une épidémie de grippe canine, le maire de Megasaki ordonne la mise en quarantaine de tous les chiens de la ville, envoyés sur une île qui devient alors l’Ile aux Chiens. Le jeune Atari, 12 ans, vole un avion et se rend sur l’île pour rechercher son fidèle compagnon, Spots. Aidé par une bande de cinq chiens intrépides et attachants, il découvre une conspiration qui menace la ville.

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  • Avis express : Wes Anderson est décidément un cinéaste à part. Génialement à part qui plus est. Il suffit d’ailleurs de jeter un œil dans le rétro de sa filmo pour (facilement) s’en convaincre. Il est en effet l’un des rares cinéastes américains à « profiter » du système hollywoodien alors que par ailleurs son cinéma s’inscrit dans une démarche on ne peut plus auteurisante et indépendante. Un paradoxe qui lui permet de creuser le sillon d’un univers résolument à part, riche et sans cesse renouvelé. Et L’île aux chiens ne viendra certainement pas démentir ce dorénavant axiome même si ceux qui avaient adoré Fantastic Mr. Fox ne seront absolument pas dépaysés.
    À commencer par cette animation qui mélange la technique du stop motion, du dessin en 2D et pour les méchants chiens robots celle de l’impression 3D. Autant dire qu’à l’image, il y a une richesse visuelle de tous les instants que Wes Anderson associe à une histoire d’abord empreinte d’un profond respect à la culture japonaise et plus particulièrement à son cinéma. On y décèle ainsi un hommage appuyé à certains des films en mode urbain que signa Akira Kurosawa jusqu’au maire de Megasaki qui ressemble à s’y méprendre à Toshirô Mifune, acteur fétiche s’il en est du maître cinéaste nippon.
    Mais au-delà, il y a dans L’Île aux chiens un ailleurs fascinant qui lui enlève tout soupçon de redondance ou de redite confortable. Wes Anderson puisant en effet dans cette histoire proche de l’haïku magnifique de beauté simple, une franchise et une efficacité qui happe le spectateur en des contrées magiques et un tantinet déviantes. Sans oublier cette intelligence inénarrable de conteur inné qu’on lui connaissait déjà qui donne une nouvelle fois ici cette patine instantanément délicieuse et déjà atemporelle. SG4/5
  • Box-office : 109 245 entrées sur 172 copies après 5 jours d’exploitation. Seul, The Grand Budapest Hotel avait fait beaucoup mieux avec la même combinaison de copies (315 874 entrées pour un cumul à 1 510 312 tickets vendus, soit, au passage, la meilleure marque à date en France pour Wes Anderson). Si les 2 prochaines semaines voient cette fréquentation se maintenir, il n’y a pas de raison pour que L’Île aux chiens fasse au moins aussi bien que Fantastic Mr. Fox qui au bout de 5 jours avait réuni 128 167 spectateurs sur 147 copies pour terminer sa carrière à 520 912 entrées.

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