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Fiche film : Place publique

Le film s’appelle Place publique mais se passe dans un jardin privé. Pour Jean-Pierre Bacri, cet espace peut devenir une place publique grâce aux réseaux sociaux. Le comédien/scénariste et Agnès Jaoui voulaient parler de cette nouvelle frénésie de vouloir se faire reconnaître à tout prix, même de son groupe d’amis, par un like sur Facebook, qui par exemple valide le petit-déjeuner que l’on vient de filmer et de poster…

Côté références cinématographiques, Agnès Jaoui a montré trois films à ses collaborateurs avant le tournage de Place publiqueUn mariage de Robert Altman, Partition inachevée pour piano mécanique de Nikita Mikhalkov et La Règle du jeu de Jean Renoir. « Évidemment, on a aussi vu des films qui se passent en une soirée comme The Party de Blake Edwards, mais mes trois références étaient celles-ci », précise la réalisatrice.

Place publique (2018)

Réalisateur(s) : Agnès Jaoui
Acteurs : Agnès Jaoui, Jean-Pierre Bacri, Léa Drucker, Kévin Azaïs, Sarah Suco, Héléna Noguerra
Durée : 1h38
Distributeur : Le Pacte
Sortie en salles : 18 avril 2018

Résumé : Castro, autrefois star du petit écran, est à présent un animateur sur le déclin. Aujourd’hui, son chauffeur, Manu, le conduit à la pendaison de crémaillère de sa productrice et amie de longue date, Nathalie, qui a emménagé dans une belle maison près de Paris. Hélène, sœur de Nathalie et ex-femme de Castro, est elle aussi invitée. Quand ils étaient jeunes, ils partageaient les mêmes idéaux mais le succès a converti Castro au pragmatisme (ou plutôt au cynisme) tandis qu’Hélène est restée fidèle à ses convictions.

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  • Avis express : Cela faisait cinq ans et Au bout du conte que le couple Jaoui / Bacri avait disparu des radars. Bien entendu, chacun poursuivait sa route peinard dans son coin avec toutefois ce sentiment à peine diffus que leur choix d’apparaître ou non devant la caméra ne se faisait pas sur de simples coups de tête. Il suffit en effet pour s’en convaincre de jeter un petit coup d’œil dans le rétro immédiat avec le jubilatoire Sens de la fête orchestré par l’autre tandem Toledano / Nakache ou encore avec le solaire Aurore de Blandine Lenoir que la seule présence d’Agnès Jaoui irradiait littéralement.
    Place publique est leur cinquième film ensemble. Le cinquième qu’ils écrivent à deux et le cinquième qu’Agnès Jaoui met en scène. Il y a là comme une fidélité indéfectible qui marque littéralement une vie ainsi que mine de rien l’histoire du cinéma français des 20 dernières années. Certes, le duo avait déjà écumé et reconnu la place dans la décennie précédente. Mais Le Goût des autres en 2000 qui reste encore aujourd’hui leur plus gros succès populaire avec près de 4M d’entrées, les avait définitivement installé comme on dit. Sans vouloir refaire l’histoire, on parle ici d’un temps où il était de bon ton de pérenniser l’idée d’un cinéma bourgeois parisien de gauche destiné au public non moins nantis mais de province. Une démarche intellectuelle que brocardait par exemple un Chabrol ou un Sautet. Pour autant, les films estampillés Jaoui / Bacri ont évolué jusqu’à devenir autre chose qu’une tranche de vie taciturne et assez décorrélée du naturalisme ambiant obsessionnellement recherché via par exemple une réalisation qui s’est toujours voulue simple mais que l’on peut aussi qualifier de terne ou pire d’inexistante.
    Jusqu’Au bout du conte justement qui donnait l’impression que le couple s’était débarrassé de beaucoup de ces scories. Mais en fait non, sans que pour autant tout cela ne soit pas assumé. C’est que Place publique a les défauts de ses qualités. Expression certes bateau mais qui résume bien le sentiment laissé par un film qui n’a que pour seule ambition de stigmatiser la société 2.0 que nous subissons / vivons au quotidien en usant d’artifices d’écriture certes éprouvées mais au final peu convaincants. On a donc droit à l’exercice du film choral et du lieu unique. Une pendaison crémaillère dans une maison à deux heures de Paris (à vol d’oiseau) qui va réunir tous les acteurs d’une tragi-comédie où s’ébattent des personnages triés sur le volet permettant aux scénaristes Jaoui / Bacri de faire passer quelques messages : les youtubeurs et d’une manière générale, les réseaux sociaux c’est le mal, les idéaux post 68 sont morts voire n’ont jamais réellement vécu, la famille est un concept qui ne peut plus avoir de raison d’être, le monde s’enfonce dans une bêtise crasse dont elle ne se relèvera pas…
    Toutefois, Place publique n’est pas l’expression d’une dépression nerveuse ordonnancée par deux cartes vermeils qui assument de moins en moins de vieillir. Ce serait faire injure à leur intelligence et surtout à ces dialogues qui ont toujours fait la force de leur cinéma. Ils extirpent ici littéralement un film qui sans eux n’aurait jamais décollé. C’est souvent brillant, bien vu et bien senti. C’est du miel pour les esgourdes et surtout ils permettent de fluidifier certaines scènes et situations engoncées dans des mises en situation fondamentalement peu inspirées.
    Du coup, on ressort de tout cela avec quand même l’impression d’avoir fait deux pas en arrière effaçant quelque peu la très belle réussite pleine de maturité de Parlez-moi de la pluie et celle pétillante à souhait de Au bout du conte. Exit les mises en danger formelles et un discours moins en phase avec « l’actualité ». Retour à une zone de confort qui ne peut donner qu’un plaisir immédiat et de courte durée. Prochaine étape, viagra et éjaculation sémantique précoce ? SG3/5
  • Box-office : 33 873 entrées en 24h sur une très confortable combinaison de 435 copies. La plus importante pour un film signé Jaoui / Bacri. Et pourtant, il s’agit là de leur plus faible démarrage. Au bout du conte, leur précédent film qui détenait jusqu’ici la cuillère de bois, avait réuni 62 030 entrées sur 335 copies pour terminer sa carrière à 966 381 tickets vendus. De fait, si la courbe est ici identique, Place publique devrait même avoir du mal à franchir la barre symbolique des 500 000 spectateurs.

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