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Fiche film : La Révolution silencieuse

Au milieu des années 1950, les élèves de terminale du lycée Kurt Steffelbauer à Storkow (Brandebourg) sont autorisés à valider leur certificat de fin de scolarité dans l’espoir d’obtenir une des rares places disponibles dans les universités d’Allemagne de l’Est. Ils découvrent par le biais de la radio que leur idole, le joueur de l’équipe nationale hongroise de football Ferenc Puskás, aurait été tué lors des manifestations de Budapest. Ils décident spontanément d’observer une minute de silence lors de leur cours d’histoire le 29 octobre afin de lui rendre hommage.

Cet incident mineur parvient aux oreilles du ministre est-allemand de l’éducation populaire Fritz Lange qui menace de les exclure s’ils ne dénoncent pas les meneurs. Mais refusant de plier, les jeunes sont exclus de leur école et décide de fuir en République ouest-allemande. Le premier à y être parvenu, Dietrich Garstka, se voit octroyer à Berlin-ouest le statut de réfugié politique ayant fui l’Allemagne de l’Est à cause de persécutions politiques. Il retrace son parcours dans le livre Das Schweigende Klassenzimmer (La Classe silencieuse).

La Révolution silencieuse en est l’adaptation.

La Révolution silencieuse (Das schweigende Klassenzimmer – 2018)

Réalisateur(s) : Lars Kraume
Acteurs : Leonard Scheicher, Tom Gramenz, Lena Klenke, Jonas Dassler, Ronald Zehrfeld
Durée : 1h51
Distributeur : Pyramide Distribution
Sortie en salles : 2 mai 2018

Résumé : Allemagne de l’est, 1956. Kurt, Theo et Lena ont 18 ans et s’apprêtent à passer le bac. Avec leurs camarades, ils décident de faire une minute de silence en classe, en hommage aux révolutionnaires hongrois durement réprimés par l’armée soviétique. Cette minute de silence devient une affaire d’État. Elle fera basculer leurs vies. Face à un gouvernement est-allemand déterminé à identifier et punir les responsables, les 19 élèves de Stalinstadt devront affronter toutes les menaces et rester solidaires.

Articles / Liens :

  • Avis express : 2018 sera peut-être l’année du cinéma allemand. C’est qu’en à peine deux mois, voici que deux films germaniques secouent avec vigueur nos préjugés en la matière. Une production exsangue qui ne cesse de se chercher des successeurs à des Wim Wenders et autres Fassbinder. De nouvelles générations incapables de ne proposer autre chose que des coups certes notables mais sans lendemains faute d’ambitions ou de moyens. Des migrants devenus très vite des anonymes au sein du cheptel des expatriés hollywoodiens.
    Après The Captain – L’usurpateur sorti en mars et réalisé ironiquement par un allemand ayant fait une bonne partie de sa carrière à Hollywood, voici donc que débarque cette Révolution silencieuse mis en boîte par Lars Kraume déjà auteur du remarqué et remarquable Fritz Bauer, un héros allemand sorti chez nous en 2016. Si The Captain retraçait les derniers jours de la seconde guerre mondiale via le prisme d’un soldat ayant endossé l’uniforme d’un capitaine devenant par la même le symbole d’une nation à l’agonie, La Révolution silencieuse nous téléporte 11 ans plus tard dans une Allemagne déjà coupée en deux mais avant l’édification du Mur de Berlin.
    Lars Kraume semble vouloir ainsi prolonger sa réflexion entamée avec Fritz Bauer, un héros allemand, du nom de ce juge qui devant le refus des tribunaux de son pays à vouloir « rapatrier » le nazi Adolf Eichmann depuis l’Argentine où il se cachait s’est résolu à adopter une solution disons, plus radicale. L’histoire que dresse La Révolution silencieuse se déroule quelques mois plus tôt, à l’automne 1956 mais en Allemagne de l’Est. Le film narre en effet la minute de silence spontanée d’une classe de terminale en signe de solidarité avec ce qui se passait à Budapest en proie alors à une révolte nationale contre son gouvernement fantoche téléguidé par les soviétiques. Ce qui aux yeux des lycéens n’était qu’une bravade devient rapidement une affaire d’État dans un pays où les stigmates du nazisme sont encore bien vivaces et où la révolution socialiste doit être menée au pas de charge sans possibilité d’aucune voix dissonante.
    Lars Kraume s’emploie ainsi à décrypter et à tenter de comprendre la société d’après-guerre allemande certes déchirée mais déjà renaissante. Regardant vers le futur sans vouloir occulter le passé. Certes, il s’agit là de minorités, certes encore aujourd’hui beaucoup de choses restent en suspens, mais l’existence même d’un film comme La Révolution silencieuse prouve la vitalité d’une réflexion plus que jamais prégnante. Bien entendu, le film de Lars Kraume n’échappe pas de temps à autre à une certaine lourdeur didactique et à une mise en scène à l’avenant. Mais l’ensemble repose sur tant de fulgurances et sur un casting véritablement sans faute que l’on s’en voudrait de jouer les rabat-joies.
    Et puis il y a cette dernière séquence en classe qui peut s’apprécier à la façon d’une citation directe de cinéma. Elle rappelle en effet le plan iconique du Cercle des poètes disparus et d’une façon plus retorse et savoureuse celui quasi final dans Spartacus où les derniers esclaves survivants déclarent tous s’appeler Spartacus. Réalisé en 1960 par Stanley Kubrick, il est écrit par un certain Dalton Trumbo qui jusqu’à ce film devait travailler sous un nom d’emprunt suite à la chasse aux communistes organisées par le sénateur McCarthy une décennie pus tôt. La dictature de la pensée ne se niche en effet pas forcément là où l’on espère qu’elle soit.   SG3,5/5
  • Box-office : Avec 6 084 entrées sur 91 copies en 24h, La Révolution silencieuse devrait en toute logique finir sa course aux alentours des 50 000 tickets vendus. Dans l’absolu c’est pas beaucoup, mais pour un film avec un tel pedigree (cinématographie allemande, pas d’acteurs connus, uns histoire qui ne touche pas grand monde…), ce serait déjà pour Pyramide, son distributeur, une petite victoire en forme de satisfecit. Même si l’on est persuadé que La Vie des autres et son demi million d’entrées qui avait pris tout le monde par surprise en 2007 reste dans le coin de toutes les têtes.

Une réflexion sur « Fiche film : La Révolution silencieuse »

  1. Excellent film, moi qui ai eu la « chance » de voir directement sur place en Union Soviétique elle-même… ce genre de situation (racontée) par des dissidents…. C’est cru de vérité filmée….
    Comment comprendre l’utopie des communistes….

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