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Fiche film : Une prière avant l’aube

Ce qui a séduit Jean-Stéphane Sauvaire dans le scénario d’Une prière avant l’aube réside dans le fait qu’il s’agisse d’une histoire vraie. C’est au départ la productrice Rita Dagher qui lui a parlé de ce projet et lui a proposé ce scénario qu’elle produisait avec Hurricane films. Le metteur en scène a ensuite lu le livre retranscrivant le parcours de Billy Moore, A Prayer Before Dawn : A Nightmare in Thailand, puis l’a rencontré à Liverpool.

Au départ, Billy Moore a été condamné à trois ans de prison et a purgé sa peine à Chiang Mai, dans le nord de la Thaïlande où il a intégré le club de boxe, puis à Klong Prem à Bangkok. Il a été incarcéré deux ans, avant de finir sa dernière année de prison en Angleterre, ce qui est relativement court par rapport à ce que peuvent être les condamnations en Thaïlande.

Joe Cole est le seul acteur professionnel du film si l’on enlève Vithaya Pansringarm, qui joue le directeur de la prison et qui avait été révélé par Only God Forgives de Nicolas Winding Refn. Tous les autres comédiens thaïlandais sont non seulement non professionnels mais surtout ils sont d’anciens prisonniers et champions de boxe, la plupart incarcérés pour meurtre ou drogue, ayant purgé des peines de 10 à 20 ans.

Une prière avant l’aube (A Prayer Before Dawn – 2017)

Réalisateur(s) : Jean-Stéphane Sauvaire
Acteurs :  Joe Cole, Vithaya Pansringarm, Panya Yimmumphai
Durée : 1h57
Distributeur : Wild Bunch Distribution
Sortie en salles : 20 juin 2018

Résumé : L’histoire vraie de Billy Moore, jeune boxeur anglais incarcéré dans une prison en Thaïlande pour détention de drogue. Dans cet enfer, il est rapidement confronté à la violence des gangs et n’a plus que deux choix : mourir ou survivre. Lorsque l’administration pénitentiaire l’autorise à participer à des tournois de Muay-Thai, Billy donne tout ce qui lui reste.

Articles / Liens :

  • Avis express : Il faut les chérir les films comme celui-là tant il semble débarquer d’un espace-temps aux antipodes du notre. Comme si Une prière avant l’aube ne pouvait qu’être le fruit d’une société dystopique. Une société qui aurait cultivé le Nouvel Hollywood et qui aurait digéré la Nouvelle Vague. Une société qui accepterait les expérimentations formelles du 7ème Art sans jamais oublier qu’un film c’est d’abord une histoire, ensuite une histoire et enfin une histoire. Une prière avant l’aube n’est donc pas une incongruité et encore moins un OVNI. C’est bien plus que cela mais c’est déjà une forme d’aboutissement au sein de la filmo d’un cinéaste frappé du sceau de la radicalité et du sans concessions.
    C’est qu’en à peine quatre films sur 15 ans qui vont du Cartel de Medellín aux geôles thaïlandaises en passant par les enfants soldats d’Afrique, l’homme ne s’embarque pas à la légère et surtout ne fait jamais figurer dans son cinéma la grammaire du compromis ou de ses dérivés. Son style est ainsi à la frontière du documentaire en immersion avec tout de même pour obligation d’adopter un angle qui accentue la dramaturgie de l’ensemble. L’idée n’est pas d’être neutre mais bien d’appuyer là où ça fait mal. Une prière avant l’aube ne déroge pas à la règle même si le propos n’est point ou plus ici de dénoncer quoi que ce soit mais plutôt de mettre en valeur le parcours d’un homme entre descente aux enfers et rédemption fragile. Un arc narratif somme toute classique mais qui offre à sa façon une relecture des plus modernes d’un certain Midnight Express qui prend au passage un sacré coup de vieux.
    Mais surtout, il donne la possibilité à Jean-Stéphane Sauvaire de poursuivre son exploration de la violence au cinéma menée tel un un exutoire façon catharsis doublé d’une thérapie évidente par l’image. D’où cette impossibilité de tergiverser ou de louvoyer. Sauvaire est un cinéaste de l’extrême qui va jusqu’au bout de son sujet et de ses sujets, les pressurisant jusqu’à la moelle, les explorant au risque de sa vie mais aussi parce qu’il ne peut pas faire autrement. Il y a là comme un enfermement et une impasse qui pourraient à chaque fois se retourner contre lui mais qu’il surmonte aux forceps donnant alors à tous ses films une forme de grâce élégiaque miraculeuse.
    Tel un combat Muay-Thai parfaitement chorégraphié où tous les coups ou presque sont permis, où les combattants jouent à chaque fois leur mort tout en respectant la vie comme personne, Une prière avant l’aube est fait de la partie la plus noble de l’humain avec ses contradictions, ses veuleries, son aristocratie et sa sublime déchéance. SG4/5
  • Rencontre avec Jean-Stéphane Sauvaire (et Gaspar Noé) : Cherchez pas à comprendre. On s’est juste dit qu’au lieu de réaliser une interview lambda à l’occasion de la sortie du film de Sauvaire, on allait passer la main à un autre cinéaste qui s’avère être de surcroît son pote et un peu son mentor. Du coup, on a juste posé nos trois caméras et subséquemment notre séant sur une des chaises de la terrasse où crèche le distributeur / boîte de prod Wild Bunch, et roule ma poule pendant plus d’une heure. Au final, voici un montage de 16 minutes qui n’est que la version courte d’un futur bonus pour la sortie du film en Blu-ray et DVD (vœu pieux à l’heure où nous écrivons ces lignes. Comme ça, vous savez tout).
  • Box-office : Avec 2 033 entrées sur 44 copies en 24h, le film de Sauvaire est en tête des sorties du deuxième chapeau puisque How to Talk to Girls at Parties réalise 1 928 entrées sur 66 copies, que  À genoux les gars ne fait pas beaucoup mieux avec 1 784 entrées sur 73 copies et qu’enfin Jerico atteint péniblement 1 078 entrées sur 31 copies. Une prière avant l’aube se paye même le luxe d’avoir une meilleure moyenne par copie que Bécassine ! et ses 12 000  entrées sur 235 copies. Edit 25/06 : 7 091 entrées au sortir de son premier week-end. Le film perd un peu de terrain sur How to Talk to Girls at Parties qui en est maintenant à 9 383 entrées mais reste ferme sur sa moyenne de spectateurs par copie qui atteint le chiffre de 161. Bécassine ! en est à 195. On notera que plus de la moitié des entrées a été enregistrée sur Paris. Edit 04/07 : 13 979 entrées et une perte de 46% de ses spectateurs entre la première et la deuxième semaine avec une copie supplémentaire. Autant dire que la déception est tout de même de mise d’autant que ce week-end avait lieu la fête du cinéma. Vraiment dommage.

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