BlacKkKlansman - Image une fiche film

Fiche film : BlacKkKlansman

BlacKkKlansman est adapté du livre au titre éponyme de Ron Stallworth publié en 2014 et qui raconte l’histoire vraie d’un policier afro-américain (lui-même) qui, au plus fort de la lutte pour les droits civiques, tente de faire tomber le Ku Klux Klan avec l’un de ses collègues.

BlacKkKlansman marque le grand retour de Spike Lee à Cannes, où le film concourait pour la Palme d’Or (après ses Do The Right Thing et Jungle Fever en 1989 et 1991). Pour l’occasion, le réalisateur engagé a remporté le Grand prix.

Le rôle principal du long métrage est tenu par John David Washington, le fils de Denzel Washington. Ce dernier avait tourné sous la direction de Spike Lee dans Inside Man : L’Homme de l’intérieur (2006), He Got Game (1998), Malcolm X (1992) et Mo’ Better Blues (1990). À noter que John David Washington était auparavant brièvement apparu dans Malcolm X et que par ailleurs il est l’un des principaux protagonistes de l’excellente série Ballers avec Dwayne Johnson.

BlacKkKlansman (2018)

Réalisateur(s) : Spike Lee
Acteurs :  John David Washington, Adam Driver, Topher Grace, Laura Harrier
Durée : 2h16
Distributeur : Universal Pictures International France
Sortie en salles : 22 août 2018

Résumé : Au début des années 70, au plus fort de la lutte pour les droits civiques, plusieurs émeutes raciales éclatent dans les grandes villes des États-Unis. Ron Stallworth devient le premier officier Noir américain du Colorado Springs Police Department, mais son arrivée est accueillie avec scepticisme, voire avec une franche hostilité, par les agents les moins gradés du commissariat. Prenant son courage à deux mains, Stallworth va tenter de faire bouger les lignes et, peut-être, de laisser une trace dans l’histoire. Il se fixe alors une mission des plus périlleuses : infiltrer le Ku Klux Klan pour en dénoncer les exactions.

Articles / Liens :

  • Avis express : Nous qui pensions Spike Lee définitivement perdu pour le cinéma et accessoirement en apnée dans les tréfonds de ses certitudes politico-raciales nauséabondes. Que tout cela vole en éclat à la vision de BlacKkKlansman. Et pas qu’un peu. À tel point d’ailleurs qu’on a le sentiment d’avoir retrouvé le cinéaste des débuts. Celui qui savait distiller l’humour potache mais non moins raccord avec son temps d’un Nola Darling n’en fait qu’à sa tête et celui plus grinçant et dark d’un Do the Right Thing. Au demeurant, on aurait dû mieux sentir venir le coup puisque Spike Lee proposait déjà avec une certaine réussite la transposition fin 2017 de Nola… en série TV (diffusée sur Netflix).
    Au-delà de son pitch improbable mais non moins basé sur des faits réels (un flic black réussit à infiltrer le Ku Klux Klan via la branche locale de sa ville), BlacKkKlansman renoue aussi chez Spike Lee avec une envie de mettre à nouveau en scène. La dernière fois que l’on avait ressenti un peu cela c’était avec Inside Man, film de commande certes mais où le scénario un peu retors lui donnait la possibilité de donner vie à ses images pour un minimum de légèreté et de fantaisie bienvenues. En effet ici point de posture (au hasard Miracle à Santa-Anna ou le remake de Old Boy), point de messages trop lourds à digérer (La 25ème heure ou She Hate me), point de manque de recul (Malcom X ou Summer of Sam)… Juste la volonté de raconter une histoire de la meilleure des façons. Avec sensibilité, pertinence, sobriété visuelle (mais sans oublier la petite signature du travelling où les acteurs sont filmés face caméra le tout porté sur le même chariot) et classicisme apparent.
    De cette exposition, Spike Lee gagne le cœur et l’esprit de son audience et parvient sans coup férir à faire passer la petite musique de son film. Ni vu, ni connu. Ou en fait si. C’est que BlacKkKlansman est loin d’être une œuvre de contrebandier. C’est d’ailleurs peut-être paradoxalement là sa seule limite. Sa linéarité et l’évidence de sa chute empêchent certainement d’en faire un brûlot contestataire. Encore que son générique de fin montrant les images devenues malheureusement fameuses de la tragédie survenue en août 2017 à Charlottesville, ne font aucun doute quant aux intentions initiales. Mais il faut croire que l’homme a écouté une quelconque voix intérieure lui conseillant ce chemin afin justement de faire mieux passer son message qui de pamphlet bas du front qu’il n’aurait pu qu’être, devient un hymne à la tolérance tout en ne se privant pas de bien rougir les arrières-trains de ces culs terreux de suprémacistes blancs se repaissant au fond d’une alcôve humide et froide de Naissance d’une Nation d’un certain D.W. Griffith.
    Si Spike Lee les brocarde avec cet humour noir qu’on ne lui connaissait plus, c’est pour les engluer dans leurs contradictions manifestes derrière sa caméra sans pour autant en faire juste des pantins désarticulés et risibles. La force de son film tenant dès lors à réussir l’équilibre ténu entre leur dangerosité et leur bouffonnerie à l’heure où tout le monde ne pense qu’aux dangers, certes incontestables, de l’État islamique. On va remercier Trump sur ce coup là. SG4/5
  • Box-office : BlacKkKlansman semble permettre à Spike Lee après une seule journée d’exploitation, de renouer avec les faveurs du box office français. C’est d’ailleurs la première fois que le cinéaste engrange 62 136 entrées (sur 307 copies) selon les chiffres comparatifs fournis par notre partenaire CBO. À comparer aux 55 225 entrées (sur 333 copies) de Inside Man qui est à date la meilleure marque du cinéaste en France avec un total de 1 166 242 spectateurs.

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