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Fiche film : Le Monde est à toi

Romain Gavras a toujours eu envie de faire un film de gangsters. Il a donc cherché un angle pour « jouer » avec le genre. En revanche, il ne souhaitait pas faire un film en respectant certaines constantes propre à cette catégorie générique, comme les malfrats mystérieux avec des regards qui en disent long ou encore la classe et le code de l’honneur.

En compagnie de ses co-auteurs Karim Boukercha et Noé Debré, Romain Gavras a compilé plusieurs histoires provenant de conversations avec des amis connaissant le sujet du film, dont un avocat et un journaliste spécialiste du milieu. Ils ont par ailleurs aussi passé beaucoup de temps au tribunal et assisté à des comparutions immédiates.

Le Monde est à toi a été tourné à Benidorm, une commune touristique située à l’est de l’Espagne, réputée pour ses plages et pour sa vie nocturne animée. Romain Gavras s’y est rendu avec des amis au sortir de l’adolescence et a été sidéré par cet endroit qui évoque à la fois Miami, Las Vegas ou encore Glasgow.

John Landis, l’acteur fétiche de Costa-Gavras, apparaît dans Le Monde est à toi, le temps d’un plan.

Le Monde est à toi (2018)

Réalisateur(s) : Romain Gavras
Acteurs : Karim Leklou, Isabelle Adjani, Vincent Cassel, Oulaya Amamra, Sam Spruell
Durée : 1h41
Distributeur : StudioCanal
Sortie en salles : 15 août 2018

Résumé : François, petit dealer, a un rêve : devenir le distributeur officiel de Mr Freeze au Maghreb. Cette vie, qu’il convoite tant, vole en éclat quand il apprend que Dany, sa mère, a dépensé toutes ses économies. Poutine, le caïd lunatique de la cité propose à François un plan en Espagne pour se refaire. Mais quand tout son entourage : Lamya son amour de jeunesse, Henri un ancien beau-père à la ramasse tout juste sorti de prison, les deux jeunes Mohamed complotistes et sa mère chef d’un gang de femmes pickpockets, s’en mêle, rien ne va se passer comme prévu !

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  • Avis express : Si Notre jour viendra ne nous avait pas convaincu outre mesure c’est que pour son premier long de fiction, Romain Gavras nous emmenait dans une sorte de voyage totalement abscons à tel point d’ailleurs qu’aujourd’hui nous serions bien en peine d’en raconter la trame exacte. Pour autant, nous avions été frappés par cette propension assez démente de manier le cadre, les plans, le rythme et surtout les acteurs. Bref, il y avait là sans conteste de la graine de cinéaste. Encore fallait-il trouver un ou des producteurs capables de driver le fils de Costa en des contrées plus à même de mettre en valeur son évident talent.
    On va dire qu’avec Le Monde est à toi, les choses se mettent gentiment en place. On a ainsi droit à une histoire qui tient la route tout en empruntant quelques déviations plus que bienvenues. L’idée étant de pervertir les codes d’un genre plus qu’éculé histoire de surprendre quelque peu son auditoire. Pari à moitié réussi en ce sens que Gavras expose un peu beaucoup (trop) les enjeux lors des 15 premières minutes. Après y a plus qu’à dévider la pelote tout en s’assurant bien que tout le monde soit bien dans sa zone de confort. Et du clin d’œil évident que porte le titre envers le Scarface de De Palma, on accouche d’un personnage qui n’aspire qu’à sa piscine baignoire et d’un lopin de terrain quelque part entre l’Algérie et la Tunisie.
    Mais là s’arrête la comparaison et l’obole à l’histoire de ce cinéma. Car ce qui intéresse Gavras c’est plus la radiographie d’un (petit) monde désenchanté. Là où le capitalisme ne fait même plus rêver et où chacun ne cherche que son petit hectare sous le soleil et une famille à chérir. Le Monde est à toi reprend en fait là où on avait laissé Tony Soprano. Les strip-teaseuses du bar du coin et le fantasme de la psy en talons aiguilles en moins. Ce qui ne veut pas dire que Gavras broie du noir. Il faut dire que le bestiaire qu’il s’invente et qui tourne en orbite géostationnaire autour de son (anti) héro est juste impayable pour ne pas dire plus.
    À commencer par Isabelle Adjani en mère juive adepte de petites combines en tous genres à tendance hystéro qui rappelle si besoin était par ce simple second rôle, son immense et atemporel talent. On pense aussi à l’avocat véreux (chez Gavras il semblerait que cela soit un pléonasme) joué par un Philippe Katerine délicieux et suave. Et que dire de Vincent Cassel en mode Illuminati qui semble ne plus avoir qu’un hémisphère du cerveau d’irrigué… Gavras pousse ainsi le curseur assez loin dans le but évident d’isoler son Droopy de Karim Leklou et de l’ériger en gangster à même de monter son business plan sous Power Point. Tout est ainsi franchement assez bien vu jusqu’au climax final qui s’il ne peut rivaliser avec son modèle « David Mamétien » totalement assumé n’en propose pas moins l’amertume d’une écume in fine savoureuse. SG3,5/5
  • Box-office : 243 830 entrées en 15 jours et sur 340 copies. C’est sûr que par rapport aux 36 723 spectateurs enregistrés pour Notre jour viendra, on est clairement passé dans une autre dimension. Toutefois, ce chiffre à date, et considérant le nombre de copies mis en circulation, ne constitue pas un score de dingue. Studio Canal devait certainement espérer un cumul bien au-delà des 500 000 entrées. Ce que Le Monde est à toi n’atteindra finalement pas.

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