Gutland - Image une fiche film

Fiche film : Gutland

Gutland signifie littéralement « le bon pays » et est le nom de la région du Luxembourg dans laquelle a grandi le réalisateur.

Gutland représente le Luxembourg dans la course du meilleur film en langue étrangère aux Oscars 2019.

Gutland (2018)

Réalisateur(s) :  Govinda Van Maele
Acteurs : Frederick Lau, Vicky Krieps, Marco Lorenzini, Leo Folschette
Durée : 1h47
Distributeur : Next Film Distribution
Sortie en salles : 28 novembre 2018

Résumé : Au début de l’été, Jens trouve refuge dans un village luxembourgeois. Il s’acclimate et s’intègre non sans mal à la petite communauté et se rapproche rapidement de Lucy, la fille du maire. Qui de Jens ou des habitants de ce paisible village a le plus à craindre et à cacher ?

Articles / Liens :

  • Avis express : Quand on ne sait pas trop où ranger un film, il est de coutume d’affirmer que l’on a affaire à un OFNI. De nationalité luxembourgeoise, Gutland est bien cet Objet Filmique Non Identifié qui a surtout pour lui d’être réussi. Ce qui sur le papier n’était pas forcément gagné d’avance. Un gars venu de nulle part, dans le genre vagabond rural, arrive dans un village du « bon pays » au cœur même du Luxembourg, là où le PIB est le plus élevé au monde. Le paysan y repousse bien volontiers les limites mesurables d’un alcootest et sa femme n’est pas bégueule quand il s’agit de lever la cuisse. En gros, la vie y est paisible et opulente.
    On se dit alors que ce crasseux en quête de petits boulots va être l’alibi scénaristique pour foutre le boxon dans ce qui ressemble au jardin d’Éden du XXIème siècle. Qu’il est la pomme et le vers à la fois apportant discorde et zizanie. Que nenni ma bonne dame. La force (tranquille) de ce premier long signé Govinda Van Maele est que justement on ne l’attend nullement là où il nous embarque. À l’image de ce que subit notre héros très vite déboussolé, le cinéaste en herbe grasse des pâturages de son pays prend d’abord des pincettes avec son spectateur pour très vite ne plus le ménager du tout. Il y a un peu du Prisonnier dans Gutland même si Frederick Lau, que l’on a déjà vu plus tôt cette année dans le traumatisant The Captain – L’usurpateur, ne ressemble en rien à Patrick McGoohan. Dans la démarche, on pense aussi à Rosemary’s Baby de Polanski. Parce que Gutland c’est du thriller mâtiné de fantastique. Ou le contraire. C’est peut-être aussi une réflexion sociétale sur la place du migrant au sein de l’Espace Schengen. Qui sait ?
    Ce qui est certain par contre c’est que c’est foutrement bien. Pour ce mélange des genres donc. Mais aussi pour ce que cela raconte. Du viol de l’étranger pour mieux le conformer aux règles du village. Le contraire (une rébellion ou une résistance) et c’est le rejet pur et simple. Marche ou crève en quelque sorte. Et puis il y a cette réalisation d’abord un tantinet naturaliste qui se transforme progressivement en quelque chose d’assez stylisée. La bascule se faisant définitivement lors de l’hallucinante séquence de poursuite à mort ou assimilée comme telle dans un champ de blé (ou de maïs, on ne sait). La réalité y est dès lors totalement déformée. Le temps s’est dilaté et l’espace du champs a totalement envahi le cadre jusqu’à dégueuler dans la salle.
    Govinda Van Maele a bien compris que le cinéma n’est que manipulation, hypnose et thérapie de groupe ou en solitaire comme quand on se tape une queue. À (dé)charge alors pour lui d’en faire bon usage. Avec Gutland c’est le cas. C’est peu de dire que l’on guette la prochaine séance du praticien sous celluloïd comme le lait sur le feu. SG 3,5/5
  • Box-office : À l’heure où nous écrivons ces lignes, soit plus de 48h après la sortie du film au cinéma, notre partenaire CBO n’a aucun chiffre à nous communiquer. Nada, peau de balle. Même pas le nombre de copies.

  Lâchez-vous !

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *