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Fiche film : The Guilty

Pour The Guilty, le réalisateur s’est inspiré d’un podcast de journalisme d’investigation, Serial, diffusé en épisodes hebdomadaires, à la manière d’un feuilleton radiophonique. Lors de sa première saison, Serial revenait sur l’assassinat d’une jeune fille, Hae Min Lee, dont le petit ami était accusé.

Le réalisateur s’est aussi appuyé d’un appel au 112 d’une femme kidnappée dont il a été témoin. Assise dans une voiture à côté de son ravisseur, elle devait parler en langage codé. Rien qu’en entendant la voix de cette femme, le réalisateur pouvait imaginer la situation.

The Guilty (Den skyldige – 2018)

Réalisateur(s) :  Gustav Möller
Acteurs : Jakob Cedergren, Jakob Ulrik Lohmann, Laura Bro
Durée : 1h28
Distributeur : ARP Sélection
Sortie en salles : 18 juillet 2018

Résumé : Une femme, victime d’un kidnapping, contacte les urgences de la police. La ligne est coupée brutalement. Pour la retrouver, le policier qui a reçu l’appel ne peut compter que sur son intuition, son imagination et son téléphone.

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  • Avis express (et box office) : Auréolé d’un prix du public à Sundance ainsi que d’un prix de la critique au festival de Beaune, The Guilty ne s’avançait donc pas masqué lors de sa sortie dans les salles cet été. D’ailleurs ARP, son distributeur en France, avait senti le coup car il avait su convaincre presque 80 salles françaises de le prendre en première exclu. Résultat des courses, plus de 50 000 spectateurs dès la première semaine alors que nous sommes au cœur du mois de juillet. 15 semaines plus tard et un pic à 222 copies le mercredi 15 août, ce premier film danois réalisé par un suédois aura convaincu la bagatelle de 270 095 français. À titre de comparaison Lukas (57 908 entrées sur 162 copies) ou Fleuve noir (294 124 entrées sur 218 copies), deux films français sortis peu ou prou aux mêmes dates, n’ont pas rencontré le même enthousiasme auprès de ce public friand de polars et/ou de thrillers. C’est que The Guilty c’est un budget d’à peine un peu plus de 500 000 euros avec un acteur totalement inconnu (en tout cas chez nous) alors que Lukas c’est JCVD en tête de gondole avec un budget annoncé aux alentours de 10M de dollars (Sic !) et que pour Fleuve Noir c’est Vincent Cassel tout en haut de l’affiche avec un budget annoncé de 8M d’euros.
    Indépendamment des qualités intrinsèques de chacun (plus que discutables pour Lukas et plutôt convaincantes pour le film d’Erick Zonca), il y a quand même déjà là comme un malaise mais qui va bien au-delà des budgets. Très clairement la création, l’imagination, la volonté de faire du cinéma à l’attention du spectateur et celle d’écrire une histoire qui arrête de le prendre pour un con (on parle bien de Lukas là oui) ne sont pas l’apanage de la nouvelle génération actuelle de cinéastes français qui veulent soit-disant mettre un coup de balai dans la prod ambiante. En fait ils ne font que ramener avec eux un univers de cinéma et sociétal totalement biaisé et surtout mal compris et plus que mal régurgité. Quant à Gustav Möller, lui, il a tout compris.
    Son film se déroule dans un seul décor (trois pièces) et l’histoire se concentre sur un type derrière son téléphone. Un flic de Copenhague rétrogradé qui se retrouve à prendre des appels d’urgence le temps de passer en commission de discipline pour avoir flingué un bad guy mais pas en état de légitime défense. Mais attention les infos que dévoilent ces quelques lignes, on ne les apprend pas lors des cinq premières minutes. Non, tout cela est distillé lors des 85 minutes que durent The Guilty. Et comme tout le reste d’ailleurs. C’est l’une des grandes forces de ce scénario à même de nous prendre par le col sans plus jamais nous relâcher sinon lors du générique final. Tout monte crescendo et surtout tout se tient. Tout est crédible car nous on imagine tout et on ne voit rien. On reste avec notre type scotché au tel et notre esprit se prend à imaginer les traits de la kidnappée, de ses enfants restés à la maison ou du kidnappeur.
    La mise en scène de Möller passe alors par la bande son. La pluie qui tombe avec fracas sur le pare-brise de la voiture, les halètements, les voix, les voitures de flics sirènes hurlantes au loin… Tout est fait pour toujours nous garder dans une bulle de plus en plus anxiogène, implacable et inextricable. Et avec cela le réalisateur n’oublie jamais de caractériser son personnage, de nous expliquer son parcours et incidemment ses motivations à aller au-delà de sa routine pour finir par s’impliquer totalement. Cerise sur le gâteau, la réalisation ne joue jamais au plus malin histoire de masquer une éventuelle répétition des plans. Tout s’imbrique à la perfection faisant de The Guilty certes un excellent thriller mais aussi l’un des meilleurs films d’action vu ces dernières années. Et ce n’est pas la société Bold Films et Jake Gyllenhaal (déjà associés pour l’excellent Night Call) qui en ont acquis les droits pour en réaliser le remake aux États-Unis qui affirmeront le contraire.  SG 4/5
  • La chronique Blu-ray : Si ARP a super bien joué le coup pour la sortie cinéma, l’édition Blu-ray est de son côté un joli ratage. Si côté technique il n’y a pas grand chose à redire (image dans les standards et une VO en DTS-HD MA 5.1 qui rend parfaitement compte du superbe travail effectué sur le mixage), on cherche encore les bonus. En effet à part deux bandes annonces et un teaser, n’essayez pas de trouver ne serait-ce qu’une quelconque allocution du cinéaste pour nous parler de son film, de ses origines et de ses coulisses. Il faudra pour cela cliquer sur le lien du dossier de presse que nous vous mettons à disposition ci-dessous pour pouvoir glaner quelques infos en ce sens. Ne nous remerciez pas. En tout cas, à 19,99 euros le Blu-ray (l’édition DVD est au même prix – Sic !), on est quand même pas loin ici de la petite escroquerie.

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