L'Empereur de Paris - Image une fiche film

Fiche film : L’Empereur de Paris

Après les deux films consacrés à Mesrine et la piteuse comédie Un moment d’égarement (2015), Vincent Cassel retrouve le réalisateur Jean-François Richet pour L’Empereur de Paris. Les deux hommes ont en commun un autre projet de film historique, un biopic en deux parties s’intéressant au Général La Fayette qui pourrait voir le jour si celui-ci rencontre son public dans les salles.

L’Empereur de Paris (2018)

Réalisateur(s) : Jean-François Richet
Acteurs : Vincent Cassel, Freya Mavor, Denis Ménochet, Fabrice Luchini, Patrick Chesnais, Olga Kurylenko
Durée : 1h50
Distributeur : Gaumont Distribution
Sortie en salles : 19 décembre 2018

Résumé : Sous le règne de Napoléon, François Vidocq, le seul homme à s’être échappé des plus grands bagnes du pays, est une légende des bas-fonds parisiens. Laissé pour mort après sa dernière évasion spectaculaire, l’ex-bagnard essaye de se faire oublier sous les traits d’un simple commerçant. Son passé le rattrape pourtant, et, après avoir été accusé d’un meurtre qu’il n’a pas commis, il propose un marché au chef de la sûreté : il rejoint la police pour combattre la pègre, en échange de sa liberté. Malgré des résultats exceptionnels, il provoque l’hostilité de ses confrères policiers et la fureur de la pègre qui a mis sa tête à prix…

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  • Avis express : Il faudrait être un peu décérébré pour toujours cracher dans la soupe du cinéma français quand celui-ci essaye de sortir un tantinet de la prod ambiante (comédie, comédie dramatique, comédie sociétale, comédie nombriliste, comédie romantique, comédie d’action, ne rayer aucune mention inutile). Parce qu’avec L’Empereur de Paris on serait plutôt dans la fresque historique tendance « actionner-movie ».  Quelque chose qui ne court plus trop les bureaux des producteurs actuels parisiens qui cherchent plus que jamais le retour sur investissement rapide et le moins risqué possible. Si ces quelques lignes n’ont pas pour vocation de dresser un état des lieux plus noir qu’il ne l’est de notre belle et absolument pas putassière exception culturelle en ce domaine, on ne pourra tout de même pas s’empêcher de penser que L’Empereur de Paris devrait être la norme et non l’exception. Un positionnement qui biaise de surcroît un peu le jugement car lui donnant plus de qualités qu’il n’en a véritablement aux yeux de beaucoup (trop) de monde.
    Ce n’est en effet pas parce que l’on a droit à une photo descente, à des mouvements généreux et souvent justifiés de caméra, à des constructions scéniques au sein même des plans étudiées et travaillées, à un montage qui n’a pas pour but premier de cacher la misère des intentions de mise en scène (quand intentions il y a) et qu’enfin l’histoire racontée tienne la route, qu’il faut crier au génie et se prosterner. La raréfaction, si elle créée naturellement cette demande en forme de frustration, ne doit pas embellir plus que nécessaire le tableau. Pour autant, L’Empereur de Paris fait montre d’une très belle envie de cinéma populaire (dans le sens noble du terme). Celui qui emmène son spectateur par delà son quotidien avec ce petit quelque chose qui lui donnera envie de le revoir d’ici quelques mois sur son canapé. Mine de rien, le début de la reconnaissance. Et franchement, le dernier Richet en a tous les atours.
    On ne saurait dire si le réal des deux Mesrine a enfin trouvé sa voie mais il est certain qu’ici il a vachement épuré son style. Sa façon de filmer est plus sèche, moins contemplative privilégiant sans cesse le récit et son déroulé. Un virage que l’on avait déjà un peu observé avec Blood Father, film certes raté avec Mel Gibson mais qui avait pour lui une certaine urgence de tournage à la yankee petit budget qui devait certainement changer avec les habitudes prises de petit bourgeois contractées en France. Sur L’Empereur de Paris c’était de toute façon vitale afin de compenser ou d’éviter les écueils du cinéma historique en costumes. Ce qui permet aussi à Richet de se concentrer sur ses personnages sans négliger les seconds couteaux bien aidé par un Cassel qui ne tire pas du tout la couverture à soi. Un équilibre parfois précaire mais qui emmène assez souvent le film en des contrées malheureusement oubliées dans notre cinéma.
    Il paraîtrait même que si le film marche en salles (en gros, au-dessus d’1,5M d’entrées), une suite pourrait être envisagée. On ne demande pas mieux. Ce qui permettrait pourquoi pas à Richet d’affirmer cette envie entrevue ici de tirer définitivement un trait avec un formalisme qui ne va nulle part et surtout pas vers le spectateur qui cinéphile ou non sent toujours la supercherie. C’est en tout cas tout ce qu’on lui souhaite. Le cinéma français avec. SG 3/5
  • Box office : 1 894 entrées à la séance 14h Paris sur 24 copies. Le million et demi de spectateurs devrait être envisageable ce qui positionnerait L’Empereur de Paris en troisième position derrière les deux Mesrine en terme de succès au BO. Edit 6 janvier 2019 : 571 204 entrées sur 464 copies en deux semaines. On est donc obligé de revoir les prévisions à la baisse. Soit aux alentours du million de spectateurs. la 3ème semaine (et dernière des vacances scolaires) devra être décisive si L’Empereur de Paris veut au moins atteindre cette marque.

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