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Fiche film : Border

Border a remporté le prix Un Certain Regard du Festival de Cannes 2018.

Border est adapté d’une nouvelle de John Ajvide Lindqvist, auteur du roman Laisse-moi entrer dont le film de vampires Morse est tiré.

Né en Iran, Ali Abbasi, le réalisateur de Border, a publié plusieurs nouvelles dans son pays avant de s’installer en Suède pour étudier l’architecture. Une fois diplômé, il s’intéresse à la mise en scène et s’inscrit à la National Film School of Denmark. Son premier long-métrage, Shelley, sort en 2016.

Border (Gräns – 2018)

Réalisateur(s) : Ali Abbasi
Acteurs : Eva Melander, Eero Milonoff, Jörgen Thorsson, Viktor Åkerblom
Durée : 1h48
Distributeur : Metropolitan FilmExport
Sortie en salles : 9 janvier 2019

Résumé : Tina, douanière à l’efficacité redoutable, est connue pour son odorat extraordinaire. C’est presque comme si elle pouvait flairer la culpabilité d’un individu. Mais quand Vore, un homme d’apparence suspecte, passe devant elle, ses capacités sont mises à l’épreuve pour la première fois. Tina sait que Vore cache quelque chose, mais n’arrive pas à identifier quoi. Pire encore, elle ressent une étrange attirance pour lui…

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  • Avis express : Avec son prix obtenu à Cannes (Prix Un Certain Regard) et le retour plutôt enthousiaste de certains festivaliers (on lira avec intérêt la chronique de notre Nico ci-dessous), Border nous arrive donc précédé d’une réputation plutôt flatteuse. D’autant que la bande-annonce qui circule depuis un moment laisse entrevoir un film à la frontière de multiples influences. En gros une romance entre deux personnes au physique plutôt atypique au sein d’une société nordique semblable à la nôtre, c’est à dire froide et déshumanisée. Mais sous les oripeaux de ce qui n’est en fait qu’un simple fil rouge, le deuxième film du cinéaste d’origine iranienne Ali Abbasi, se cache une proposition de cinéma protéiforme qui va assez loin dans sa démonstration sans toutefois vraiment convaincre.
    Il y a d’abord donc cette femme-troll, douanière de son état, qui de par son odorat ultra sensible arrive à détecter ceux qui ont quelque chose à se reprocher quand ils lui passent sous le pif (ou presque). Une faculté des plus appréciée par ses collègues, sa hiérarchie et jusqu’à la police du coin qui ne rechigne pas à mettre à contributions ses « capacités olfactives » dans une enquête visant à démanteler un réseau pédophile. Ça c’est pour le côté pile. Et puis, une fois l’uniforme remisé pour ne pas dire tombé, il y a une créature un peu féérique, un peu craspec qui ne fait qu’un(e) avec la nature et qui vit dans une sorte de cabane au fond des bois avec un mec de circonstance. Et forcément va intervenir au sein de cette existence un peu balisée un élément perturbateur en la personne d’un « semblable ».
    De là, le film d’Ali Abbasi sort lui aussi et définitivement des sentiers battus. On ne peut que lui en être redevable car Border ne prend dès lors plus de gants avec son spectateur pour aborder la différence avec la norme, la sexualité revisitée où les frontières sont totalement chamboulées, la conception même du sentiment amoureux… Le tout traité un peu à la manière d’un roman d’heroic fantasy pour adultes où la magie et autres pouvoirs ne servent qu’à prendre conscience de son Moi. Mais pour cela le film part aussi un peu dans tous les sens. La partie policière ne servant finalement que d’alibi à tout le reste donnant du coup une certaine artificialité à l’arc narratif mais aussi à l’évolution des personnages.
    Il y avait certainement là matière à quelque chose de plus coup de poing si le propos avait été plus tenu et la réalisation moins contemplative. Pour autant, il faut saluer Border pour sa prise de risque dans l’univers cinoche si codifié et aseptisé qu’est le nôtre aujourd’hui. Il rappelle un peu dans sa démarche le foisonnement du cinéma des années 70. Où l’on tente, on expérimente sans cesse et sans se poser la question des conséquences. Il y a là une dynamique salutaire qui ne peut doit donner des idées à d’autres cinéastes. Ne pas avoir peur de pousser le bouchon le plus loin possible et se donner les moyens de toujours questionner et remettre en cause nos convictions et nos acquis. SG 3/5
  • Box office : Annoncé sur 80 copies, Border va intéresser une tranche assez pointue des cinéphiles de France et devrait donc naviguer et atteindre le rivage des 50 000 entrées. Au-delà, avec en point de mire les 100 000 spectateurs, constituerait un joli coup d’éclat pour Metropolitan. Le premier de 2019 ? Edit 11/01 : Finalement distribué sur 75 copies, Border réalise 3 839 entrées lors de son 1er jour d’exploitation, ce qui lui autorise le droit de rêver aux 100 000 spectateurs mais aussi de se ramasser en deçà des 50 000 entrées. Tout dépendra du bouche à oreille et de la curiosité des cinéphiles.

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