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Fiche film : The Front Runner

Jason Reitman explique au sujet de cette histoire : « C’était une période où le sol s’est dérobé sous les pieds de tout le monde. Tout a changé très rapidement, et après cela le monde a été différent. En 1987, vous aviez A Current Affair, la première émission d’actualité dédiée aux rumeurs, l’émergence des camions des chaînes d’information à antennes paraboliques, CNN qui équipait ses journalistes de téléphones satellites pour la première fois, la première génération de reporters qui avaient grandi avec Woodward et Bernstein en vedettes, et des femmes d’un nouveau genre qui changeaient les règles du milieu professionnel. Toutes ces choses se produisaient en même temps, et c’est ensemble qu’elles ont contribué à créer une situation que Hart n’est pas parvenu à anticiper. »

The Front Runner (2018)

Réalisateur(s) : Jason Reitman
Acteurs : Hugh Jackman, Vera Farmiga, J.K. Simmons, Alfred Molina
Durée : 1h53
Distributeur : Sony Pictures Releasing France
Sortie en salles : 16 janvier 2019

Résumé : L’histoire vraie de Gary Hart, un jeune sénateur promis au plus bel avenir, idole des votants américains et favori pour l’investiture Démocrate de l’élection présidentielle de 1988. Une ascension fulgurante qui fut brutalement stoppée par la révélation d’une liaison scandaleuse avec Donna Rice. Pour la première fois de l’histoire, le journalisme politique et la presse à scandale se rejoignaient, et ont provoqué la chute d’un homme politique. Ces événements ont profondément et durablement marqué la scène politique américaine et internationale.

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  • Avis express : Il est évident que The Front Runner recouvre une signification profonde dans le Hollywood d’aujourd’hui totalement obsédé par la vague #MeToo. Il faut donc appréhender le dernier film du stakhanoviste Jason Reitman (Tully est sorti chez nous il y a tout juste 7 mois) à l’aune de ce premier constat. Gary Hart, ce sénateur Démocrate du Colorado que beaucoup voyait occuper le Bureau ovale en tant que 41ème président des États-Unis à la place du sinistre George Bush père, a du déclarer forfait à peine la campagne des Primaires entamée pourtant en tant que favori  (d’où le front runner du titre) pour cause d’adultère. Cet homme réputé à femmes que le Washington Post qualifiait de « womanizer » (on vous laisse googler la chose pour mieux comprendre) s’est donc retrouvé sous le feu roulant d’une lapidation en règle stigmatisée par une presse et par un pays dominés et dirigés principalement par des hommes qui pour la plupart ont fait, faisaient ou feront de même.
    Impossible en effet de ne pas y voir comme une petite mise au point façon miroir à peine déformé de ce qui se trame actuellement. Cette volonté de chasse aux sorcières menée sabre au clair par une gente masculine trop occupée ainsi à donner le change pour ne pas sauter tels les fusibles Spacey ou Weinstein. Il va sans dire que le propos de Reitman n’est pas de militer pour le cocufiage et encore moins de biffer Asia Argento (certains l’ont de toute façon fait). Son film est bien plus subtil que cela. C’est que le cinéma de Reitman est de celui qui adore taper un grand coup dans la fourmilière pour ensuite observer / filmer la suite. Pour cela il ne se départit jamais de sa mise en scène soyeuse et suave. Entendre par là des mouvements de caméra jamais inutiles et toujours là pour servir son histoire. Celle-ci n’a d’ailleurs pas toujours été à la hauteur de ses ambitions visuelles, mais il semble que depuis Tully, le cinéaste de l’insupportable Juno a remisé (pour le moment ?) ses artefacts totalement creux et autres questionnements sociétaux incroyablement vains pour un cinéma enfin en prise avec son temps.
    Il est d’ailleurs cocasse de constater cela avec The Front Runner, film qui décrit des faits se déroulant en 1987. Reitman y insuffle au demeurant un réalisme qui ne force jamais le respect. On veut dire que tout semble naturel et comme aller de soi. Il y a là une maîtrise de tous les instants qui ne se déclare pas à la vision immédiate mais bien après tel un boomerang d’une évidence assez improbable et formidable. De plus, The Front Runner n’a pas pour ambition de rivaliser avec la référence en matière de représentation de la politique américaine que demeure sans conteste la série The West Wing ou même avec le legs laissé par un brûlot tel que Les Hommes du président. Tout simplement parce que l’on n’a pas affaire à un film politique ni même historique. The Front Runner tente juste de signifier en creux le malaise grandissant pour ne pas dire la fracture consommée au sein d’une démocratie qui a failli virer un Président pour une turlute pas totalement avalée alors qu’elle en a élu un autre aux frasques extra-conjugales avérées et tarifées. La classe américaine en quelque sorte. SG 3,5/5
  • Box office : Jason Reitman n’est pas un gros pourvoyeur d’entrées au BO français. Tully, son dernier long distribué par Mars Films n’a par exemple même pas atteint les 100 000 entrées (90 743 sur 190 copies pour être précis) alors qu’il y avait tout de même Charlize Theron en tête de gondole. Son plus gros succès restant Juno avec 873 420 entrées. Il est donc évident que Sony France ne s’attend pas à casser la baraque avec ce Front Runner quasi inconnu en France sinon des spécialistes de la politique américaine ou de ceux qui avaient suivi la chose à l’époque. Ceci dit, on peut penser que les marketeux chez Sony ont en tête l’excellent Moi, Tonya. Film sorti en début d’année 2018 au pedigree similaire (ascension et chute d’une quasi icône sportive cette fois mais inconnue du grand public français) et qui a engrangé 148 151 entrées au final. Et puis il y a quand même un certain Hugh Jackman en front cover…

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