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Fiche film : La Favorite

La Favorite revient sur le destin de la reine Anne, dernière (et ignorée) héritière de la lignée des Stuart. La souveraine la moins connue d’Angleterre n’a laissé aucun héritier malgré ses dix-sept grossesses. Unique descendante protestante de la lignée des Stuart, elle accède au trône alors que l’Angleterre traverse une période de mutations. Elle supervise une guerre contre la France, la première guerre considérée comme « moderne », ainsi que l’union de l’Angleterre et de l’Écosse afin de constituer le Royaume-Uni. Sa constitution fragile et son caractère docile lui ont donné l’image d’une personne facilement manipulable, constamment entourée d’individus qui souhaitaient profiter de son pouvoir.

La Favorite (The Favourite – 2018)

Réalisateur(s) : Yórgos Lánthimos
Acteurs : Olivia Colman, Rachel Weisz, Emma Stone
Durée : 2h
Distributeur : Twentieth Century Fox France
Sortie en salles : 6 février 2019

Résumé : Début du XVIIIème siècle. L’Angleterre et la France sont en guerre. Toutefois, à la cour, la mode est aux courses de canards et à la dégustation d’ananas. La reine Anne, à la santé fragile et au caractère instable, occupe le trône tandis que son amie Lady Sarah gouverne le pays à sa place. Lorsqu’une nouvelle servante, Abigail Hill, arrive à la cour, Lady Sarah la prend sous son aile, pensant qu’elle pourrait être une alliée.

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  • Avis express : Pour qui est familier avec l’univers de Yórgos Lánthimos, La Favorite ne leur apprendra pas grand chose de plus qu’il ne sache déjà ou qu’il n’ait pas déjà vu (en mieux) dans tous ses autres films. À commencer par les deux premiers qui l’ont littéralement révélé au public et/ou critiques familiers des festivals. Il y a en effet chez Lánthimos cette ligne de force qui passe par une nouvelle forme de soumission des êtres positionnés devant la caméra mais aussi devant n’importe quel écran. On ne visionne pas un film de ce grec totalement azimuté comme Truffaut l’affirmait. La tête levée à la recherche d’une vérité. Ici, elle est irrémédiablement courbée. Depuis le cinéaste qui nous toise d’en haut jusqu’au spectateur qui a bien du mal à soutenir son regard. Il suffit d’avoir en mémoire Canine que l’affiche française synthétisait d’ailleurs à merveille, pour se convaincre qu’il y avait là comme une passation de pouvoir entre l’ancien et le nouveau cinéma.
    Le seul problème c’est que Yórgos Lánthimos semble avoir depuis sans cesse cherché à transgresser les lois qu’il s’était imposées à lui-même et à ses protagonistes. Pour reprendre l’allégorie Canine, on va dire que le mur de la villa a priori infranchissable où il avait enfermé son histoire et cette famille, prend l’eau de toute part. Si The Lobster et surtout Mise à mort du cerf sacré ont entretenu l’illusion vivifiante que son cinéma pouvait se régénérer au contact du monde extérieur, un peu comme si on tenait là deux suites abouties à la pantalonnade du Village de Shyamalan, Il semblerait qu’avec La Favorite, le modèle ait trouvé ses limites. Non que Lánthimos n’y retrouve pas ses thèmes de prédilection comme l’étude de la nature humaine basée sur la hiérarchie du désir et donc de la soumission (on y revient toujours) via cette lutte que se livre ces deux femmes pour rester ou devenir la favorite d’une Reine d’Angleterre psychologiquement et physiquement diminuée. Non que le cinéaste grecque n’insuffle pas à son film un formalisme à la fois ascétique et épicurien des plus réussi rappelant (au hasard) celui de Kubrick dans Barry Lyndon.
    Non, ce qui pêche en fait c’est cet assagissement général. Comme si Yórgos Lánthimos s’était fait avoir par la beauté de sa photo et la magnificence de ses décors et de ses cadres. On aurait aimé plus de vie et de vice. On aurait apprécié retrouver le réalisateur qui savait enfermer ses personnages pour les faire macérer et leur extraire la substantielle moelle d’une humanité très éloignée de nos codes habituels. Ici la surprise n’est point de mise et si prison dorée il y a, les trajectoires sont entendues et attendues. Reste tout de même un film à la mise en scène qui sait donner le change et tenir en haleine son auditoire. Il faut dire que les trois actrices sont époustouflantes, mention particulière à Emma Stone qui à l’image de l’ado dans Mise à mort du cerf sacré se joue de son personnage et du spectateur avec une délectation plus qu’évidente. Un jeu et des intentions qui rappellent d’ailleurs ceux d’Anne Baxter dans All About Eve de Mankiewicz et qui en font au passage et sans conteste la comédienne hollywoodienne la plus #MeeToo du moment. SG 3/5
  • Box office : Le meilleur score de Yórgos Lánthimos en France c’est avec The Lobster qu’il l’a réalisé. Soit 250 679 entrées sur 126 copies. Il est fort à parier que Fox France espère beaucoup mieux pour La Favorite compte tenu des deux véritables têtes de gondole que sont Emma Stone et Rachel Weisz et de la proximité de la cérémonie des Oscars vers laquelle le film s’avance avec 10 nominations dont celui de meilleur film. Edit jeudi 7 février : Après 24h d’exploitation La Favorite enregistre 20 162 entrées sur 162 copies quand The Lobster réalisait 17 407 entrées sur la même période.

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