L'Homme qui tua Don Quichotte - Image une fiche film

Fiche film : L’Homme qui tua Don Quichotte

La production de L’Homme qui tua Don Quichotte que Terry Gilliam avait en tête depuis 1990 a été synonyme d’imprévus lorsqu’elle a commencé au début des années 2000. Jean Rochefort, qui avait été choisi pour jouer le rôle-titre, a dû abandonner à cause d’une double hernie discale. Le deuxième jour de tournage, une inondation a non seulement détruit le matériel mais a également changé les décors de couleur. De plus, l’endroit que Gilliam avait choisi pour y poser ses caméras au nord de Madrid était en plein couloir aérien… Ce tournage cauchemardesque, qui a tout simplement enterré le projet, a donné lieu au documentaire devenu culte Lost in La Mancha sorti en 2002.

Une fois cette première tentative avortée, Terry Gilliam ne s’est pas découragé et a plusieurs fois cherché à donner vie au projet. Plusieurs versions ont ainsi été chacune abandonnées, avec différents acteurs pressentis pour se glisser dans la peau des deux personnages principaux : Robert Duvall et Ewan McGregor (2008-2010), Robert Duvall et Owen Wilson (2011-2012), John Hurt et Jack O’Connell (2014-2016), Michael Palin et Adam Driver (2016) et finalement Jonathan Pryce et Adam Driver (2017-2018). Le tournage s’est terminé le 4 juin 2017 et rend hommage en carton de fin à John Hurt et Jean Rochefort.

L’Homme qui tua Don Quichotte (The Man Who Killed Don Quixote – 2018)

Réalisateur(s) : Terry Gilliam
Acteurs : Adam Driver, Jonathan Pryce, Stellan Skarsgård, Olga Kurylenko, Joana Ribeiro, Sergi López
Durée : 2h13
Distributeur : Océan Films
Sortie en salles : 19 mai 2018

Résumé : Toby, un jeune réalisateur de pub cynique et désabusé, se retrouve pris au piège des folles illusions d’un vieux cordonnier espagnol convaincu d’être Don Quichotte. Embarqué dans une folle aventure de plus en plus surréaliste, Toby se retrouve confronté aux conséquences tragiques d’un film qu’il a réalisé au temps de sa jeunesse idéaliste : ce film d’étudiant adapté de Cervantès a changé pour toujours les rêves et les espoirs de tout un petit village espagnol. Toby saura-t-il se racheter et retrouver un peu d’humanité ? Don Quichotte survivra-t-il à sa folie ? Ou l’amour triomphera-t-il de tout ?

Articles / Liens :

  • Avis express : Il aura donc fallu à peu près 20 ans pour que Terry Gilliam accouche de son film sur Don Quichotte après de multiples tentatives dont la toute première des plus rocambolesques est relatée dans le fameux doc / making-of Lost in La Mancha. Deux décennies pendant lesquelles le géniteur du génial Brazil aura essayé d’exister via quelques passes d’armes qui se sont vite avérées n’être que des pétards mouillés, et en tout cas à des centaines d’années lumière de ce que l’homme nous proposait pas plus loin que la décennie précédente. Il fallait en effet se pincer très fort pour admettre que l’auteur de L’Armée des 12 singes était celui qui commettait TidelandLes Frères Grimm ou encore L’Imaginarium du Docteur Parnassus. On se disait que Gilliam ne s’était jamais vraiment remis de cet échec devenu avec le temps flamboyant. À tel point d’ailleurs que tout comme lui on s’accrochait à l’idée obsessionnelle que ce n’était pas fini. Que le film allait se faire coûte que coûte afin de pouvoir enfin passer à autre chose.
    Le problème c’est que si L’Homme qui tua Don Quichotte est dorénavant une réalité, on n’est pas certain que pour Gilliam cela sonne comme la fin du cauchemar éveillé. Il suffit de rappeler le chaos que fut le passage du film lors du dernier festival de Cannes. Depuis l’AVC dont il fut victime l’obligeant à renoncer à se rendre sur la croisette jusqu’aux déboires juridiques initiés par un prétendu ayant droit français depuis débouté (Paolo Branco pour ne pas le citer) qui s’opposait à sa diffusion pure et simple dans les salles françaises ainsi qu’en clôture du festival. Mais surtout parce que le film est loin d’être bon. Chez un autre, on lui trouverait des qualités indubitables. Une certaine richesse visuelle, une volonté de raconter une histoire certes pas démente mais qui tient la route et une direction d’acteurs plutôt convaincante. Mais voilà, le film est signé Terry Gilliam.
    Et nous, on veut bien admettre que les temps ont changé depuis Le Baron de Münchhausen et que presque tout se doit de passer à l’essoreuse de la bienséance formelle pour arriver sur un écran en 2018. Mais on ne se refait pas et on espère toujours que ce pirate de Gilliam nous refera a minima le coup de Time Bandits où l’apparent bordel à l’écran se permet sans cesse de réinventer ici des codes visuels ou là des arcs narratifs établis pour un foutoir non-sensique jubilatoire. Avec L’Homme qui tua Don Quichotte on cherche désespérément ne serait-ce que le début d’un départ de mèche. Le cadre est pourtant bien là, l’Espagne de Cervantes, et l’histoire à double tiroir temporel est rapidement et efficacement exposé. Mais la mayonnaise ne prend jamais. Comme si Gilliam n’y croyait finalement plus vraiment, filmant tout cela tel un cycliste moyen en milieu de peloton qui n’espère que terminer l’étape à l’abri des vents contraires.
    Reste quelques fulgurances surtout incarnées par le fidèle Jonathan Pryce qui tient à bout de bras son personnage de Don Quichotte malheureusement trop sagement écrit pour espérer mieux. Le pire dans tout cela c’est que le futur du cinéma de Gilliam ne s’annonce pas rose. On aimerait sincèrement penser le contraire, mais rien que la santé immédiate du Monsieur n’inspire rien d’autre que de chérir avec force les diamants bruts et noirs que sont ad vitam æternam un Brazil ou un 12 Monkeys. Si cela pouvait permettre d’exorciser un enterrement mis en scène certes à son insu par Thierry Frémaux, nous on veut bien le faire tous les jours jusqu’à la fin de notre propre et insignifiante vie. SG 2,5/5
  • Box office : 131 437 entrées sur 258 copies. Autant dire un four.
  • La chronique Blu-ray : L’Homme qui tua Don Quichotte devait sortir en DVD et en Blu-ray chez M6 Vidéo en septembre 2018. Sans que l’on sache vraiment bien pourquoi cela a été annulé. Pour éventuellement voir ou le revoir en VF ou/et en VOSTF via ces deux formats, il faut pour l’instant passer par la case Belgique où il est dispo depuis le 6 février 2019.

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