Nice Girls Don’t Stay for Breakfast - Image une fiche film

Fiche film : Nice Girls Don’t Stay for Breakfast

À travers Nice Girls Don’t Stay for Breakfast, Bruce Weber cherche à montrer comment Robert Mitchum, que l’on avait tendance à cataloguer comme un dur à cuire abonné aux westerns et aux films de guerre, a passé sa vie à se chercher.

Nice Girls Don’t Stay for Breakfast (2018)

Réalisateur(s) : Bruce Weber
Acteurs : Robert Mitchum, Dr. John, Benicio Del Toro, Clint Eastwood, Johnny Depp
Durée : 1h37
Distributeur : La Rabbia
Sortie en salles : 27 février 2019

Résumé : « Bob Mitchum est arrivé au Beverly Hills Hotel le 21 février 1991, pile à l’heure, accompagné de son frère, John, et s’est mis à chanter l’une de ses chansons préférées de Cole Porter, But In the Morning, NoIl a commencé à nous raconter des histoires de tournages, de bagarres dans les bars, de femmes. Il a parlé de son tournage favori et nous a fait part de son aversion pour les restaurants ne servant que du vin. L’histoire du cinéma à Hollywood du début des années 40 à 1997 se déroulait sous nos yeux à mesure qu’il racontait ses frasques les plus folles. » – Bruce Weber

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  • Avis express : Forcément, tout le monde connaît Mitchum. Robert pour les intimes. Même celui ou celle qui se contrefout du 7e Art l’a au moins vu au détour d’une scène lors d’un zapping en famille ou en solitaire par temps de pluie un dimanche après-midi. Et là forcément, difficile d’aller voir ailleurs tant le bonhomme dégage du haut de son mètre quatre vingt-cinq un truc qui hypnotise recta. On peut appeler cela le charisme, la prestance, le talent naturel… Mais on peut aussi y voir une forme de pudeur associée à une nonchalance d’un autre temps proche du « King of cool » attribuée depuis toujours à Steeve McQueen.
    Et bien justement Nice Girls Don’t Stay for Breakfast se propose de ne rien montrer de tout cela. Bruce Weber, son réal connu des cinéphiles pour avoir pondu en 1988 Let’s Get Lost, un remarquable doc sur le trompettiste de jazz Chet Baker, est d’abord un photographe devenu iconique dans le milieu de la mode. Et d’ailleurs le visuel adopté ici pète littéralement à la figure avec un N&B au grain caractéristique d’une captation en 16mm gonflée par la suite. Oui parce qu’il faut préciser que la plupart des rencontres et interviews que Weber proposent ont été a filmées il y a plus de 20 ans. Inédites jusqu’ici, elles participent non pas à clarifier la personnalité de l’homme mais plutôt à en souligner ses contradictions et quelque part ses failles.
    Pour autant, la caméra de Weber n’est pas voyeuriste. Elle n’est pas là pour scruter l’âme afin d’établir une logique de vie. On a même plutôt l’impression qu’elle ne se pose là que pour capter quelques instants d’une existence déjà foutrement bien remplie et qui n’a au demeurant plus rien à prouver. Si tant est qu’elle ait eu à prouver quelque chose. Robert Mitchum est là. Il est entouré de belles plantes qui lui font les yeux doux tout en essayant de lui faire dire des trucs inoubliables. Et lui rabroue ce petit monde par quelques saillies sibyllines à mille lieues des harangues bien huilées que pouvaient débiter son personnage de faux pasteur devenu iconique dans La Nuit du chasseur.
    C’est que Nice Girls Don’t Stay for Breakfast n’est pas un doc au sens classique du terme. L’idée n’est pas de dresser le portrait d’un monstre sacré d’Hollywood sans Oscars avec les repères temporels qui vont bien façon hagiographie. Si Bruce Weber donne en effet quelques clés, elles sont bien trop diluées ou absconses pour être d’une quelconque aide. Par contre, nulle doute que se tient en face de nous un être aux milles facettes que le film affleure à bon escient. Conscient qu’il est au final inutile d’aller chercher plus loin un mystère destiné à le demeurer. Forme et fond finissent par donner lieu à un instantané. Celui d’un destin à la fois ordinaire et hors norme. Celui d’un homme qui aujourd’hui n’aurait plus sa place au sein d’une société qui rejette dorénavant tout ce qui fait sens et qui lui donne du sens. SG 3,5/5
  • Box office : 1 715 entrées sur 2 copies exclusivement parisiennes (pour l’instant) après une semaine d’exploitation. Soit une moyenne de 858 spectateurs par copie. Une très belle perf qui augure d’une exploitation au long cours plus que méritée.

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