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Fiche film : Nevada

Nevada est réalisé par Laure De Clermont-Tonnerre, à la base comédienne, qui signe ici son premier long métrage après deux courts métrages et plusieurs épisodes de la série The Act.

Parmi les rencontres déterminantes pour mener à bien Nevada, il y a eu celle avec Robert Redford lors d’ateliers scénario à Sundance. Son intérêt jamais démenti débouchera sur la présence de son nom au générique en tant que producteur exécutif.

Avec Nevada, Matthias Schoenaerts prête une fois de plus sa carrure à un homme massif au passé difficile, dont la rage peut exploser à tout instant, comme c’était le cas dans BullheadDe rouille et d’os ou encore Maryland pour ne citer qu’eux.

Nevada (The Mustang – 2019)

Réalisateur(s) : Laure De Clermont-Tonnerre
Acteurs : Matthias Schoenaerts, Jason Mitchell, Bruce Dern, Gideon Adlon, Connie Britton
Durée : 1h36
Distributeur : Ad Vitam
Sortie en salles : 19 juin 2019

Résumé : Incarcéré dans une prison du Nevada, Roman n’a plus de contact avec l’extérieur ni avec sa fille… Pour tenter de le sortir de son mutisme et de sa violence, on lui propose d’intégrer un programme de réhabilitation sociale grâce au dressage de chevaux sauvages. Aux côtés de ces mustangs aussi imprévisibles que lui, Roman va peu à peu réapprendre à se contrôler et surmonter son passé.

Articles / Liens :

  • Avis express : On peut aisément comprendre que Robert Redford, l’amoureux des chevaux et l’acteur sensible à la thématique de l’univers carcéral avec en point d’orgue le génial Brubaker (1980) de Stuart Rosenberg, ait été attiré par le scripte de Laure De Clermont-Tonnerre. On y trouve en effet les deux éléments intimement liés avec pour frontière poreuse un Matthias Schoenaerts plus impavide, monolithe et inquiétant que jamais. Avec sa mise en scène très rigide et verticale dans la prison et beaucoup plus libre et horizontale à l’extérieur, l’actrice donne ainsi à son premier long derrière la caméra un souffle qui fait toujours sens. Cette forme de rédemption par les chevaux via un programme mis en place dans quelques prisons du Nevada est ainsi magnifiquement documenté et subtilement adoubé.
    Les quelques mètres carrés d’une cellule qu’il faut partager avec d’autres prisonniers répondent ainsi sans cesse aux grands espaces où des Mustangs sont domptés afin de servir ensuite à la police des frontières ou à des cowboys de la région. À cette dichotomie par l’image, la dorénavant cinéaste insuffle à son personnage principal une forme de schizophrénie qu’il faut aussi sans cesse dompter. Si l’histoire est de fait simple car très linéaire, Laure De Clermont-Tonnerre a su la densifier par l’épure des dialogues et des situations qui renvoient au détour de chaque plan à la conscience aiguë de l’espace (en scope il va sans dire) filmé.
    Ce qui frappe enfin pour un premier film c’est la maîtrise et l’intelligence du regard posé sur cette société à la marge qu’elle a su là aussi apprivoiser. Quant à notre regard de spectateur, il se laisse bien volontiers porter à l’instar d’un Matthias Schoenaerts qui à l’évidence n’a pas eu plus que cela à forcer son immense talent pour se fondre dans le décor. Une telle maîtrise dès son premier film ne peut que laisser augurer du meilleur pour la suite et Robert Redford de ne certainement pas regretter son implication financière. SG 3,5/5
  • Box office : 123 765 entrées en quasiment trois semaines sur 135 puis 151 copies. La performance est honnête et devrait amener Nevada un peu au-delà des 150 000 spectateurs.
  • La chronique Blu-ray / Blu-ray 4K : Nevada n’est pour l’instant prévu qu’en DVD chez Ad Vitam le 15 octobre 2019. Un Blu-ray ne serait pas de trop tant le travail effectué sur la photo et la bande son mériteraient le meilleur des écrins vidéo possibles hors Blu-ray 4K UHD.

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